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L’hydrogène pour stocker l’énergie solaire à Mafate

1 sep 2017 | PAR La rédaction | N°322
Le cirque de Mafate, qui n’est accessible qu’à pied ou par hélicoptère, est aujourd’hui au cœur de l’innovation dans le stockage d’énergie solaire. DR
Situé dans le cirque de Mafate, le « cœur habité » du parc national de La Réunion, le hameau de la Nouvelle n’est pas accessible par la route. Et il connaît des besoins croissants en électricité. D’où cette solution innovante…

À Mafate, il y a une vingtaine d’années, des panneaux photovoltaïques ont été installés pour fournir de l’électricité aux habitants des ilets, ces petits plateaux isolés par des ravines. Aujourd’hui, le matériel a vieilli et des groupes électrogènes ont refait leur apparition pour pallier les défaillances des installations et subvenir à des besoins croissants. La demande en énergie des familles et des randonneurs de passage est en effet de plus en plus importante. Résultat, selon les calculs d’un habitant, les 13 gîtes du cirque affichent une consommation de l’ordre de 50 000 litres de fioul par an.

UN DISPOSITIF SOLAIRE COMPLET

Installés sur le toit de l’école, les panneaux photovoltaïques captent l’énergie solaire pour produire de l’électricité. Associés à un système de stockage, l’énergie est soit stockée à court terme dans une batterie Lithium-Ion, soit convertie par électrolyse en hydrogène pour un stockage longue durée. En cas d’absence durable de soleil, une pile à combustible transforme l’hydrogène en électricité et l’injecte sur le micro-réseau qui, en plus de l’école, alimente le dispensaire et la maison de l’ONF. « Si l’expérience s’avère concluante, il deviendra envisageable de dupliquer cette solution qui permet d’éviter l’usage des groupes électrogènes et de l’essence », s’est réjoui Jean-Bernard Lévy, le Pdg d’EDF, en lançant le projet le 2 février 2016.
 

LE STOCKAGE, ENJEU CLÉ

Le développement des énergies renouvelables intermittentes passe nécessairement par le renforcement des capacités de stockage afin de lisser le décalage entre les pics de production (plutôt en journée) et les pics de consommation (plutôt en soirée). Dans cette quête du meilleur stockage, la conversion à l’hydrogène est une piste prometteuse. La solution retenue est le système SAGES (Smart Autonomous Green Energy System), développé par Powidian, une start-up d’essaimage d’Airbus, l’une des PME lauréates des Trophées des Solutions Climat de la COP21 en décembre 2015. Grâce à une batterie de 1 MW, La Réunion possède aujourd’hui un réseau électrique capable d’accepter à tout moment la quasi-totalité de la production d’électricité d’origine éolienne et solaire. L’île qui, grâce à l’hydraulique, le photovoltaïque et la biomasse, dispose déjà de plus d’un tiers d’électricité verte, table sur 50% de renouvelables dans la production électrique dès 2020 et ambitionne l’autonomie électrique pour 2030. Cette percée a été rendue possible grâce aux performances de la batterie EDF de Saint-André, utilisant la technologie sodium-soufre (NaS). Dotée d’une puissance d’un mégawatt (MW), elle s’affiche comme l’un des plus gros stockages d’énergie existant en Europe. Elle devrait toutefois être bientôt supplantée par un nouveau parc de batteries à forte capacité (5 MW au total) afin de viser le palier de 35% inscrit pour 2018 dans le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie de La Réunion.

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