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Réunion

L’IAE toujours en pointe après plus de cinquante ans d’existence

21 fév 2016 | PAR La rédaction
L’IAE profite d’un magnifique bâtiment historique qui a abrité dans le passé une maternité et se situe dans la plus belle rue de Saint-Denis, l’avenue de la Victoire (même s’il a exigé pas mal de travaux pour s’adapter à ses nouvelles fonctions et être aux normes). Guillaume Foulon
« Institut d’administration des entreprises » : la signification originale de l’acronyme IAE a été oubliée et l’on parle désormais de « l’école universitaire de management ». Ce qui est plus séduisant et correspond mieux à ce qu’est devenue cette vénérable institution qui, à La Réunion, à fêté ses 50 ans en 2013.


S’il existe aujourd’hui 32 IAE en France, celui de La Réunion est le seul de l’Outre-mer, une chance, d’autant plus qu’il a été créé de bonne heure, en 1963, alors qu’il n’en existait que 16 à ce moment-là, les premiers ayant vu le jour en 1955. Une chance aussi pour ses étudiants de profiter d’un magnifique bâtiment historique qui a abrité dans le passé une maternité et se situe dans la plus belle rue de Saint-Denis, l’avenue de la Victoire (même s’il a exigé pas mal de travaux pour s’adapter à ses nouvelles fonctions et être aux normes). 
Les IAE ont vu le jour parce que, dans les années 50, en France, il n’existait pas de filière de gestion au sein de l’université. Aux États-Unis, en revanche, l’essor économique était alimenté par des fournées d’ingénieurs et de gestionnaires issus des meilleures Business Schools rattachées aux universités. En pleine reconstruction, la France manquait cruellement de cadres alors que s’amorçaient les Trente Glorieuses. En 1955, Gaston Berger, directeur de l’enseignement supérieur au ministère de l’Éducation nationale, crée donc les Instituts d’administration des entreprises (IAE). Il souhaite alors renouveler l’enseignement supérieur et projeter une université ouverte sur l’entreprise en s’inspirant du modèle américain. Les premiers IAE ont d’abord été les instituts d’un seul diplôme, le CAAE (Certificat d’aptitude à l’administration des entreprises – devenu Master MAE), avec un positionnement pionnier sur la « double compétence ». Ce diplôme avait pour but de donner une compétence en gestion aux ingénieurs et étudiants diplômés des facultés de Droit, de Lettres et de Sciences, principalement. Diplôme-phare des IAE, conçu de façon à pouvoir être suivi en un an en cours du soir, c’est un mini-MBA à la française : l’enseignement repose sur la méthode des cas, approche innovante à l’époque.

UNE HISTOIRE BÂTIE SUR LA DIVERSIFICATION POUR RÉPONDRE AUX NOUVEAUX BESOINS


Les IAE ont « grandi » dans les années 70 avec, d’une part, la reconnaissance progressive des sciences de gestion au sein des universités (diplômes d’État, concours d’agrégation, DEA et programme doctoraux, accueil de la gestion au CNRS) et, d’autre part, le développement novateur dans l’univers universitaire de partenariats avec le tissu économique et le monde des affaires (professionnalisation des diplômes, formation continue, conseils aux entreprises). La création de diplômes de référence en management se fera au cours de cette période avec la MSG (Maîtrise de sciences de gestion), la MSTCF (Maîtrise des sciences techniques comptables et financières) et les DESS.
En 2005, la réforme LMD change la donne et le paysage de l’enseignement supérieur. Dans ce nouveau schéma, les IAE sont très bien placés pour drainer les meilleurs candidats et devenir des filières d’élite car la transformation des MSG et des DESS en Masters n’a fait que renforcer la ressemblance déjà grande avec les écoles privées ou consulaires.

DES TAUX DE RÉUSSITE ET D’INSERTION IMPRESSIONNANTS


Aujourd’hui, si les 32 IAE s’inscrivent chacun dans leur propre contexte régional, où la dernière réforme de la formation professionnelle impose le principe de l’adaptation aux besoins du territoire, ils partagent un ADN commun en offrant les avantages de l’école et de l’université. « Nos 20 enseignants sont pour la plupart des chercheurs et nous sommes à l’écoute du monde de l’entreprise, explique Pascal Picard, directeur de l’IAE de La Réunion. Notre taux de réussite atteint 95% et, pour nos Masters, le taux d’insertion professionnelle à moins d’un an dépasse les 90% (95% en comptabilité). » 
Au fil du temps, l’offre s’est considérablement élargie avec pas moins de 23 filières en formation initiale ou continue. Si l’IAE forme toujours de futurs experts-comptables, il propose par exemple un Master en marketing avec deux options possibles : Digital ou Services. Dans ce cadre, l’école travaille avec l’Association marketing Réunion qui réunit des professionnels. De même, elle a noué un partenariat avec l’Association des agences conseils en communication (AACC) qui a donné le jour à un concept d’« académie créative » et permet aux étudiants de l’IAE d’effectuer des stages en agence de publicité. À ceux qui pensaient que l’université était encore coupée du monde de l’entreprise et que ses enseignants était victimes du syndrome de la « tour d’ivoire », l’IAE inflige un sanglant démenti. L’école dispose d’ailleurs d’une certaine autonomie de gestion et doit s’autofinancer à 40% par la taxe d’apprentissage, la formation continue et des conventions spécifiques. Pour sa formation initiale en management dans le tourisme, elle a initié un partenariat avec l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) qui permet à des professionnels d’y intervenir.  Cette formation a été déclinée en formation continue. L’IAE s’est beaucoup impliqué dans ce secteur du tourisme, qui présente de gros besoins à La Réunion, et propose pas moins de trois licences dispensées selon le principe de l’alternance : métiers du tourisme et des loisirs, restauration et hôtellerie, métiers des arts culinaires et des arts de la table de l’océan Indien. La formule de l’alternance a été aussi retenue pour le Master 1 et 2 en Organisation et gestion des établissements de l’hôtellerie et de la restauration (OGEHR).

 

Neuf salariés du groupe Excellence, qui exploite l’enseigne Leclerc à La Réunion, et HCE qui évolue dans l’environnement (collecte et traitement des déchets), ont pu passer en cours du soir une licence en Management et gestion des organisations (MGO). Et ce sont les enseignants de l’IAE qui se sont rendus sur les sites des entreprises.Guillaume Foulon
Neuf salariés du groupe Excellence, qui exploite l’enseigne Leclerc à La Réunion, et HCE qui évolue dans l’environnement (collecte et traitement des déchets), ont pu passer en cours du soir une licence en Management et gestion des organisations (MGO). Et ce sont les enseignants de l’IAE qui se sont rendus sur les sites des entreprises. ​Guillaume Foulon
 

INNOVATION ET PARTENARIAT SONT LES MAÎTRES-MOTS

 
L’innovation est de mise en étant à l’écoute de l’évolution de la société réunionnaise et de ses besoins en ressources humaines. Une licence en cours du soir et du samedi matin est ainsi proposée en gestion des organisations de l’économie sociale et solidaire, issue d’un partenariat avec l’Institut régional du travail social (IRTS). Une formation de 600 heures sur 18 mois. Dans le cadre de ce partenariat et avec le concours de l’IAE Paris, un Master management des associations a été également mise en place. La deuxième promotion, qui regroupe 25 élèves, aura fini en juin 2016 et une deuxième va être lancée pour répondre à la demande. Ses élèves sont principalement constitués de dirigeants d’association et cette formation locale leur évite de devoir aller en France métropolitaine. C’est la force de l’IAE de s’insérer dans son environnement territorial et d’être à l’écoute de ses besoins. L’école s’est diversifié également dans le management du secteur de la santé avec une première promotion en Master 2 en septembre 2015, en partenariat avec l’Institut régional de management en santé de l’océan Indien (IRMSOI) qui est une émanation de l’Agence régionale de la santé (ARS), la Région Réunion, le Centre hospitalier universitaire (CHU) et les fédérations hospitalières du public et du privé. Un partenariat qui a permis d’initier des formations à différents niveaux qui s’adressent notamment à des cadres de la santé sélectionnés par concours et qui peuvent aller jusqu’au Master. Une grande première à La Réunion. Un Master 2 en Pilotage des organisations de santé (POS) est d’ailleurs lancé en février 2016.
Autre domaine dans lequel l’IAE s’est impliqué, celui des ressources humaines avec un diplôme universitaire (DU) en gestion des ressources humaines, mais aussi un Master 1 et 2, monté en partenariat avec l’Association des DRH. Il faut aussi citer un Master 1 et 2 en création et développement d’entreprise qui a été lancé en septembre 2015 avec une quinzaine d’élèves. Un diplôme universitaire (DU) suivra en mars 2016 avec deux grandes orientations : développement de la personne et entrepreneuriat. Une formation qui fait appel à la méthode CYNOP mise au point par un enseignant de HEC Montréal. 
Dans la plupart des secteurs, les formations initiales sont déclinées en alternance et en formation continue, comme la licence en Management et gestion des organisations (MGO) dont viennent de profiter plusieurs salariés du groupe Excellence, qui exploite l’enseigne Leclerc à La Réunion, et HCE qui évolue dans l’environnement (collecte et traitement des déchets). Cette formation a été donnée à 9 personnes en cours du soir, sur une période de 18 mois. Et ce sont les enseignants qui se sont déplacés sur les sites des entreprises. Une confirmation de l’adaptabilité et de la souplesse de cette école qui n’a pas pris une ride en cinquante ans d’existence, sachant au contraire se mettre à la page. 

 

UNE CONVENTION AVEC LES EXPERTS-COMPTABLES ET COMMISSAIRES AU COMPTES
Pascal Picard, directeur de l'IAE et Marcelino Burel, président du Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables (CROEC)- GF.
Pascal Picard, directeur de l'IAE et Marcelino Burel, président du Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables (CROEC)- GF.
L’IAE a signé le 11 décembre dernier une nouvelle convention avec le Conseil régional de l’Ordre des experts-comptables (CROEC) et la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC). Il s’agit de :
- Promouvoir la profession comptable et augmenter son attractivité auprès des jeunes ;
- Développer et diffuser des études et travaux de recherche réalisés en commun par des universitaires et des experts-comptables : 
- Mieux accompagner les étudiants dans leur professionnalisation en développant un réseau destiné à leur placement en stage ; 
- Faciliter l’insertion des jeunes diplômés en travaillant pour que les formations de l’IAE soient davantage en adéquation avec les besoins du secteur de la comptabilité et de l’audit.
La convention permettra aux futurs diplômés de l’expertise-comptable et du commissariat aux comptes d’accéder à un fonds documentaire unique en France : Bibliotique. Grâce à un accès dématérialisé, les étudiants de l’IAE pourront ainsi consulter une base de données comprenant 96 000 références de documents dont 74 000 ouvrages, 7 500 mémoires d’expertise-comptable, 17 900 publications officielles et 62 500 articles. Sans oublier des ouvrages du CSOEC publiés par l’association Experts Comptables Services et de la CNCC (Compagnie nationale des commissaires aux comptes) publiés par la société CNCC Services. 
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