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Réunion

L’importation de denrées alimentaires sous haute surveillance

1 sep 2019 | PAR Ignace de Witte | N°343
Si une partie importante du travail des douaniers se passe derrière l’ordinateur, il y a toujours un moment où il faut « dépoter » le conteneur et vérifier si les soupçons sont fondés.
Si une partie importante du travail des douaniers se passe derrière l’ordinateur, il y a toujours un moment où il faut « dépoter » le conteneur et vérifier si les soupçons sont fondés.  Photo : Ignace de Witte







Au cours du premier semestre, les services de l’état ont procédé au retrait de plusieurs tonnes de denrées suspectes, notamment lors d’une vaste opération qui s’est déroulée le 1er avril 2019. L’enquête a démarré en 2018 et, en février 2019, un importateur a été identifié et discrètement mis sous surveillance. Fin mars, quatre conteneurs suspects en provenance de Madagascar ont été repérés par la Douane. Du 27 mars au 1er avril, les douaniers et six enquêteurs du pôle concurrence, consommation et répression des fraudes de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Dieccte) ont procédé à l’ouverture et au dépotage des conteneurs pour une fouille minutieuse. Le contrôle a abouti à la saisie de 156 kg de vanille en gousse « laissant écouler un liquide marron », 825 kg de riz « avec la présence de charançons le rendant impropre à la consommation », 285 litres de miel « dont les premières constatations font douter de la conformité », 73 kg de curcuma, qui ont fait l’objet de prélèvements « en vue d’analyses pour la recherchede colorants interdits, de corps étrangers et de mycotoxines », sans oublier 5,5 tonnes d’arachides non déclarées « potentiellement toxiques et cancérigènes du fait de la fréquente présence d’aflatoxine, champignon proliférant en atmosphère chaude et humide ». Le Parquet de Saint-Denis a été saisi et l’importateur responsable de la marchandise risque jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende.
D’autres saisies effectuées au cours du premier semestre concernent d’autres pays. Cent quinze tonnes de blé importé d’Inde, et présenté comme étant bio, ont été déclassées suite à la détection de pesticides, de même que sept tonnes de graines de cardamome (trois pesticides détectés à des teneurs supérieures aux seuils réglementaires). Cinq cents kg de poivrons et 500 kg de concombres en provenance d’Égypte ont été détruits pour cause de dépassement, là encore, des seuils réglementaires concernant les pesticides. Par ailleurs, des fruits et légumes annoncés bio, originaires de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud (premier fournisseur de La Réunion), ont été déclassés et font l’objet d’enquêtes.
 

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