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Luc Billard innove avec des sous marins de loisir

27 fév 2018 | PAR Jacques Rombi
Ce marin français ne savait pas qu'il allait fonder un des seuls centres de sous marins privés au monde quand il débarque à l'Ile Maurice en 1995 : "je suis un navigateur mais c'est à la voile que j'ai fait le tour du monde, dont la course qui se nomme la Volvo Ocean Race aujourd'hui".

Aux côtés de son ami Patrick Therond, Luc a l'ambition de lancer les premières croisières en catamarans autour de l'île. Un marché pourtant déjà protégé qu'il devra oublier rapidement. Il se rapproche alors de Jean Michel Onofri, un jeune ingénieur qui construit alors un premier sous marin de 5 personnes sur les chantiers de La Ciotat : "le business model me semblait idéal à Maurice qui cimulait toutes les conditions pour exploiter ce type d'activité innovante : une côte nord ouest abritée de la houle toute l'année, un accueil favorable des autorités et un vivier croissant de touristes au pouvoir d'achat conséquent (aujourd'hui une heure de sous marin coûte environ 120 euros par personne NDLR)".
 
" Les banques étaient moins frileuses qu'aujourd'hui...""

Il reçoit son premier sous-marin en 1997 et les affaires démarrent bien, sauf qu'un incendie à bord du bateau support de l'époque emporte une partie de l'investissement estimé à plus de trois millions et demi de francs (environ 530 000 €). Un baptême du feu  qui ne décourage pas le jeune entrepreneur : "j'organise une augmentation de capital qui, cumulée à un prêt bancaire, me permet de redémarrer. J'en profite pour souligner au passage combien les banques étaient moins frileuses qu'aujourd'hui..."
En tous cas, le lancement bis est couronné de succès pour Blue Safari Submarine qui fidélise les plus gros réceptifs de l'époque comme Mauritours, White sand ou Concorde. Un second sous marin de 10 places est acquis en 2000 en Finlande, puis un troisième en 2006. Ce dernier dort encore sur les quais de Port Louis pour cause de crise financière : "nous avons commencé à l'équiper quand la crise de 2008 a frappé la destination et notre chiffre a baissé alors de 30%. Pour le moment, il est en stand by car il nous faut injecter 20 millions de roupies pour le terminer (environ 500 000 euros)." dixit l'entrepreneur de l'océan qui apparemment ne se décourage jamais, et pour cause : "depuis quatre ans notre chiffre d'affaires a recommencé à progresser avec une croissance à deux chiffres, aussi je réfléchis à une stratégie pour que mon équipe soit de plus en plus autonome et responsable de la gestion de l'entreprise..."
En fait Luc Billard nourrit également d'autres projets comme ces subscooters qu'il a inventés et développés aux côtés de Jean Michel Onofri en 2005 : "nous en avons construit douze et en exploitons cinq, les autres ont été vendus à l'export."
Ces scooters reposent sur le principe d'Archimède, c'est à dire qu'une bulle d'air isolée dans un scaphandre permet au pilote et son passager de respirer naturellement sans aucun appareillage. Ces subscooters sont utilisables à 3 mètres de profondeur, soit pour à peu près tout le monde.

*Il n'ya que 13 bases de sous marins privées dans le monde dont 6 pour la seule enseigne canadienne Atlantis.

 
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