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Europe

L’Union européenne se soigne chez « Big Pharma »

1 aoû 2020 | PAR Alain Foulon | N°351

La Commission européenne vient de céder aux charmes du laboratoire américain Gilead Sciences, coté à la Bourse et qui depuis des mois veut nous convaincre que son remdesivir est la bonne molécule contre la covid-19. Toute fière, la Commission annonce dans un communiqué qu’elle a signé le 28 juillet un contrat avec ce « big labo » (20 millliards d’euros de CA et 4,8 milliards de résultat net en 2019). Il s’agit de garantir l’accès à des doses de traitement du Veklury, le nom commercial du remdesivir, destiné, au sein de l’Union européenne et en Grande-Bretagne, à des patients hospitalisés pour covid-19 et nécessitant de l’oxygène. 
L’Union européenne avait déjà accordé, le 3 juillet, une autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle du Veklury. Cette fois, sa commission met la main à la poche avec ce contrat de 63 millions d’euros financé par son « instrument d’aide d’urgence ».

Ça marge fort du côté des labos 

De quoi traiter quelque 30 000 patients « présentant de graves symptômes de covid-19 », ce qui fait 2 100 euros par traitement. Apparemment, Gilead aurait accordé une remise aux Européens en fixant le prix de la dose à 390 dollars (331 euros) contre 520 dollars (463 euros) aux États-Unis. Un montant indiqué dans un article du Wall Street Journal du 29 juin qui précise aussi que le coût de revient de la dose pour Gilead est de 10 dollars (8,5 euros). Ça marge fort, dans le secteur ! Mais il faut comprendre que la découverte et la mise au point d’un médicament coûtent des centaines de millions d’euros et peuvent atteindre le milliard. Le retour sur investissement n’est pas si simple, mais une fois qu’il est atteint, on passe au jackpot. Concernant le remdesivir, le site www.vidal.fr (une référence chez les professionnels de santé) nous apprend qu’il a été identifié en 2015 pour lutter contre le virus Ebola. Mais son efficacité s’est révélée modérée, inférieure à d’autres médicaments, lors de son usage à patir de 2018 en RDC. 
Gilead l’a alors recyclé dans la lutte contre d’autres virus sans qu’il ne devienne une star pour autant. Aujourd’hui, la pandémie de covid-19 représente pour le remdesivir une opportunité de briller enfin au firmament. Mais il ne sera prescrit que pour des cas graves de patients sous oxygène. Contrairement à l’hydroxychloroquine qui, associée à l’Azithromycine, a montré son efficacité quand elle est prise suffisamment tôt. En Inde, on utilise même ce traitement à titre préventif. Et ce pays affiche un taux de mortalité faible avec 27 morts par million d’habitants fin juillet. Soulignons que la France se situait alors à 452 morts par million d’habitants et l’Espagne à 606. Laquelle Espagne a toujours réfusé l’hydroxychloroquine, contrairement à son voisin portugais qui affichait 169 morts, fin juillet, par million d’habitants. 
Pour en revenir à Gilead et à son Veklury (nom commercial du Remdesivir), on peut toujours se dire que la vie n’a pas de prix. Alors s’il peut sauver des malades, la Commission européenne a bien fait de passer commande. Sauf que www.vidal.fr vient tempérer notre enthousiasme. Une étude a été réalisée chez environ 1 000 patients hospitalisés pour une covid-19 et nécessitant de l’oxygène. Elle montre dans le groupe Remdésivir un rétablissement en moyenne après 11 jours contre 15 jours dans le groupe placebo. « Le taux de mortalité n’a en revanche pas été significativement différent entre les deux groupes : 8 % dans le groupe remdésivir contre 11,6 % dans le groupe placebo (p = 0,059) », souligne www.vidal.fr. Et d’ajouter : « Aucun bénéfice n’a par ailleurs été démontré en cas d'atteinte légère à modérée. De même, aucune différence n'a été observée chez les patients ayant débuté un traitement par remdésivir alors qu’un traitement par ventilation mécanique ou ECMO (oxygénation par membrane extracorporelle) était déjà en cours. » 

Du totalitarisme et des gros sous 

Au bout du compte, on peut se demander pourquoi l’Union européenne a choisi exclusivement le remdesivir et continue à refuser l’hydroxychloroquine dont le prix est très modeste. Les médecins de terrain ne sont-ils pas capables de choisir un traitement adapté à chaque cas ? Et les malades n’ont-ils pas le droit d’être associés à ce choix ? Les médecins de terrain n’ont rien à voir avec les « experts » et autres « professeurs » qui se cantonnent aux plateaux de télévision et ont montré, pour la plupart, qu’ils entretenaient des conflits d’intérêt. Est-ce ces gens-là que la commission européenne a écoutés ? On peut le penser, malheureusement. Ou pis encore, quand on connaît le poids financier de « Big Pharma ». 
Quand on regarde la carte du monde et qu’on se penche sur les pays qui ont connu des mortalités très faibles, on constate que la plupart ont prescrit de l’hydroxychloroquine, associée à de l’Azithromycine, dès les premiers symptomes ou lors d’un dépistage. Certains de ces pays, comme le Portugal, ont arrêté quand est parue la présentation d’une étude dans la revue The Lancet qui visait à discréditer l’hydroxychloroquine. On sait ce qu’il en est advenu. The Lancet elle-même a désavoué cette présentation.

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