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Maurice

L’université veut redevenir un pôle de recherche d’excellence

1 aoû 2017 | PAR Jean-Michel Durand | N°321
Dhanjay Jhurry, vice-chancelier de l’université de Maurice : « Mon objectif est de multiplier les interactions entre l’université, les entreprises et l’administration publique pour générer des dynamiques d’innovation. » Davidsen Arnachellum
Dans un contexte où les ressources humaines novatrices sont rares, le nouveau vice-chancelier veut repositionner son institution comme le centre de formation et surtout de recherche majeur de l’île.

« Notre université, qui a fêté ses 50 ans en 2015, a toujours accompagné le développement économique de notre pays. Au début, on a créé la faculté d’agriculture, puis il y a eu l’école d’administration et, dans les années 70, l’école d’ingénierie. Aujourd’hui, face à la concurrence internationale, Maurice doit miser sur l’innovation », explique Dhanjay Jhurry. Ce dernier est le nouveau vice-chancelier de l’université de Maurice (UoM), un poste qui, dans les pays du Commonwealth, est celui du responsable de l’administration centrale alors que le chancelier a un rôle plus honorifique.

PASSER DE LA QUANTITÉ À LA QUALITÉ

Lancée il y a quelques années, la stratégie de « Knowledge Hub » (« centre de connaissance » en français) veut positionner Maurice comme un pôle d’enseignement international. Pour cela, l’objectif des autorités est à la fois de porter le taux d’admission dans l’enseignement supérieur de 46% (en 2011-2012) à plus de 70% aujourd’hui, soit « un diplômé par famille », et surtout d’attirer 100 000 étudiants étrangers d’ici à 2020. Cette stratégie du « Knowledge Hub » a eu pour conséquence d’attirer des grandes écoles et universités étrangères qui viennent concurrencer l’université. Les deux tiers des 30 000 étudiants mauriciens étudient néanmoins dans des institutions publiques dont 12 000 à l’UoM, le coût des études dans le privé n’étant bien sûr pas étranger à ce choix. Or de nombreuses formations publiques se trouvent déconnectées des besoins du marché du travail... Il existe aujourd’hui 226 programmes dont 180 en 1er cycle (niveau licence) et 46 au niveau master (Bac+5) à l’université nationale. « Nous ne formons que 166 doctorants ! Ce qui est trop peu. Je veux (re)faire de l’UoM un centre d’enseignement et surtout un pôle de Recherche et Développement (R&D) », annonce le vice-chancelier. Pour cela, Dhanjay Jhurry s’appuie sur le modèle de la « triple hélice ». Il s’agit de multiplier les interactions entre l’université, les entreprises et l’administration publique pour générer des dynamiques d’innovation capables de créer de nouveaux types d’emploi. 

DES LABORATOIRES DE RECHERCHE

Dans ce modèle, l’État et l’université agissent dans la production des savoirs. Puis, un transfert de technologies s’effectue vers l’entreprise. Enfin, l’entreprise et les autorités introduisent les produits sur le marché. « Mon objectif est de réduire, dans les années qui viennent, les programmes de licence de 180 à 130. Parallèlement, les postes de post graduate (Bac+5, pré-doctorat) passeront de 46 à 60. Ces doctorats se feront en collaboration avec des universités internationales dans des domaines de recherche intéressant Maurice et la région. » La création de laboratoires de recherche passe par un gros effort de formation du personnel enseignant lui-même. « Sur 301 enseignants-chercheurs de l’université, 52% d’entre eux ont un doctorat. Mon objectif est de faire que, d’ici à trois ans, la moitié des 150 enseignants qui n’ont pas de doctorat l’obtiennent. »

UN CHIMISTE AUX MANETTES

Dhanjay Jhurry est le vice-chancelier de l’UoM depuis mars 2017. Ce chimiste de formation a obtenu en 1992 son doctorat en chimie des polymères à Bordeaux. Il a créé à Maurice le Centre of Excellence for Biomedical and Biomaterials Research (CBBR), établissant un équilibre difficile entre l’enseignement universitaire et la recherche.
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