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Madagascar

Maixent Bekangba : un visionnaire à la barre d’Airtel

« Madagascar n’ayant qu’environ 35% de taux de pénétration des télécommunica-tions contre une moyenne de 65% sur le continent, il y a du potentiel qui ne demande qu’à être réalisé pour peu que les conditions socio-économiques soient favorables. » David Misaël
Ce Centrafricain en poste depuis 2014 a bourlingué dans des écoles prestigieuses d’Europe et d’Amérique, puis dans des entreprises de télécommunications dans plusieurs pays d’Afrique. De quoi aiguiser son regard…

« Je vois la situation économique de Madagascar sous un angle positif en raison principalement de quatre éléments : l’accès du pays à la facilité élargie de crédit du FMI, la tenue de sommets internationaux traduisant la confiance de la communauté internationale, la reprise des investissements publics et le retour à l’ordre constitutionnel à travers les dernières élections communales et sénatoriales. » À la tête du leader de la téléphonie mobile à Madagascar depuis deux ans et demi, Maixent Bekangba se veut optimiste. Pour la Grande île, mais aussi pour le secteur des télécommunications, dynamique mais souvent considéré par l’État comme une « vache à lait ». « Madagascar n’ayant qu’environ 35% de taux de pénétration des télécommunications contre une moyenne de 65% sur le continent, il y a du potentiel qui ne demande qu’à être réalisé pour peu que les conditions socio-économiques soient favorables. » Mais les opérateurs, en forte concurrence, doivent investir lourdement tout en s’adaptant à un pouvoir d’achat très faible. Sans parler des risques de dépréciation de la monnaie locale, l’ariary. 

UNE CHANCE POUR L’AFRIQUE

Le contexte est donc loin d’être facile, mais le directeur d’Airtel est un visionnaire qui aime se fixer des objectifs et les atteindre en les planifiant avec rigueur. Des qualités qui lui ont servi lors de ses études. Formé à la London Business School, Maixent Bekangba est également titulaire d’une maîtrise en gestion d’entreprise de l’université du Maine aux Etats-Unis, complétée par un Master’s Degree dans la gestion des affaires internationales de l’université d’Anvers, en Belgique. Il a commencé sa carrière dans le groupe Telecel International en tant que « Head of Marketing » avant de rejoindre le groupe Vodacom, puis Celtel, Zain et Airtel en y occupant de hautes fonctions commerciales  et managériales en tant que directeur commercial, marketing et régional, en charge de fusion et d’intégration. De quoi pérégriner en Côte d’Ivoire, en Centrafrique, en République démocratique du Congo, au Tchad et au Congo Brazzaville. Autant de missions captivantes pour ce passionné qui est convaincu que les télécommunications et leurs innovations technologiques peuvent améliorer la vie des populations. « L’Afrique a la chance de pouvoir profiter de ces innovations qui, contrairement au passé, ne sont plus réservées aux grands pays industrialisés d’Amérique et d’Europe. »

LES LEÇONS DE LA VIE

Ce pragmatique a compris très vite que les études et les diplômes ne remplaçaient pas l’expérience. « L’environnement professionnel m’a appris qu’il y a une différence manifeste entre les connaissances théoriques et la réalité du terrain, jalonnée d’imprévus, d’obstacles et de surprises qui donnent sans cesse des leçons de vie. C’est cela que j’appelle l’expérience. » De quoi mûrir et s’apercevoir que la réalité est souvent différente de l’idée qu’on s’en faisait. « Un business plan peut se baser sur des études de marché, des données macro et micro économiques en prenant en compte toutes les hypothèses et les marges d’erreur et, au final, ça ne se passe pas comme prévu. Il faut alors savoir se remettre en cause. » De quoi se montrer philosophe : « Vivre, c’est changer. » 
Les ressources humaines demeurent primordiales à tous les niveaux, à commencer par le recrutement et jusqu’au plan de carrière. « Notre stratégie ne laisse aucune place à l’improvisation. Tout est étudié, élaboré, mesuré et encadré par des procédures justes et transparentes. » L’atout d’appartenir à un groupe donne de nombreux avantages pour le personnel. Chaque fonction locale dispose d’un support groupe qui procure formation, conseils, assistance et repères. De plus, il y a une synergie avec toutes les filiales qui se partagent des expériences mutuelles. La mobilité permet d’évoluer vers une carrière internationale au siège ou dans l’une des filiales d’Airtel. Enfin, l’« Employee Engagement Survey », enquête annuelle mesurant le niveau de satisfaction et d’engagement des employés, est un puissant outil de contrôle de l’efficacité de la gestion des ressources humaines. Avec 88% de niveau d’engagement, Airtel Madagascar se situe depuis trois ans à la deuxième place parmi les 18 filiales du groupe.

AIRTEL EN CONQUÊTE
Maixent Bekangba est à la tête d’un staff de près de 300 personnes en direct et presque autant en indirect. En effet, la société a recours à l’externalisation pour mieux se concentrer sur son corps de métier. En 2014, Airtel Madagascar avait réalisé 83,6 millions d’euros de chiffre d’affaires, ayant conquis des parts de marché dans un contexte de forte concurrence.
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