Performance

Maurice

Maurice se lance dans la guerre du golf

1 juil 2018 | PAR Jean-Michel Durand | N°331
72 participants étaient présents à la quatrième édition de l’AXYS Mauritius World Corporate Golf Challenge (WCGC), organisé par le groupe mauricien qui lui a donné son nom. Ils se sont affrontés pour représenter Maurice lors de la finale de ce tournoi international lancé par le journal britannique The Times, il y a 23 ans. DR
À l’instar d’autres pays, l’île veut faire son trou sur le marché très compétitif de la destination golfique. L’enjeu ? Prendre une part d’un marché mondial estimé à 90 millions de joueurs. Une clientèle à très fort pouvoir d’achat.

Fait peu connu : les relations entre la petite balle blanche et Maurice sont de l’histoire ancienne. C’est en 1844 que le golf du club sportif du Mauritius Gymkhana (du mot hindi jimakhaana signifiant « salle de sport ») a été créé, à Vacoas, par des officiers de l’armée britannique. Ce parcours de 18 trous est l’un des plus anciens de l’hémisphère sud ! En 1950, le Dodo Club - l’autre club de sport mythique de l’île (créé en 1928) - bâtit son propre parcours de golf de neuf trous à Curepipe.  Pendant longtemps, ce sport, qui ne visait que les joueurs locaux attirés, entre autres, par son côté élitiste, ne s’est pratiqué que sur ces deux greens. 
La crise économique de 2008 a fait comprendre aux entreprises liées au tourisme et à l’État mauricien leur vulnérabilité, surtout pendant la période creuse (de mai à septembre). Maurice, qui a fait le choix de se positionner comme une destination exclusive et (très) haut de gamme, commence alors à s’intéresser au marché golfique. 

Aux quatre coins du monde, le marché explose

Estimé à 90 millions de joueurs en 2016, le golf est le premier sport individuel pratiqué au monde (plus que le tennis !) Il a même fait son grand retour aux JO de Rio en 2016. Il est très pratiqué aux États-Unis, au Japon et en Europe (en France, la Fédération française de golf comptait 410 261 licenciés en 2017). Mais la Chine et l’Inde, les nouvelles puissances économiques, apparaissent à la fois comme les marchés et les nouveaux acteurs du secteur.
Dans l’ex-empire du Milieu, le nombre de golfs a été multiplié par trois en dix ans : de 200 à 600 aujourd’hui. Quant au nombre de golfeurs, il est passé de 360 000 en 2014 à un million aujourd’hui ! Même tendance en Inde où l’on compte 500 000 golfeurs et 250 parcours, « dont 50 % sont privés et réservés à des membres ou sur des bases militaires », précise Alain Lenoir, le président de la Mauritius Golf Tourism Association (MGTA), qui regroupe les directeurs des neuf parcours 18 trous adossés à des hôtels ou à des programmes immobiliers. 
« Dans tous les cas, la part de joueurs occasionnels est considérable mais difficile à quantifier », assure un acteur assez bien informé de la réalité du marché. Chiffre encore plus intéressant, selon une étude d’Atout France, l’Agence de développement touristique de l’Hexagone, sur les 90 millions de joueurs, il y en aurait huit millions qui voyagent régulièrement à l’international pour découvrir de nouveaux greens !En 2013, le magazine Golf Digest recensait 33 000 parcours dans le monde. 


Alain Lenoir, président de la Mauritius Golf Tourism Association (MGTA) : « Les touristes golfeurs proviennent de nos marchés émetteurs traditionnels : la France, La Réunion (dont on reçoit en moyenne 1 000 golfeurs par an, en basse saison), le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Scandinavie. »  Davidsen Arnachellum
 

Clientèle à fort pouvoir d’achat

Pour les hôteliers mauriciens, il s’agit avant tout de proposer des services et une offre supplémentaires (comme le spa) à une clientèle habituée à des prestations de haut niveau. Attirer cette clientèle à fort pouvoir d’achat est donc stratégique : on estime qu’un touriste golfeur dépense en général deux à trois fois plus qu’un touriste de loisir. « À Maurice, c’est plutôt de l’ordre de 10 % », tempère Alain Lenoir. Cette clientèle est d’autant plus convoitée que la dépense moyenne par touriste reste encore basse : 4 300 roupies (108 euros) par nuitée en moyenne pour les 1 275 227 visiteurs recensés en 2016. La dépense dans l’hébergement, sauf dans le cas du segment de grand luxe, semble avoir atteint un palier. Si l’on veut l’augmenter, il faut donc miser sur le hors-hébergement et sur la basse saison. 
Le groupe Beachcomber a ouvert en 1992 le premier golf de 18 trous attaché à un hôtel 5-étoiles, Le Paradis, dans le sud-ouest de l’île. 
« Même si l’on s’est beaucoup inspiré de l’étranger, nous ne pouvions pas importer des produits agricoles golfiques. Nous avons dû utiliser des herbes locales ! Ce n’est qu’en 2000 qu’on a commencé à importer du gazon golfique », se rappelle, amusé, Mario Desvaux de Marigny, le Golf Manager de cet hôtel. 
Le golf du Paradis est suivi en 1994 par un second golf 18 trous au Belle Mare… Aujourd’hui, on en compte neuf dont sept sont des Golf Resorts.
Les groupes, qui se sont lancés dans ce domaine, ont eu à supporter de lourds investissements. L’aménagement d’un parcours coûte au minimum « 50 millions de roupies (1,25 million d’euros - NDLR), et ce montant ne comprend pas le terrain lui-même », souligne Alain Lenoir. De fait, seuls des groupes importants et déjà propriétaires de foncier, comme Beachcomber, Constance, Sun Resort, Medine et Veranda Resorts Ltd (VRL) du groupe Rogers, ont pu se lancer dans ce type de projet. 
Si la grande majorité des golfs sont adossées à des projets hôteliers, on s’aperçoit qu’il y a une nouvelle tendance. Les deux derniers projets immobiliers avec des golfs : l’Avalon Golf Estate et Mont Choisy Le Golf, sont des projets montés en IRS. Le groupe Terra, qui travaille sur un projet de Golf Resort, « réfléchit encore au modèle qui sera mis en place », indique Joël Couve de Murville, Senior Manager Marketing and Sales de Novaterra, le pôle immobilier du groupe. Ces nouvelles offres golfiques s’adressent aux étrangers mais aussi aux résidents permanents et aux Mauriciens qui pourront ainsi résider, travailler et… jouer au golf à deux pas de leur résidence. 


Pour la deuxième année consécutive, le Constance Hotels and Resorts a organisé le Women’s Golf Day. Lancé en 2016, ce tournoi rassemble associations, détaillants et organisations pour encourager les femmes à s’essayer à ce sport. Quarante participantes, dont la moitié expérimentées, étaient présentes.   DR
 

Un marché qui reste une niche

« En 2017, il y a eu 226 934 rounds (parties de golf) joués sur les greens de notre association », précise Alain Lenoir. « Et 22 % ont été joués par des résidents », ajoute Mario Desvaux de Marigny. « On estime qu’un joueur fait trois parties lors de son séjour. Donc entre 44 000 et 50 000 golfeurs ont joué sur les parcours de la MGTA », lance le président de cette association. Soit un peu plus de 3 % des 1 341 860 touristes qui se sont rendus à l’île Maurice en 2017 ! 
« Si ce chiffre peut paraître encore faible, cela représente quand même plus de trois milliards de roupies (75 millions d’euros – NDLR) de recettes touristiques sur le segment golfique. Soit environ 5 % des recettes du tourisme ! », se réjouit Philippe Espitalier-Noël, Chief Executive Officer (CEO) du groupe Rogers.
« Les touristes golfeurs proviennent de nos marchés émetteurs traditionnels : la France, La Réunion (dont on reçoit en moyenne 1 000 golfeurs par an, en basse saison), le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Scandinavie », précise Alain Lenoir.


Michael Geerdharry, Manager Golf Sales & Promotion au Heritage Resorts : « Les tournois majeurs qui se déroulent à Maurice apportent une visibilité sans précédent à notre destination golfique et lui permettent de rayonner sur la carte mondiale. »  Davidsen Arnachellum


Développer la marque golf Maurice

Pour asseoir sa notoriété sur un marché très compétitif, les entreprises mauriciennes ont créé et organisé des tournois richement dotés et bénéficiant, parfois, d’une grande couverture médiatique internationale. La première banque de l’océan Indien, la Mauritius Commercial Bank (MCB) a lancé en 2009 le MCB Tour Championship. S’inscrivant dans l’European Senior, cette compétition se veut être l’une des plus importantes de l’océan Indien.
Autre tournoi, celui du Trophée de l’océan Indien. Sa quatrième édition a vu la participation 40 joueurs venus de Madagascar, des Seychelles, de Mayotte et de La Réunion. En 2015, a été lancé le premier tournoi de golf tri-tours au monde : l’AfrAsia Bank Mauritius Open. Représentant un investissement total de 100 millions de roupies (2,5 millions d’euros), ce tournoi a la particularité de s’inscrire dans trois circuits à la fois : Sunshine, European et Asian Tours. Le Sunshine Tour est le principal circuit professionnel d’Afrique australe, l’European Tour pour l’Europe et l’Asian Tour est le principal circuit d’Asie (hors Japon qui possède son propre circuit).
Le prix global du tournoi s’élève à un million d’euros, la somme la plus élevée jamais versée pour un tournoi à Maurice. Somme « qui reste relativement modeste mais avec une contribution de 1 700 points, cela n’est pas négligeable pour un professionnel », assure Philippe Espitalier-Noël. Son groupe possède le Heritage Bel Ombre qui a accueilli la dernière édition du tournoi. 


Mario Desvaux de Marigny, directeur du golf du Paradis Golf Club, Beachcomber Hotels : « Comme la plupart de nos golfs sont attachés à des hôtels 5-étoiles, nos prestations sont de fait de très haut niveau, contrairement à beaucoup de nos concurrents étrangers. »   Davidsen Arnachellum
 

Visibilité sans précédent

Outre ces tournois professionnels, Maurice s’appuie sur les tournois réservés aux amateurs. Comme la quatrième édition de l’AXYS Mauritius World Corporate Golf Challenge (WCGC) où 72 participants se sont affrontés pour représenter Maurice à ce tournoi international lancé par le journal britannique The Times, il y a 23 ans. La finale de la troisième édition de la Coupe du monde de golf amateur - un des tournois amateurs les plus importants au monde -, s’est tenue en 2018 au Heritage Golf Club, après la Nouvelle-Calédonie et l’Espagne. Les finalistes venaient de 18 pays. Et c’est l’équipe japonaise qui a remporté cette compétition…
« Ces tournois majeurs apportent une visibilité sans précédent à notre destination golfique et lui permettent de rayonner sur la carte mondiale », se félicite Michaël Geerdharry, membre fondateur de la MGTA et Golf Sales & Promotion Manager à Heritage Resort.
« Effectivement, avec plus de 40 chaînes de télévision couvrant en direct l’AfrAsia Bank Mauritius Open, ce sont potentiellement presque 500 millions de foyers qui ont eu accès aux images de l’événement !(…) Pour une destination tirant ses revenus du tourisme, nous ne pouvons rêver de meilleur moyen de promouvoir nos attraits. Nous misons aussi sur les réseaux sociaux où le bouche-à-oreille joue un rôle clé dans la communauté golfique mondiale », se réjouit Philippe Espitalier-Noël. 
« Depuis l’organisation de la première édition du tournoi, nous avons enregistré une augmentation de 25 % du nombre de golfeurs au Heritage Golf Club. Nous y construisons un deuxième golf qui portera la signature de Peter Matkovitch et de Louis Oosthuizen afin d’anticiper la demande et offrir un meilleur éventail aux golfeurs », ajoute le patron du groupe Rogers.


Plus de 40 chaînes de télévision ont couvert, en direct, l’AfrAsia Bank Mauritius Open. Potentiellement, 500 millions de foyers ont eu accès aux images de cet événement.  DR
 

Pour une stratégie de golf claire

Parallèlement à l’organisation de ces tournois, la MGTA a, sous la présidence de Michael Geerdharry, conçu un plan directeur. Entre autres actions, « il s’agissait d’impliquer un maximum d’acteurs pour positionner Maurice comme une destination de golf multi-parcours ». Ainsi, Air Mauritius, la compagnie aérienne nationale, propose, via le programme Kestrelflyer, de transporter gratuitement le sac de golf des touristes sur les vols Air Mauritius/Air France. 
« Il faut aussi concevoir des actions et des produits spécifiques pour attirer les 85 % des voyageurs golfeurs qui souhaitent jouer sur plus d’un terrain durant leur séjour », ajoute l’ancien président de la MGTA. L’office du tourisme de l’île Maurice - la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) - a lancé en 2017 le Golf Pass. « Il s’agit de faire basculer Maurice du concept Hotel Resort with golf à celui de Golf Destination », expliquait alors son directeur, Kevin Ramkaloan. 
« Le touriste peut acheter en ligne son Golf Pass et faire sa réservation avant même d’arriver chez nous. Le Golf Pass lui donne accès à un circuit de golf de standard mondial à un prix préférentiel, et cela même s’il n’est pas logé dans un établissement de golf », souligne Alain Lenoir.
« Le Golf Pass a été créé à la fois pour vendre Maurice 365 jours par an et augmenter les arrivées pendant la saison creuse », fait valoir Mario Desvaux de Marigny. Pour cela, il faut permettre aux golfeurs de jouer sur tous les parcours de l’île. Cette stratégie est une réponse à la concurrence étrangère.


Une cinquantaine de golfeurs ont participé à la septième édition du MCB Tour Championship 2017, une des compétitions de golf majeures de l’océan Indien, qui s’est tenue sur les parcours de golf du Constance Belle Mare Plage.  DR
 

Une concurrence régionale

D’autres pays de la région ont aussi misé sur le golf pour attirer cette clientèle souvent fortunée. La Réunion possède trois golfs, dont deux 18 trous, le golf du Bassin Bleu à Saint-Gilles (ouest) et le Golf de Bourbon à l’Etang-Salé (sud-ouest), mais cette activité n’est pas (encore) la plus porteuse pour le département. Quant aux Seychelles, ils n’ont que deux golfs dont un seul 18 trous, celui de l’hôtel 5-étoiles Lémuria Resort du groupe mauricien Constance. Et preuve que l’archipel accuse encore du retard par rapport à Maurice, selon nos confrères du magazine Côte Nord, « les autorités seychelloises complètent leur calendrier de golf en fonction de celui de Maurice ». Dans la région du Grand océan Indien, l’Afrique du Sud se pose comme un concurrent plus sérieux. Selon le rapport Golf around the world 2017 de R&A, la principale instance régulatrice du golf dans le monde, ce pays détient pas moins de 484 parcours de golf. La nation « arc-en-ciel » profite de la bonne qualité de ses infrastructures, de ses nombreuses connexions aériennes et de son expérience dans ce sport. À cela s’ajoute le fait que la monnaie sud-africaine, le rand, poursuit sa chute. Au point où un cadre supérieur de La Réunion, grand joueur de golf, souligne qu’en rapport qualité/prix, le pays de Mandela apparaît aujourd’hui plus intéressant que Maurice. Mais Port-Louis peut (encore) s’appuyer sur son niveau de sécurité sans comparaison avec son grand voisin… Le challenge, aujourd’hui, consiste à être mieux positionné en Asie.


C’est un couple de Japonais qui a remporté la « coupe du monde » de golf amateur. De gauche à droite : François Eynaud, CEO de VLH Ltd ; Yasufumi Kano, Anil Gayan, ministre mauricien du Tourisme et Michiko Hiraoka.  DR
 

Peu de golfeurs asiatiques sur les greens mauriciens 

« Il faut des actions bien adaptées en direction de l’Inde, de la Chine, de la Malaisie, de Singapour et de Hong Kong… Sans pour autant oublier nos principaux marchés établis. Les Asiatiques vont jouer dans des destinations où se tiennent de grands tournois internationaux et connus. Beaucoup d’entre eux ont découvert Maurice par le biais de grands tournois internationaux comme l’AfrAsia Bank Mauritius Open », assure Michael Geerdharry.
« J’ai très peu de clients asiatiques », répond placidement un directeur de golf. Alors qu’à l’exemple de l’économie mondiale, le centre de gravité du tourisme se déplace vers l’Asie, on s’aperçoit que la clientèle à Maurice provient toujours aux deux tiers du Vieux Continent. La France métropolitaine et La Réunion représentaient un tiers des  1 275 227 touristes en 2016, alors que le nombre de touristes chinois continue sa chute, à - 11,4 %. 
De fait, l’actuel président de la MGTA estime que c’est un rêve de faire venir des clients asiatiques. « Par exemple, en Inde, 90 % des golfeurs sont des militaires. Ils jouent dans des clubs du style Gymkhana Club, c’est-à-dire qu’ils paient un forfait complet. Il est donc impossible de leur vendre un service en plus lors de leur séjour chez nous ! » Mais Alain Lenoir croit tout de même aux groupes, et non aux individuels, venus d’Asie…
« Chaque établissement a un business model différent. La plupart des établissements mauriciens proposent le golf dans leurs forfaits. Le golf du Paradis est le seul établissement qui a toujours proposé en option ces prestations », précise Mario Desvaux de Marigny.

Un développement réfléchi et constant

Plus que l’offre, Maurice souffre surtout, et toujours, de la faiblesse, pour ne pas dire l’absence, d’une desserte aérienne directe vers les deux géants asiatiques. D’autant que l’île souffre de la concurrence de pays plus proches géographiquement et culturellement de la Chine et de l’Inde. Par exemple, la Thaïlande, qui compte près de 150 parcours de golf disséminés dans le pays, et même Singapour sont de gros acteurs du secteur. 
Malgré tout, est-ce que Maurice peut devenir une destination golfique à part entière ? Impossible pour Alain Lenoir : « Nous ne sommes pas et surtout ne pouvons pas devenir une destination golfique en elle-même, notre pays ne peut et ne doit proposer qu’une offre resort/golf. »
Le Manager Golf Sales & Promotion au Heritage Resorts, Michael Geerdharry, se veut plus optimiste : « Nous sommes arrivés en 2018 à notre maturité pour ce qui est de notre positionnement. N’oublions pas que de 1994 à 2002, nous sommes passés de trois à sept parcours. Aujourd’hui, nous avons neuf parcours. Nous atteindrons peut-être le nombre de 12 en 2021-2022. La progression en termes de développement golfique en vingt-trois ans a été très bien réfléchie et constante. » En somme, Maurice a une carte à jouer dans la guerre du golf. 

LES TOUR-OPÉRATEURS SE METTENT AU GOLF
« Nous souffrons de la méconnaissance de notre produit de la part des autorités qui sont déconnectées et des tour-opérateurs locaux », se désole un acteur du secteur golfique. On ne vend pas un round de golf à un touriste novice comme on vend une sortie à la mer. Car une partie dure en moyenne 4 h 30 ! Cela créerait de la frustration chez lui et chez nous ! »
« À la décharge des tour-opérateurs, il faut dire que ce n’est pas si simple de se positionner sur cette niche de marché. Il faut être golfeur pour savoir parler à un golfeur. C’est essentiel pour bien vendre la destination mauricienne », modère Mario Desvaux de Marigny. Certains tour-opérateurs et réceptifs, comme Summertimes et Kréola, ont mis le paquet. « Chez nous, j’ai dédié une personne exclusivement à ce secteur. Elle peut être soutenue par d’autres salariés. En 2017, nous avons encadré 1 000 groupes venus principalement de nos marchés émetteurs traditionnels… », précise la dirigeante et fondatrice de Kréola, Geneviève Dardanne.
LE GOLF : UNE BONNE ÉCOLE DU MANAGEMENT
Des experts en management n’hésitent pas s’inspirer des qualités requises pour le golf et proposent même aux cadres et dirigeants d’entreprise des formations basées sur ce sport. En effet, le golfeur et le manager mettent respectivement en œuvre des capacités et des compétences comparables dans un but commun de performance. Le golfeur a un objectif clair : il souhaite améliorer son classement. L’objectif du manager est d’augmenter ses parts de marché. Le golfeur connaît parfaitement un parcours pour l’avoir foulé à maintes reprises. Le manager connaît (ou doit connaître) son marché ou le marché qu’il vise. Comme le golfeur, le manager est (souvent) seul pour assumer ses erreurs. Il est responsable de ses décisions et de ses actes. La connaissance de soi, de ses forces et faiblesses est donc impérative pour mettre en œuvre un management efficient de son équipe. À ce titre, le golf est un véritable révélateur de personnalité. Impossible de se cacher sur un parcours. Le masque tombe rapidement. 
Ainsi, les recettes des golfeurs pour renforcer leur confiance en eux malgré l’adversité peuvent être dupliquées dans les entreprises. 
En tout cas, ce type de formation est une bonne carte à jouer par les golfs mauriciens en basse saison.
LE GOLF, C’EST AUSSI DU SPORT
« Le golf est avant tout un sport », tient à préciser Christophe Curé, le président de Fédération mauricienne de golf (Mauritius Golf Federation, MGF) qui organise une dizaine de tournois nationaux et internationaux par an. On peut citer notamment l’Indian Ocean Amateur sur les différents parcours de l’île, ainsi que des compétitions juniors. « Nous participons aussi à l’organisation de l’Afrasia Bank Mauritius Open. La fédération reste l’organisme régulateur qui valide les compétitions et assure leur crédibilité auprès des instances internationales. » La MGF revendique 1 100 licenciés…
LE GLOSSAIRE DU GOLF
Le golf a un glossaire très particulier qui peut être abscons pour un non-initié. Voici quelques termes incontournables, mais il en existe bien d’autres…

ALIGNEMENT : Se dit de la position du corps et du club par rapport à la cible.
BIRDIE : Se dit d’un trou réalisé en un coup de moins que le Par (nombre de coups prévus pour sa réalisation).
BUNKER : Zone sableuse située à proximité des greens ou sur le fairway (bunker de fairway). Le bunker est considéré comme un obstacle pour l’application des règles.
CADDIE : Personne qui porte les clubs d’un joueur pendant une partie. 
DÉPART : Zone rectangulaire délimitée par deux boules de couleur et faisant face au trou. Les départs sont plus ou moins éloignés du trou selon le niveau et le sexe des joueurs.
Départ rouge : standard femme (niveau débutant et moyen).
Départ bleu : joueuse de bon niveau et professionnelle.
Départ jaune : standard homme (niveau débutant et moyen).
Départ blanc : joueur de bon niveau.
Départ noir : joueur professionnel.
DRIVER : C’est le bois 1, club le plus long du sac, avec lequel il est possible de réaliser les coups les plus longs.
DROPPER : Lorsque la balle est injouable, ou dans un obstacle, on peut la remettre en jeu manuellement avec ou sans coup de pénalité, c’est l’action de dropper.
FAIRWAY : Zone herbeuse et bien tondue, séparant le départ du green. La piste en quelque sorte.
GREEN : C’est la surface tondue rase sur laquelle se trouve le trou de golf. 
GREEN-FEE : C’est le droit de jeu dont un golfeur doit s’acquitter pour pouvoir jouer sur un parcours. 
HANDICAP : Traduit le nombre de coups qu’un joueur effectue en moyenne au-dessus du Par. Un handicap 27 réalisera en moyenne un 18 trous par 72 en 99 coups.
OBSTACLES : Sur un parcours de golf, ce sont les étendues d’eau, les rivières et les bunkers.
PAR : C’est le nombre de coups prévu pour la réalisation d’un trou, et au total d’un parcours complet. Il existe des Pars 3, 4 ou 5 en fonction de la longueur du trou.
PITCH : C’est un trou dans le green causé par l’impact de la balle. Celui-ci doit se relever à l’aide d’une relève pitch ou d’un tee.
PRACTICE OU DRIVING RANGE : C’est le terrain d’entraînement. 
PUTT : Action de jouer la balle généralement sur le green en la faisant rouler vers et dans le trou en la frappant avec le putter.
SCORE : Nombre de coups joués pour réaliser un parcours.
TEE : Petit support de bois ou de plastique sur lequel se pose la balle et que les joueurs peuvent utiliser au départ de chaque trou. Son utilisation n’est pas obligatoire.
Réagissez à cet article en postant un commentaire

 

Maurice

Maurice se lance dans la guerre du golf

Fait peu connu : les relations entre la petite balle blanche et Maurice sont de l’histoire ancienne. C’est en 1844 que le golf du club sportif du Mauritius Gymkhana (du mot hindi jimakhaana signifiant « salle de sport ») a été créé, à Vacoas, par des officiers de l’armée britannique. Ce parcours de 18 trous est l’un des plus anciens de l’hémisphère sud ! En 1950, le Dodo Club ...