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Maurice veut booster son économie en musclant ses PME

« Nous voulons faire des PME l’épine dorsale de notre économie. » Davidsen Arnachellum
Sunil Bholah, ministre de l’Activité économique, des Entreprises et des Coopératives, présente un ambitieux programme sur dix ans qui vise à mieux soutenir et accompagner ces entreprises dans leur développement.


L’Eco austral : Comment le « SME 10-Year Masterplan » a-t-il été élaboré et comment va-t-il se déployer ? 
Sunil Bholah
: Nous avons identifié des secteurs prioritaires comme les technologies de l’information et de la communication (TIC), les services financiers, la restauration et l’hôtellerie, le secteur manufacturier, l’agriculture biologique, l’aquaculture et les énergies renouvelables où les petits entrepreneurs ont une carte à jouer. Nous avons aussi développé un programme de soutien et de développement vers l’exportation. Il s’agit d’améliorer le cadre régulateur et institutionnel des différentes aides aux PME. 
Il y a 125 000 PME à Maurice mais seulement 22 000 figurent à la Small and Medium Enterprises Development Authority (SMEDA), l’organisation qui leur est dédiée.

Comment attirer les autres ?
C’est une vraie difficulté. Une part importante des entrepreneurs opèrent dans le secteur informel. Ils ont des réticences à s’enregistrer... Il n’y a donc pas de statistiques ou même d’études. Il nous faut être plus pédagogiques pour les convaincre.

Peut-on imaginer d’intégrer dans le Select Commitee du SME 10-Year Mas-terplan, en plus des fonctionnaires, des entrepreneurs confirmés ?  
Effectivement c’est une bonne idée. Pourquoi ne pas intégrer dans un comité technique des entrepreneurs ? C’est une proposition intéressante que mes services vont étudier... Car il est indispensable d’intégrer les chefs d’entreprise dans cette stratégie. 

L’une des principales raisons de fermeture des PME (70% de cessation d’activité avant deux ans) est le manque d’accès pour trouver du financement. Comment résoudre ce problème ?
L’accès au financement est un vrai problème mais pas le seul. Auparavant, la DBM (Development Bank of Mauritius) mettait à la disposition des nouveaux entrepreneurs les financements voulus. Malgré tout, les PME fermaient. C’est bien la preuve que ce n’est pas seulement une question de financement. Mes services ont identifié quatre contraintes majeures : le financement, la taille de notre marché, la question de la qualification de notre main d’œuvre et l’accès aux technologies modernes. En plus des instruments financiers existants, nous souhaitons soutenir les Business Angels et le Crowdfunding (financement participatif)...

Où en est-on de la fusion de la SMEDA, d’Enterprise Mauritius et de la National Women Entrepreneur Council (NWEC) ? 
Cette fusion, qui vise à assurer une cohésion et une gouvernance unique dans le domaine du financement des PME, devrait être effective cette année. 

Certains entrepreneurs sont durement impactés par des retards de paiement. Peut-on changer la loi pour réduire le temps légal pour régler ces dettes ?
C’est impossible car les termes et les conditions de toute transaction se décident entre le vendeur et l’acheteur. Toutefois, conscients de ce problème, nous avons mis en place le « factoring ». L’entreprise qui a vendu un bien ou un service peut, en attendant d’être réglée, se tourner vers un factor qui règlera la facture et se chargera de se faire payer moyennant une commission. Des banques proposent déjà ce service.

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