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Mieux comprendre le management vocationnel grâce à la biologie

1 nov 2017 | PAR Bernard Alvin | N°324
Les découvertes de la biologie ont confirmé le pouvoir de l’esprit sur le corps et l’influence que peuvent exercer nos émotions sur nos gènes. Cette interaction entre l’inné et l’acquis est importante dans le management vocationnel.

« L'épigénome est une interface entre nos gènes statiques et notre environnement variable. Alors que le génome d'un individu reste très stable au cours de sa vie, l'ensemble des marques épigénétiques qui règlent l'expression des gènes, son épigénome, varie constamment en réaction aux variations extérieures », explique Joël de Rosnay. Il y a donc une empreinte biologique de la vie psychologique des personnes. Et cette empreinte serait nichée dans l'ADN, là où les effets du stress peuvent perturber l'organisme. Il y a donc un pouvoir étrange de l'esprit sur le corps. Cela a été montré en 2004 par la biologiste Elizabeth Blackburn, prix Nobel de médecine en 2009, et Elissa Epel, psychiatre à l'université de Californie : l'extrémité des chromosomes est altérée par le stress psychologique chronique.
Les chercheurs pensent que la plupart des maladies chroniques résultent en partie d'une mauvaise régulation épigénétique lors des tous premiers stades de développement. On nous dit que le phénomène est réversible, notamment par l'apprentissage d'émotions positives. Nous ne sommes donc pas uniquement le produit de nos gènes, mais nos expériences, nos émotions et même nos actions façonnent l'expression de ces gènes en permanence, avec la certitude que rien n'est irrémédiable. En d'autres termes, l’épigénétique est la modulation de l’expression de nos gènes en fonction de notre comportement. Ces découvertes m’interpellent également sur le plan des talents et de la vocation. On sait que l’ADN d’une personne contient un volume d’informations considérable qui constitue une sorte de patrimoine de caractéristiques biologiques. Puisque cela conditionne l’évolution physique durant la vie d’une personne, pourquoi ne trouverions-nous pas également des informations sur les caractéristiques comportementales, sur les talents et les dons d’une personne ? Puisqu’il est démontré que des paramètres du champ psychologique et spirituel peuvent provoquer des mutations affectant l’ADN, on peut imaginer que l’ADN lui même contient de tels paramètres dès le départ. Ainsi, il doit être possible un jour de découvrir les dons ou la vocation profonde d’une personne dans l’analyse de son ADN. Le débat sur l’inné et l’acquis est-il relancé ? En fait l’ADN, c’est les deux. Il y a clairement un inné au début de la vie, mais comme nous avons découvert qu’il est modifiable selon les événements psychologiques importants, alors il y a un acquis tout aussi important.

SAVOIR GÉRER SON PATRIMOINE INNÉ ET ACQUIS

Cela rejoint mes observations dans la vie professionnelle puisque je constate bien des dons et une vocation intrinsèque à chacun, mais je parle aussi de chemin ou trajectoire vocationnelle pour décrire le développement continu de la vocation dans la vie d’une personne. C’est un peu comme si cet inné se développait et s’épanouissait selon les expériences de la vie qui, en retour, impactent l’acquis. Le management vocationnel serait donc une gestion sage, créative, très dynamique et inspirée du patrimoine hérité au départ de la vie. Il suppose une bonne analyse pour connaître et comprendre le patrimoine acquis et tout un art pour gérer ce patrimoine à l’optimum. Cette dynamique vocationnelle apparaît ainsi « sans fin » et quasiment « sans limite » et on peut imaginer de mener des parcours d’une richesse inouïe pendant toute une vie. Il serait temps de conduire des recherches sur le sujet. En tout cas, cela donne des perspectives très attractives à tous ceux qui se passionnent pour le développement des potentiels des hommes.

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