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Nathalie Job, CEO d’Analysis Institute of Management : « Les privés font le travail du public »

1 juin 2018 | PAR Jacques Rombi | N°330
Nathalie Job, CEO d’Analysis Institute of Management (AIM). Le groupe, qu’elle dirige avec son associé Mohamed Mouratsing, a fait construire un nouveau bâtiment à Ébène pour toutes ses activités. Pas moins de 1 300 m2 permettant de dispenser des cours et de louer des salles équipées. Davidsen Arnachellum
Selon cette professionnelle de la formation, si les atouts et les compétences sont bien là, Maurice souffre d’un cruel manque de visibilité. Faute d’une communication internationale adéquate.

Dès 1995, année de création d’Analysis, cette ancienne élève de l’université Paris-Dauphine (master en management des télécoms et des médias) avait constaté des manques dans la formation des cadres et la faiblesse des échanges inter-îles. 
« Il y a de nombreuses institutions régionales qui œuvrent un peu dans l’ombre et le secteur privé n’est pas bien informé de leurs initiatives. C’est un comble alors que le tissu des PME et TPE est pré-dominant dans la région. » Partant de ce constat, Nathalie Job et ses équipes ont engagé un véritable travail de fond afin de rapprocher les entreprises des différentes îles, notamment celles des deux « sœurs » de l’archipel des Mascareignes, Maurice et La Réunion, par le biais de formations exécutives dans un esprit gagnant-gagnant qui a fait ses preuves aujourd’hui.
Questionnée sur l’attractivité de Maurice pour les étudiants africains, sa réponse est claire : « En Afrique, le diplôme international est un peu un sésame pour avoir un emploi de qualité, et le diplôme anglais est très prisé en Afrique anglophone. D’où le succès, par exemple, de l’université Middlesex à Maurice, fréquentée par de nombreux étudiants africains qui n’ont pas à demander un visa et profitent de tarifs abordables. »

L’exemple de la Suisse

Pourtant, malgré le bon niveau de maturité des formations assurées aujourd’hui à Maurice, selon Nathalie Job, l’État ne met pas assez de moyens pour communiquer cette image et réformer l’Université. « Regardez l’exemple des Suisses qui ont choisi d’investir voici 30 ans dans quelques écoles très spécialisées, comme dans le management hôtelier et les sciences de la matière ! Leur gouvernement a mis les moyens en recherche et développement et ils profitent aujourd’hui d’une grande réputation internationale. Mais ici, ce sont les privés qui font le job du public. Nous devons rester vigilants car, sur la scène africaine, des pays comme l’Afrique du Sud et le Maroc sont déjà bien avancés par rapport à nous… » Et c’est une spécialiste en prospective qui le dit, insistant sur le fait que la réputation de Maurice reste à construire. 
Le groupe Analysis vient d’investir dans la construction d’un vaste bâtiment à Ébène, parfaitement adapté à l’enseignement supérieur dispensé par des professeurs qui se rendent dans le pays régulièrement. Depuis le lancement des cours en partenariat avec Paris-Dauphine, ce sont 320 cadres qui ont obtenu leur master, dont 35 % en provenance des autres îles de l’océan Indien.
Nathalie Job est CEO d’Analysis Institute of Management (AIM), mais aussi Deputy CEO de Kantar TNS Indian Ocean, la société spécialisée dans les études, dont le CEO est Mohamed Mouratsing, son associé. Avant le lancement de l’entreprise en 1995, Nathalie Job a été Marketing Manager du groupe Roland Maurel et consultante chez KPMG Maurice. 

DIVERSIFICATION DE L’OFFRE
Outre un MBA international, Analysis Institute of Management propose un Executive Master en marketing et, depuis janvier 2018, un master en finance. S’y ajoutent des séminaires sur mesure pour un certificat en marketing digital et un certificat en négociation qui affichent d’impressionnants taux de réussite. 
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