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Ne passez pas à côté de votre talent !

1 mai 2018 | PAR Bernard Alvin | N°329
Plus on creuse dans l’analyse des talents d’une personne, plus on identifie sa vocation et plus on trouve un savoir-faire utilisable partout. Un potentiel dont il aurait été dommage de passer à côté.

Que ferais-je dans ma vie professionnelle si j’étais envoyé à Pokhara au Népal, à Ushuaïa en Argentine ou à Oulan-Bator en Mongolie ? Peut-on réussir avec ses talents dans n’importe quelle partie du globe ? C’est une question que beaucoup de personnes se posent, en ayant souvent quelques doutes sur la réponse... Il y a certes des métiers dont l'exercice est universel, je pense par exemple au médecin, au dentiste ou à l'infirmier… Mais même à ce niveau, les diplômes d’un pays ne sont pas forcément reconnus dans d'autres et in fine les portes peuvent se refermer même si on a les compétences requises ! 
Qu’en est-il pour d’autres métiers plus pointus comme webmaster, ingénieur en optronique, comportementaliste canin ou gardien de phare ? Certes, on peut faire évoluer un métier au regard de l’évolution de l’environnement économique. Par exemple, le métier de gardien de phare a évolué avec le temps. Avec l'automatisation de l'allumage des feux, les missions s'apparentent aujourd'hui à de l'entretien et du contrôle. Ces professionnels passent désormais plus de temps devant un écran d'ordinateur qu'en haut de la tour, sans avoir à monter des centaines de marches. 
Mais même si on sait adapter son métier à un environnement, que peut-on faire si cet environnement est vraiment à l'opposé de ce qu’on peut faire ? Peut-on faire gardien de phare version moderne du métier si on habite au fin fond du Népal ? Ce métier devenu très technique peut servir à faire fonctionner tout système de balise dans quelque endroit que ce soit, mais il n'y a forcément de balises au Népal ! 

Mettre à profit autrement

Heureusement, le savoir-faire de la personne qui exerce ce métier peut être mis à profit autrement, par exemple pour anticiper des pannes techniques liées aux signaux lumineux et sonores, et mettre ainsi en œuvre des plans préventifs permettant le zéro panne ! Dans ce cas de figure, de tels talents trouvent toujours à s'exercer, y compris dans les villes les plus reculées du Népal !
Au fond, plus on creuse dans l’analyse des talents d’une personne, plus on identifie sa vocation et plus on trouve un savoir-faire utilisable partout. Mais comme nous l’avons vu, il faut savoir pratiquer cette gymnastique d’analyser en profondeur ses talents pour dégager ce socle applicable en fait à de multiples métiers. Or, la plupart du temps, on raisonne « métier ». Prenons un exemple de CV, celui d’un optronicien laser lambda. On lit que lors d’une récente expérience, il a été chef de projet « Optique Laser et Plasmas pour le monde de la Défense». 
Sur le CV de cette personne, on trouve ses diplômes, stages et jobs exercés, mais tout est écrit en termes de métier et de tâches techniques du spécialiste qu’il est. Avec un tel CV cette personne s’oblige à rechercher un job dans un univers très restreint. Il dit ce qu’il a fait et non pas ce qu’il voudrait faire ; en d’autres termes, il n’a pas de projet professionnel !

Zones de force

Pourtant s’il s’ouvrait un peu, il pourrait parler de son expérience de chef de projet, qui aura peut être révélé un talent pour coordonner des hommes, voire même pour faire travailler ensemble des collaborateurs de spécialités très variées. Et cela est un superbe talent qui peut intéresser bien des recruteurs pour bien des jobs ! Comme on le voit, si la personne ne fait pas ce travail d’analyse et d’explication de ses zones de force, les recruteurs passeront à côté de son riche profil. Et lui même ne parviendra pas à trouver facilement un job, et quand bien même il en trouverait un, il ne sera guère évolutif car coincé par son propre positionnement de surface !
En revanche, au sortir d’une telle analyse, on pourra présenter sa candidature, son profil et son positionnement d’une façon nettement plus percutante, ouvrant en grand le champ des possibles.

(*) Bernard Alvin
Il est à la tête de son propre cabinet, Bernard Alvin Conseil, fondé en 1995 et spécialisé dans l’accompagnement des hommes dans le domaine du développe -ment des potentiels. Bernard Alvin a « coaché » ses premiers cadres et dirigeants dès 1991, faisant figure de pionnier avant que n’arrive la mode du coaching. Cherchant à aller plus loin, il fera émerger le concept de « management vocationnel » à partir de 2005. Il a pratiqué son métier en France métropolitaine, dans les DOM-TOM et dans plusieurs pays dans le monde, dont le Brésil. Il intervient en effet en français, en anglais et en portugais.
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