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Guyane

« On n’envoie pas des fusées dans l'espace depuis un bidonville »

12 avr 2017 | PAR Christophe Grosdidier
La Guyane est peuplée de 252 000 habitants sans aucune homogénéité culturelle. Peut-être l'aspect le plus historique du long mouvement social qu'elle connaît actuellement se situe-t-il dans la découverte progressive d'une conscience guyanaise.


Le chemin de la Guyane vers la reconnaissance nationale de son identité reste encore long. Sur la Guyane pèse, dans l'imaginaire métropolitain, une tragédie qui n'est pas seulement celle de l'esclavage, hélas moins originale, mais l'histoire du bagne. La  France et la Guyane ne peuvent pas faire l'économie d'une analyse, jamais menée, sur cette tragédie. On n'oublie pas 170 000 morts en jetant de la terre dessus. Et l’histoire de Guyane est restée violente. En proportion, de très loin la plus violente de France avec 42 homicides en 2016. C'est justement le sentiment d'insécurité qui a fédéré au départ toutes les adhésions au mouvement social. Avec la création d'un curieux collectif, « Les Cinq cents frères » qui, face à la faillite de l'ordre public, entendent  restaurer la sécurité dans les rues de Cayenne. L'irruption de quelques-uns d'entre eux, le 17 mars, devant Ségolène Royal, a signé le début de leur notoriété. Une semaine plus tard, d'autres collectifs et syndicats s'étaient agrégés aux « Cinq cents frères », barrant les routes, paralysant l'économie, fermant les écoles, étendant la liste de leurs doléances à tous les secteurs. Plusieurs décennies d'un sentiment d'abandon étaient en train de s'exprimer, et la rancœur n'est pas encore épuisée.
 

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