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Sommet États-Unis/Afrique : Washington veut rattraper son retard

7 aoû 2014 | PAR AFP | N°289
« Le capital est une chose. Les programmes de développement sont une chose. Mais l’État de droit est encore plus important. Les gens doivent être capables d’envoyer des biens sans payer un pot-de-vin ou embaucher le cousin de quelqu'un ». - US-Africa Business Forum
Lors d’un sommet USA-Afrique qui s’est tenu à la Maison Blanche les 5 et 6 août, le président américain a annoncé la mobilisation de plus de 33 milliards de dollars (aide publique et investissements privés) et appelé au renouvellement de l’AGOA.

« Les États-Unis investissent massivement, sur le long terme, dans le progrès en Afrique », a assuré M. Obama, lors du sommet États-Unis/Afrique qui a réuni plus de 40 chefs d’État et de gouvernement africains dans la capitale fédérale américaine.
Washington, qui espère refaire une partie de son retard sur l'Europe et la Chine, a du chemin à parcourir. M. Obama a rappelé que les échanges des États-Unis avec l'ensemble du continent africain étaient équivalents à ceux réalisés avec le seul Brésil. « Sur l'ensemble des produits que nous exportons à travers le monde, seuls 1 % vont vers l'Afrique sub-saharienne », a-t-il précisé.
Mettant en avant, devant un parterre de dirigeants et d'hommes d'affaires, « de nouveaux engagements » de 33 milliards de dollars au total, le président américain a annoncé que des entreprises américaines - Marriott, Coca-Cola et General Electric notamment - s'étaient engagées sur des investissements d'un moment total de 14 milliards de dollars dans les secteurs de l'énergie, de l'eau, de l'hôtellerie, de la construction, de la banque ou encore des technologies de l'information.
Le secteur privé a aussi augmenté ses promesses d'investissements dans le cadre du programme Power Africa, qui vise, à terme, à doubler l'accès à l'électricité en Afrique subsaharienne.
Au total, en prenant également en compte les apports de la Banque mondiale et du gouvernement suédois, 26 milliards de dollars sont désormais mobilisés sur ce projet.
L'administration américaine, qui bénéficiera d'une enveloppe supplémentaire de 7 milliards de dollars pour la promotion des exportations, et les géants de l'industrie espèrent tisser des liens économiques solides avec l'une des régions les plus prometteuses de la planète en termes de croissance. Le Fonds monétaire international table sur un taux de  % en 2015. Le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew rappelé que l'Afrique était « la deuxième région du monde en plus forte croissance économique ».
Après avoir mis en avant les chiffres, M. Obama a longuement insisté sur la responsabilité pesant sur les épaules des dirigeants africains: « Aussi cruciaux que soient ces investissements, la clé de la prochaine ère de croissance en Afrique ne se trouve pas ici aux Etats-Unis, mais en Afrique », a-t-il martelé.

LE RENOUVELLEMENT DE L’AGOA N'EST PAS ASSURÉ

« Le capital est une chose. Les programmes de développement sont une chose. Mais l’État de droit est encore plus important. Les gens doivent être capables d’envoyer des biens sans payer un pot-de-vin ou embaucher le cousin de quelqu'un », a-t-il lancé.
Le président américain s'est également dit confiant dans le « renouvellement et la modernisation » du principal outil d'échanges entre l'Amérique et l'Afrique : l'AGOA (African Growth and Opportunity Act). Lancé sous la présidence de Bill Clinton, ce programme américain accordant des avantages commerciaux à certains produits africains expire fin 2015.
Barack Obama souhaite voir voter par le Congrès le renouvellement de cet accord de libre échange. Le président des États-Unis se dit persuadé que, sur ce sujet, démocrates et républicains vont trouver un accord, ce qui est extrêmement rare en cette période de campagne électorale.
« Il est clair que l'Afrique de 2014 n'est pas l'Afrique de 2000 », a reconnu le représentant américain au Commerce, Michael Froman. « Beaucoup d'entre vous se détournent de ce système unilatéral d'avantages et scellent des accords avec des partenaires commerciaux, comme le fait l'Union européenne ».

 

AGOA : L’AFRIQUE DU SUD VEUT UNE PROLONGATION DE QUINZE ANS

« Notre point de vue est très similaire à celui des pays africains éligibles à l'AGOA. Nous pensons qu’il a été une plateforme de coopération utile entre l'Afrique et les États-Unis, et nous demandons une prolongation de quinze ans. » Rob Davies, ministre sud-africain du Commerce, s’est exprimé sur le sujet quelques jours avant le sommet USA-Afrique qui n’a pas apporté de réponse précise. Le président américain s’est prononcé en faveur d’un renouvellement sans évoquer de durée.
« En ce moment même, nous plaidons pour l'inclusion de l'Afrique du Sud », a relevé Rob Davies alors que son pays pourrait être exclu d'un accord renouvelé s'il était considéré comme étant trop riche. « L’un des points que nous avons soulevés est : quelle sera la solution si nous nous retrouvons exclus ? Avec la SACU (Union douanière d'Afrique australe avec le Botswana, le Lesotho, la Namibie et le Swaziland - Ndlr), nous avons exploré la possibilité d'un accord de libre-échange et nous avons tous décidé, États-Unis compris, que ça ne marcherait pas vraiment. » Une sortie de l'Afrique du Sud de l'AGOA ne serait pas une catastrophe, selon le ministre sud-africain du Commerce, mais elle aurait sans doute des conséquences négatives sur l'emploi, dans un pays où le chômage frappe officiellement un adulte sur quatre, mais beaucoup plus selon les observateurs avertis.
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