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Hydrô Réunion veut remettre à flot la filière aquacole en multipliant les espèces

1 juil 2016 | PAR Philippe Stéphant | N°310
Mickaël Rougemont, directeur de l’association Hydrô Réunion : « Nous recherchons continuellement de nouvelles espèces de poissons pour tous les microclimats de La Réunion. » Philippe Stéphant
La relance de l’aquaculture réunionnaise passe par la diversification des productions et le développement de l’aquaponie. Les débouchés ne manquent pas pour les porteurs de projet.

Le « tilapia », premier poisson d’élevage en eau douce dans le monde, surclasse la production de viande bovine aux Etats-Unis. Les perspectives mondiales de consommation le placent, à court terme, en première place devant le poulet. « Il y aura donc une pression des importations et il faut que nos éleveurs soient bien positionnés dans les années qui viennent », annonce Mickaël Rougemont, directeur général d’Hydrô Réunion. Renommée en septembre 2015, l’association est un centre de ressources technologiques, financé par la Région Réunion, pour l’étude, la valorisation et la gestion durable des ressources aquatiques tropicales. « Notre mission, en ce qui concerne l’aquaculture, est de développer de nouvelles filières de production en assurant la prise en charge du transfert de technologie au secteur privé qui doit rester indépendant et maître de son destin », appuie Mickaël Rougemont. Mise à mal, ces dernières années, la filière aquacole réunionnaise ne répondait plus à la demande du marché, produisant moins de 20 tonnes en 2014. « La filière compte sept producteurs et de nouveaux projets d’installation. Le premier objectif est d’atteindre un volume de 100 tonnes pour La Réunion. En 2016, nous atteindrons environ 60 tonnes, dont 20 tonnes de truite et plus de 40 tonnes de tilapia », précise Mickaël Rougemont. En appui aux éleveurs, Hydrô Réunion, qui emploie 32 collaborateurs, chercheurs inclus, dans ses différentes missions, produit des alevins de 1 gramme en travaillant à une diversification des espèces. 
 

Olivier Dutartre, responsable de la station aquacole d’Etang-Salé : « Nous devons pérenniser la filière « gueule rouge » et « tilapia » et diversifier la production. »
Olivier Dutartre, responsable de la station aquacole d’Etang-Salé : « Nous devons pérenniser la filière « gueule rouge » et « tilapia » et diversifier la production. »  Philippe Stéphant
 

DÉVELOPPER L’OMBRINE, L’ESTURGEON ET L’ANGUILLE

En 2012, le prégrossissement de juvéniles de 300 grammes, sur le site de l’ex-Arda (Association réunionnaise pour le développement de l’aquaculture), à Etang-Salé, avait été transféré aux éleveurs. Ce qui n’avait pas pleinement réussi, créant un déficit en volume. « Pour restructurer la filière, nous relançons la production de carpes, qui était à l’abandon, et nous multiplions le nombre et la diversité des poissons, informe Olivier Dutartre, responsable de la station aquacole d’Etang-Salé. Nous devons pérenniser la filière « gueule rouge » et « tilapia » et diversifier la production avec l’ombrine, l’esturgeon et l’anguille, sur lesquels nous travaillons. Plus il y aura de variétés, plus les ventes évolueront. » Déployée sur un hectare, la station aquacole a longuement expérimenté l’élevage en aquaponie qui conviendrait à de nombreux porteurs de projets. « Une production maraîchère hors-sol se nourrit des rejets de l’aquaculture, transformés en nitrate par des bactéries. L’eau, étant filtrée par les plantes, est propre à reproduire le cycle », décrit Olivier Dutartre. Économe en surface, avec des rendements performants, la méthode est même exploitée par des restaurateurs dans certaines régions. Un élevage en aquaponie existe à Mafate et d’autres devraient suivre. « Nous recherchons continuellement de nouvelles espèces de poissons pour tous les microclimats de La Réunion, y compris les Hauts. Notre ambition est d’accompagner, par la formation, la professionnalisation et l’innovation, tous les porteurs de projets qui sont prêts à investir, disposant d’un peu de terrain », révèle Mickaël Rougemont. 

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Hydrô Réunion veut remettre à flot la filière aquacole en multipliant les espèces

Le « tilapia », premier poisson d’élevage en eau douce dans le monde, surclasse la production de viande bovine aux Etats-Unis. Les perspectives mondiales de consommation le placent, à court terme, en première place devant le poulet. « Il y aura donc une pression des importations et il faut que nos éleveurs soient bien positionnés dans les années qui viennent », annonce Mickaël Rougemo...