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Village by CA : « un éco-système au service des talents réunionnais »

1 juin 2017 | PAR Benjamin Postaire | N°320
Le Village by CA de Paris. C’est la première fois en France qu’une banque et de grands groupes s’associent pour créer un lieu et un réseau uniques, entièrement tournés vers le développement économique des jeunes entreprises et la création de projets innovants. DR
C’est le 23 mai dernier que le Village by CA Réunion a été inauguré dans sa version éphémère. D’ici deux ans, ce projet ambitieux porté par le Crédit Agricole prendra sa forme définitive sur un espace de 5 000 mètres carrés en plein cœur de la Technopole, à Saint-Denis.


« Notre force, en tant qu’acteur privé, est d’être flexible et agile. » Christian Valette, directeur général du Crédit Agricole mutuel de La Réunion, sait de quoi il parle. À l’initiative du Village by CA Réunion, il se souvient : « En août 2015, on a proposé le projet, six mois plus tard on le lançait officiellement avec un financement de 15 millions d’euros. » Peu d’acteurs peuvent en effet se targuer d’être aussi réactifs. Plutôt une bonne chose lorsqu’on cherche à accompagner des start-ups, par essence dynamiques et aux besoins multiples. « Notre mission, c’est d’accompagner en format variable », complète Christian Valette.
Directrice générale du Village et par conséquent « maire » de celui-ci, Elisabeth Peguillan poursuit la démonstration : « Notre approche est basée sur la souplesse, offrir le meilleur environnement possible pour que ces entreprises, ces projets, puissent se développer. » Concrètement, le Village by CA, c’est une offre d’hébergement complète, de la connexion internet à l’imprimante, des bureaux disponibles 24 heure sur 24 et 7 jours sur 7, le tout pour un tarif compris entre 190 euros et 450 euros en fonction du nombre de personnes dans l’entreprise. 

UN BUREAU À LONDRES OU À NEW YORK POUR SA START-UP ?

Mais surtout, intégrer le Village by CA, c’est intégrer un réseau, une communauté. « Il y a aujourd’hui 267 start-ups accompagnées dans toute la France avec lesquelles il est possible de communiquer via un site dédié, explique Elisabeth Peguillan. C’est aussi la possibilité d’avoir des relais dans plusieurs grande villes dans le monde. » Des conditions de travail de multinationales quand on lance sa boîte à La Réunion. Qui dit mieux ? 
Localement, le réseau Village by CA, est constitué, en premier lieu, de partenaires. « Ils sont présents à nos côtés car ils ont une réelle envie de s’impliquer, explique Christian Valette. Au-delà de leur participation, financière ou en nature, ils auront la possibilité de pénétrer le Village, de tester des solutions, d’impulser des idées, d’apporter leurs connaissances métier. Le slogan du Village c’est ‘coopérer pour inno ver’, nous devons tous nous nourrir des autres. » Créer une coopération, une interaction entre les acteurs du Village est un enjeu majeur.
 

Inauguration le 23 mai du Village by CA dans sa version « éphémère ». De gauche à droite : Gérald Maillot, président de la Cinor (Communauté intercommunale du nord de La Réunion), Elisabeth Peguillan, maire du Village, Karl Técher et Christian Valette, respectivement président et directeur général de la Caisse régionale du Crédit Agricole.
Inauguration le 23 mai du Village by CA dans sa version « éphémère ». De gauche à droite : Gérald Maillot, président de la Cinor (Communauté intercommunale du nord de La Réunion), Elisabeth Peguillan, maire du Village, Karl Técher et Christian Valette, respectivement président et directeur général de la Caisse régionale du Crédit Agricole.   Guillaume Foulon
 

UN FONDS DE SOUTIEN À L’INNOVATION

En plus de la coopération, le Village by CA, c’est aussi la complémentarité. « Il y a de nombreux dispositifs d’accompagnement ou de financement à destination des porteurs de projets, nous souhaitons avant tout être complémentaires des autres outils, être une brique de plus », précise Christian Valette. Une brique, certes, mais de taille. Outre son Village de 5 000 mètres carrés et à 15 millions d’euros, le Crédit Agricole a créé un Fonds de soutien à l’innovation doté de 400 000 euros. « Les banques ne sont pas adaptées pour prêter aux start-ups, explique Christian Valette. C’est pourquoi nous avons préféré créer un fonds et faire, en quelque sorte, des dons. » De la souplesse, des moyens et « un engagement à long terme, précise le banquier. Nous sommes une banque mutualiste, nous appartenons au territoire et voulons nous inscrire dans un cercle vertueux en nouant des relations de proximité ». 
L’objectif est de créer de la valeur et des emplois, lever les freins à l’innovation et mettre tout un éco-système au service des talents réunionnais », conclut Elisabeth Peguillan. 

LES PREMIÈRES START-UPS ONT INVESTI LE VILLAGE
Le Village by CA inauguré le 23 mai n’est qu’une version « bêta » avec 520 mètres carrés d’espaces de travail aménagés qui devraient accueillir une dizaine de start-ups. Un investissement d’un million d’euros. La version définitive, qui devrait être livrée début 2019, vise 40 à 50 start-ups. Figurant parmi les premiers startupers a intégrer le Village by CA, Charles-Henri Léar et Côme Landivier, respectivement à la tête d’Aolyz et d’Avokar. Deux créateurs d’entreprises et deux voies bien distinctes pour arriver jusqu’au Village. Charles-Henri Léar a suivi un parcours assez « classique » puisque son projet était déjà incubé à la Technopole. « Intégrer le Village est une continuité », admet-il. Pour Côme Landivier, c’est bien différent. « C’est ma conseillère au Crédit Agricole qui m’a aiguillé vers le Village by CA quand je lui ai parlé de mon projet », explique-t-il. Renseignements pris, il a rapidement souhaité s’y installer. Deux parcours mais aussi deux projets bien différents avec, néanmoins,un dénominateur commun : un fort potentiel de développement au plan national ou international. Charles-Henri Léar a des vues sur l’Afrique avec son système novateur de production et de stockage d’énergie propre pendant et après les cyclones, destiné à remplacer les groupes électrogènes. Quant à Côme Landivier, avocat au barreau de Saint-Denis et spécialiste en droit routier, il se présente comme défenseur de la « sauvegarde du permis de conduire » et ambitionne de développer sa solution Avokar sur tout le territoire national. « C’est pourquoi la possibilité d’avoir accès aux différents Village by CA dans toute la France est un vrai plus pour mon projet. » Et puis,  selon les deux startupers, « le Village peut permettre de créer des projets communs. En quelques échanges, il y a déjà quelques idées qui ont germé ». L’aventure commence.
UN RETOUR SUR INVESTISSEMENT
Le premier Village By CA a été créé à Paris en 2014, suivi de six autres à Lille, Orléans, Châteaudun, Caen, St Brieuc et Toulouse. Une vingtaine d’autres Villages verront le jour en régions d’ici la fin de l’année 2017. Le Village dispose de relais dans 25 villes majeures dans le monde (New-York, Londres, Moscou, Shanghai, Séoul, Tokyo, Singapour…) afin d’aider les start-ups dans leur développement à l’international. C’est la première fois en France qu’une banque et de grands groupes s’associent pour créer un lieu et un réseau uniques, entièrement tournés vers le développement économique des jeunes entreprises et la création de projets innovants. Pour le Crédit Agricole, il ne s’agit pas d’une action purement philanthropique, mais d’un véritable projet économique qui, comme tel, vise un retour sur investissement. « Nous faisons la case Tomi des start-ups », aiment à dire les dirigeant de la Caisse réunionnaise. Maurice Tomi, d’origine mauricienne, avait lancé à La Réunion dans les années 60 un nouveau concept d’habitation livrée en kit, accessible aux foyers à très faibles revenus. À l’époque, on disait qu’une case Tomi pouvait s’acquérir pour le prix de quatre œufs par jour. Pour la petite histoire, il faut savoir que ce projet avait été monté en collaboration avec Jean de Cambiaire, alors directeur de la Caisse régionale du Crédit Agricole de la Réunion. Autre clin d’œil à l’Histoire, le Village by CA se situe à la Technopole dans la rue Maurice Tomi. Mais aujourd’hui, on est plutôt à « quatre douzaines d’œufs par jour ». Et le retour sur investissement passe par des entreprises partenaires. Elle sont huit à l’heure actuelle (groupe Dijoux, Urcoopa, Locate, Zeop, Ravate, Optimum, Sogecore et Bureau Vallée) et devraient être une vingtaine au final.  
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