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Raphaël Buhot, directeur général délégué : « La cité des arts est dans une démarche entrepreneuriale de service public »

« Le mécénat est un levier de développement et d’optimisation financière. On oublie souvent que la culture a son poids dans l’économie et représente 3,2 % du PIB. » DR
Équipement unique dans l’océan Indien, la Cité des Arts, ouverte depuis janvier 2016, est gérée par la SPL Territo’Arts avec pour actionnaires la Communauté intercommunale du nord de La Réunion (Cinor) et ses communes membres. Son directeur général délégué nous rappelle sa vocation et l’intérêt de son statut.

L’Eco austral : En quoi la SPL est un modèle pertinent pour la gestion de cet équipement ? 
Raphaël Buhot
: Ce statut nous permet de concilier la souplesse de gestion de droit privé d’une société anonyme avec une gouvernance publique forte au service des citoyens. La réactivité de la SPL est nécessaire et efficace pour l’activité culturelle, car la temporalité d’action de la collectivité n’est pas adaptée à notre activité qui fonctionne sept jours sur sept, souvent le soir, et fait appel à des intermittents du spectacle (plus de 10 000 heures de travail d’intermittents du spectacle en 2017).

Est-ce un budget important ?
Le coût annuel de fonctionnement de la structure est de 3,8 millions d’euros, financés à 75 % par la Cinor, en contrepartie des missions déléguées de service public, et à 25 % par les recettes générées par nos différentes activités, comme la billetterie (200 000 euros), la location d’espaces (400 000 euros) et les partenariats divers (350 000 euros). Notre équipe est composée de 30 salariés permanents et deux mandataires sociaux, le P-DG René Louis Pestel et moi-même, directeur général délégué. 

Quelle est la mission  de la Cité des Arts ?
Elle est double. La première est d’accompagner le développement de la filière de la production artistique à La Réunion, d’être un incubateur de projets artistiques quelle que soit la discipline, musique, danse, arts visuels, arts plastiques… Jusqu’à présent, il n’y avait pas sur l’île de lieu culturel qui soit principalement dédié à la création tous arts confondus. Nous accueillons des équipes artistiques tout au long de l’année. La seconde mission est la diffusion artistique dans une démarche de démocratisation culturelle ; faire en sorte que les artistes et les œuvres rencontrent le public le plus large. Cela se fait sur place à travers nos différents espaces, mais également hors les murs. Une vingtaine d’actions hors les murs ont eu lieu en 2017, notamment en partenariat avec les bailleurs sociaux. 

Vous allez mettre en place un fonds de dotation en mécénat. Pourquoi ?
Nous nous positionnons dans une démarche entrepreneuriale de service public, notamment pour faire face aux contraintes budgétaires et au tassement des financements publics du secteur culturel. L’objectif est d’atteindre un budget de 4 millions d’euros avant 2020 et pour ce faire, il est nécessaire de diversifier les partenariats publics et privés avec la mise en place d’un fonds de dotation en mécénat, une structure adossée avec une forte incitation fiscale (les dons en mécénat sont défiscalisables à hauteur de 60% pour les entreprises). L’objectif est de mobiliser des fonds privés pour aider à financer des bourses d’aide à la création, à l’export, à la représentation de spectacles… Le mécénat constitue un levier de développement et d’optimisation financière. 

UN ÉQUIPEMENT GÉRÉ PAR LA SPL TERRITO’ARTS
La Cité des Arts, une véritable ville dans la ville avec ses deux hectares et ses 6 000 m² de locaux, installés sur ce qui était à l’origine une friche industrielle. Après cinq ans d’études et de travaux, 23 millions d’euros d’investissement public (dont 15 millions émanant de la Communauté intercommunale du nord de La Réunion (Cinor) et 8 millions de la ville de Saint-Denis, la Région et l’État), elle a ouvert ses portes au public en janvier 2016. Elle a accueilli 3 000 artistes sur l’année 2016 et 90 000 spectateurs et visiteurs. Dotée d’un capital social de 300 000 euros, la SPL Territo’Arts est détenue par la Cinor à 50 % et par ses communes membres, Saint-Denis (25 %), Sainte-Marie (14,5 %) et Sainte-Suzanne (10,5 %).
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