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L’industrie mauricienne doit réussir sa mutation

1 mar 2018 | PAR La rédaction | N°327
Créée il y a 60 ans comme alternative à l’importation de gaz carbonique alimentaire d’Afrique du Sud pour l’embouteillage des boissons gazeuses, Gaz Carbo est aujourd’hui un acteur majeur dans la production, l’importation et la distribution de gaz pour l’alimentation, la santé et l’industrie. Davidsen Arnachellum
Faisant face à la fois à l’étroitesse du marché et à une rude concurrence des produits importés, certaines entreprises mauriciennes font preuve d’ingéniosité pour transformer ces difficultés en opportunités. Non sans mal.

Il y a cinquante ans, le tout jeune État nouvellement indépendant misait sur l’industrie de substitution. Il s’agissait de fabriquer sur place ce qui s’importait auparavant : huiles, savons, boissons, chaussures, meubles… Longtemps protégées par la zone franche manufacturière, ces entreprises ont subi à la fois l’abolition de nombreuses taxes (en 2006) et surtout le choix stratégique de l’État d’aller vers une économie de services. De fait, aujourd’hui, elles font face à une concurrence de plus en plus rude. Ces Domestic Oriented Enterprises (DOE), qui emploient 55 000 personnes, se retrouvent plombées par une chute des exportations de 0,8 % en 2015 et de 8 %en 2016.  
Face à cela, l’Association of Mauritian Manufacturers (AMM), qui regroupe les principaux industriels, réclame que ses concurrents extérieurs soient soumis aux mêmes normes internationales que les entreprises locales (qui ont souvent investi lourdement pour cela). Parallèlement, les sociétés dédiées à l’exportation, les Export Oriented Enterprises (EOE), ont la cote. Mais en cas de crise, ces industries n’hésitent pas à délocaliser leurs opérations pour maintenir leur marge de rentabilité et leur productivité. Ce fut le cas du secteur textile…Face à ces défis, la stratégie adoptée a été de restructurer, avec l’aide de l’État, l’ensemble des activités productrices. Il s’agit de créer une masse critique répondant au potentiel des marchés internationaux comme celui de l’Afrique. Mais toutes les conditions à l’export ne sont pas idéales. Le coût et la disponibilité du fret régional pénalisent les produits « Made in Moris ». La solution ? La mise en place en Afrique de l’Est, par l’AMM et le Mauritius Freeport Development, d’une plate-forme d’éclatement pour les produits mauriciens… 
 

Selon Business Mauritius, la voix du secteur privé, l’écosystème industriel doit être complètement revu et cela représenterait un investissement de 10 milliards de roupies (250 millions d’euros).
Selon Business Mauritius, la voix du secteur privé, l’écosystème industriel doit être complètement revu et cela représenterait un investissement de 10 milliards de roupies (250 millions d’euros).  Davidsen Arnachellum
 

RÉVISION DE L’ÉCOSYSTÈME INDUSTRIEL

L’export n’est pas le seul enjeu de l’industrie mauricienne. La question énergétique est aussi stratégique. Aussi, des entreprises misent sur des solutions durables de production énergétique avec des panneaux solaires et/ou du recyclage des déchets et des eaux usées. Cela implique une révision de l’écosystème industriel qui nécessite un investissement de 10 milliards de roupies (250 millions d’euros).
L’autre enjeu réside dans la qualité des ressources humaines disponibles. L’État a donc décidé d’ouvrir trois écoles polytechniques pour répondre aux nouveaux besoins de l’industrie. Enfin, la transition des entreprises mauriciennes passe également par la robotique et le digital. Elles se doivent d’investir aussi bien dans les équipements que dans l’humain, avec une adaptation systématique aux nouvelles technologies, mais aussi dans la création de nouveaux postes et la mise en place de programmes de formation. Tout cela vise à créer une nouvelle « race » de travailleurs dans le secteur productif mauricien, capables de relever les défis d’aujourd’hui et surtout de demain.

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L’industrie mauricienne doit réussir sa mutation

Il y a cinquante ans, le tout jeune État nouvellement indépendant misait sur l’industrie de substitution. Il s’agissait de fabriquer sur place ce qui s’importait auparavant : huiles, savons, boissons, chaussures, meubles… Longtemps protégées par la zone franche manufacturière, ces entreprises ont subi à la fois l’abolition de nombreuses taxes (en 2006) et surtout le choix stratég...