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Maurice

Les ressources humaines, la clé du rebond

1 mar 2018 | PAR La rédaction | N°327
Longtemps fr de lance de l'économie locale, le secteur de l"hôtellerie connait une désaffection de la jeunesse. L'École Hôtelière Sir Gaëtan Duval tente d'y répondre en proposant des cursus collant davantage aux demandes du secteur. Davidsen Arnachellum
La problématique des ressources humaines constitue l’un des principaux défis aux ambitions de Maurice. L’une des solutions est sans aucun doute la montée en gamme et l’appel aux compétences extérieures…

Le décollage économique de Maurice s’explique en partie par une main d’œuvre peu chère, assez qualifiée, et abondante. Or, les données ont changé. Face à la concurrence, l’île cherche de nouveaux moyens de se différencier, mais doit faire face à l’inadéquation entre l’offre et la demande sur le marché du travail.
Alors que le taux de croissance des arrivées touristiques a dépassé depuis deux ans les 10 %, il manque 2 000 postes dans l’hôtellerie mauricienne. Le secteur subit à la fois une concurrence locale (entre hôteliers) mais aussi internationale avec les croisiéristes qui pillent les effectifs. Et surtout, il n’attire plus les jeunes. Cette situation compliquée, beaucoup de secteurs de l’économie locale la subisse…
À cela s’ajoute la fuite des cerveaux. Selon la prestigieuse revue américaine Harvard Business Review, 41 % des diplômés mauriciens quittent leur pays pour se rendre dans l’un des 35 pays, développés pour la plupart, de l’Organisation de coopération et de développement économiques  (OCDE). Sans oublier évidemment  les conséquences de l’achèvement de la transition démographique avec une baisse de la natalité et un vieillissement de la population… 
 

Laboratoires Quantilab
Maurice veut faire des biotechnologies, comme ici avec le laboratoire accrédité et indépendant QuantiLAB, spécialisé dans les expertises et analyses de polluants dans le secteur agroalimentaire.  Davidsen Arnachellum
 

L’APPEL AUX RESSOURCES EXTÉRIEURES

Pour pallier ces déficits en ressources humaines, l’île veut assouplir sa politique migratoire afin d’attirer des étrangers et des Mauriciens de la diaspora aux profils techniques très pointus. Cette question migratoire est assez épineuse car le taux de chômage stagne à 8 % avec un jeune sur quatre qui se trouverait sans emploi. Même les diplômés ne sont pas épargnés. 
Mais pour attirer cette main d’œuvre très recherchée, les autorités doivent revoir les modalités de délivrance du permis de travail. Ce dernier doit aller de pair avec une mise à plat de mesures d’accompagnement comme l’octroi d’un permis de travail pour le (la) conjoint(e), ce qui n’est pas encore le cas, ou l’assouplissement de l’accès à la propriété foncière. Cet apport de sang neuf est primordial car le déficit de personnel freine les ambitions de Maurice. L’île fait donc face à un problème quantitatif mais également qualificatif de la main-d’œuvre. L’une des solutions pour contourner cette problématique est la montée en gamme. Il s’agit tout simplement de se réinventer et de viser des activités à plus forte valeur ajoutée. À l’exemple de l’industrie textile qui, face à la concurrence asiatique à bas coûts, a abandonné la production de masse pour aller sur des marchés de niche à plus forte valeur ajoutée. 
Cette stratégie passe par un effort considérable dans la formation initiale et tertiaire, mais aussi dans le secteur de la recherche et développement (R&D). C’est ainsi que l’État, par l’intermédiaire de l’Université, veut s’appuyer sur ce que l’on appelle la « triple hélice » (Triple Helix). Cette théorie économique conçue au début du XXIe siècle par deux professeurs, Henry Etzkowitz (Université de Newcastle) et Loet Leydesdorff (Université d’Amsterdam), vise à multiplier les interactions entre l’Université, les entreprises et l’administration publique afin de générer des dynamiques d’innovation capables de créer de nouveaux types d’emplois. L’avenir est plus que jamais à inventer. 

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