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Afrique francophone

Nouvel eldorado selon la Standard Bank

12 mai 2014 | PAR African Press Organization
La Standard Bank veut s'appuyer sur la Côte d'Ivoire pour pénétrer l'Afrique francophone.

Selon les responsables du plus important groupe bancaire africain par ses actifs et ses revenus, cette zone est en effet appelée à connaître un boom des investissements dû à l'attractivité  de ses richesses minières. La Standard Bank a ouvert en novembre dernier un bureau à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, pour desservir ses 145 gros clients implantés dans cette sous-région qui exercent dans les secteurs de l'exploitation minière, du pétrole et du gaz, des infrastructures, de l'électricité et de l'énergie et des biens de consommation. Ces secteurs connaissent une croissance rapide. Le choix de la Côte d'Ivoire s'explique également par le fait que ce pays appartienne à l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette organisation intergouvernementale comprend le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Togo soit un marché de 80 millions de personnes.
 « Notre bureau en Côte d'Ivoire va servir de tremplin pour pénétrer cette région. Si l'Afrique de l'ouest francophone est moins connue des Sud-Africains, elle ne peut être ignorée compte tenu de son potentiel économique ! », assure Greg Goeller, le responsable Afrique de l'Unité corporative et Investissement de la Standard Bank. « Cette région possède tous les atouts pour bénéficier du prochain boom mondial dans les secteurs des mines et des infrastructures, qui favorisera à son tour la croissance économique des autres branches. D'ailleurs, nos clients y renforcent leur présence. Notre intention est de les y accompagner ».
 La Côte d'Ivoire apparaît, au terme de deux décennies de guerre civile, comme l'une des économies d'Afrique ayant la plus forte croissance. Le pays s'appuie sur les investissements massifs dans les infrastructures, à ses ressources naturelles, à son secteur agricole, le pays avec 40% de la production mondiale de cacao est le premier producteur de la planète et à son marché de consommation qui émerge rapidement. Le neuvième plus grand pays de l'Afrique subsaharienne a l'économie africaine francophone la plus vaste et la plus diversifiée.
 « L'histoire de l'Afrique francophone est réellement en phase avec celle de la redécouverte des richesses minières de la région, après des années d'instabilité politique et de conflits », assure M. Goeller. « La Côte d'Ivoire est un parfait exemple de la manière dont le potentiel de croissance économique des pays de l'Afrique francophone a pris le pas sur les défis politiques internes », a-t-il ajouté.
Outre les pays constitutifs de l'UEMOA, la Standard Bank prévoit également d'étendre ses opérations aux six nations qui composent la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) qui comprend le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la République du Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon. 
La CEMAC et l'UEMOA regroupent 148 millions d'individus et un produit intérieur brut nominal cumulé de 167 milliards de dollars.

 Selon la Standard Bank, l'Afrique francophone est appelée à connaître un boom des investissements dû à l'attractivité  de ses richesses minières. - DR
Pour Greg Goeller, l'avantage de ces nations réside dans le fait que leur monnaie (les francs CFA d'Afrique de l'ouest et centrale) sont garanties par le Trésor public français et sont adossées à l'euro.

Des monnaies garanties par la France et adossées à l'euro

« Ce qui offre beaucoup plus de stabilité et de sécurité aux investisseurs du point de vue du risque monétaire », souligne le responsable Afrique de l'Unité corporative et Investissement de la Standard Bank. Il précise que bien que les investissements étrangers directs (IED) en Afrique Francophone soient liés au secteur miniers et des ressources, qui compte pour 83,9 % des transactions réalisées au Gabon, en Côte d'Ivoire, au Cameroun, en Guinée, au Sénégal, en Sierra Leone et en République du Congo entre 2008 et 2012, cette situation est appelée à évoluer. La Standard Bank estime que d'autres secteurs, dont le pétrole et le gaz, les infrastructures, les télécommunications, les biens de consommation et l'agriculture, vont attirer de plus en plus d’IDE à mesure que ses économies vont se développer.
Une grande partie de l'Afrique francophone est un terrain d'investissement idéal pour la production d'énergie électrique en raison de sa topographie et de l'abondance de fleuves à débit élevé. Ainsi la Guinée a entamé des négociations avec la China International Water and Electric Corporation en août 2011 pour la construction d'une usine hydroélectrique de 240 mégawatts (MW) à Kaleta, à 150 km au nord-est de Conakry. Le coût de ce projet est estimé à 526 millions de dollars.
 De même, la Côte d'Ivoire a récemment conclu un emprunt de 20 500 millions de dollars auprès de la banque d'import-export chinoise Exim en vue de financer la construction d'une centrale hydroélectrique de 275 mégawatts à Soubré, tandis que l'entreprise privée américaine Joule Investments a accepté d'entamer la phase II du développement de la centrale BHP (Bumbuna Hydroelectric Plant), en partenariat avec le gouvernement de Sierra Leone.
 « Les entreprises sud-africaines et d’autres pays occidentaux, à l'exception de la France, n'ont traditionnellement joué aucun rôle majeur en Afrique francophone. Pourtant, le monde ne peut tout simplement plus se permettre de continuer à ignorer le potentiel de croissance économique de ces pays », conclut Greg Goeller.
 

  • Le groupe Standard Bank

    Le groupe Standard Bank Limited est un des plus gros groupes de services financiers sud-africain. - DR

    Le groupe Standard Bank Limited est un des plus gros groupes de services financiers sud-africain. Il est actif dans 38 pays dont 18 en Afrique. Son bilan consolidé s'établissait au 31 décembre 2011 à 183 milliards de dolars. Son siège se situe à Johannesbourg. Historiquement, c'était la filiale nommée Standard Bank of South Africa qui appartenait à la banque britannique Standard Bank.

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