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Olivier Bajard fait du logement social créatif

« Nous considérons que notre métier, c’est le développement économique et social, pour que les habitants de nos quartiers connaissent une trajectoire ascendante et que cela soit un début et non pas une fin. » Philippe Stéphant
Passionné d’action solidaire, le directeur général de la SHLMR (Société d’habitations à loyers modérés de La Réunion) privilégie la qualité du logement et la création d’activités pour que la vie dans les quartiers soit une trajectoire ascendante.


L’opération « Villas d’utilité durable » de la SHLMR a fait partie des lauréats 2016 du Prix d’architecture de La Réunion. Un prix organisé par le Conseil régional de l’Ordre des architectes et la Maison de l’architecture, en partenariat avec la Dac-OI, la Région Réunion, Cancé, CMOI, GTOI, Mauvilac, PRB, SBTPC, Teralta et Le Quotidien de La Réunion. Il s’agit de 74 logements locatifs sociaux ou en accession à la propriété, au Guillaume Saint-Paul. « Le concept, retenu par le cabinet Néo-Architectes, maître d’œuvre de l’opération VUD, est né d’une approche humaniste. Particulièrement beau et bien conçu, avec des varangues qui se changent en jardins d’hiver, permettant de stocker la chaleur du jour », décrit Olivier Bajard, directeur général de la SHLMR qui considère ses locataires comme des clients. 

UN ANCIEN D’EDF QUI A DÉCOUVERT SA VOCATION

« Le logement social ne doit pas être d’une moindre qualité. C’est dans nos quartiers que se prépare notre avenir et si nous ne faisons pas en sorte que les habitants s’y sentent dignes et respectés, nous ne remplissons pas notre mission de bailleur social. » En prenant, à 42 ans, la direction de la SHLMR, en 2015, Olivier Bajard renoue avec ses jeunes années dans les banlieues lyonnaises et le quartier des Minguettes où vivaient certains de ses proches. « J’ai toujours porté un regard intéressé sur le logement social et j’ai tout de suite saisi cette opportunité de rejoindre la SHLMR. J’y ai pris la mesure d’une fabuleuse mission et je suis tombé amoureux de cette entreprise », s’enthousiasme Olivier Bajard. Ayant effectué sa carrière au sein d’EDF (Electricité de France), en Métropole, il avait rejoint La Réunion en 2011 en tant que directeur adjoint d’EDF SEI (Système électrique insulaire).  

À L’ÉCOLE DE LA SOLIDARITÉ

Une grande sensibilité pour la relation client, ainsi que son expérience professionnelle et sa connaissance du tissu économique réunionnais ont été déterminants dans le choix du recrutement d’Olivier Bajard.
Une année sabbatique consacrée au voyage a peut-être infléchi ses orientations professionnelles. « En 2005, avec ma future épouse, nous avons effectué un tour du monde en utilisant les transports en commun, en rencontrant énormément de monde et en pratiquant la plongée sous-marine, raconte Olivier Bajard. À mon retour, je suis devenu « Monsieur Solidarité » pour EDF, à Paris, en relation avec Emmaüs et les Restaurants du Cœur. » Il sera ainsi responsable du département Environnement institutionnel et solidarité jusqu’à son départ pour La Réunion. « La précarité énergétique était au cœur de ma mission et j’espérais avoir, un jour, l’opportunité d’aller plus avant dans l’accompagnement social des familles. » 
Sous son impulsion, la SHLMR met encore plus l’accent sur la proximité et les actions sociales. « Nous devons être présents et accessibles dans les quartiers. Il est possible d’éviter, par le dialogue préventif et la confiance, des situations problématiques et une trentaine de cas d’impayés, voire d’expulsion, chaque année, qui représentent autant d’échecs. » L’animation des quartiers est devenue un axe fort et devient particulièrement médiatique lors d’événements annuels tels que « Master Marmite ». Ce concours culinaire fait entrer la gastronomie au cœur des quartiers en faisant participer les locataires de la SHLMR. En 2016, un restaurant gastronomique éphémère a été installé au cœur d’un groupe d’habitations de Saint-Pierre.

UN DÉBUT PLUTÔT QU’UNE FIN

« Notre stratégie de développement est de construire dans les villes, et au plus près des infrastructures et des bassins d’emplois. Puis d’accompagner les projets des élus et de l’État dans le cadre de contrats de ville, pour améliorer le lien social dans les quartiers. Cette politique de la ville est un enjeu pour chaque commune qui compte sur l’investissement des bailleurs sociaux », souligne Olivier Bajard. Grâce à des actions de proximité, une centaine d’emplois d’insertion ont été créés depuis 2015. Pour le fonctionnement de jardins partagés, pour le déploiement de médiateurs en lien avec les associations de quartier ou encore pour le fonctionnement d’une Web TV à Saint-Gilles, avec formation en audiovisuel, en titre 4, de huit personnes en « contrat d’avenir ». « Nous considérons que notre métier, c’est le développement économique et social, pour que les habitants de nos quartiers connaissent une trajectoire ascendante et que cela soit un début et non pas une fin. » Des quartiers qui accueillent, aujourd’hui, des représentations théâtrales ou deviennent des musées à ciel ouvert.
En 2015, le festival Ville-Musée, dans le quartier de la Rose des Vents, au Port, a donné naissance à sept fresques géantes sur des façades d’immeubles, réalisées par des artistes réunionnais et ˚internationaux

Villas d'utilité durable


VILLAS D’UTILITÉ DURABLE

Confié par la SHLMR au cabinet NEO-Architectes, ce projet décline dans les Hauts de Saint-Paul, au Guillaume, 74 villas d’un étage séparées par des jardins privatifs. Deux types de logement sont proposés : des logements locatifs sociaux et des logements en accession. Les appartements sont tous traversants et comportent des varangues formant des jardins d’hiver pour réchauffer le logement en période hivernale. Les façades sont essentiellement réalisées en maçonnerie, avec bardage ; elles sont rythmées par les varangues ainsi que par les changements de matériaux. La totalité du projet est couvert par des toitures en pente orientées différemment. Cette « pixellisation » des bâtiments apporte une grande diversité à la volumétrie et participe à l’intégration du projet dans son environnement. Quelques toitures végétalisées viennent ponctuer de vert la cinquième façade en apportant un confort thermique supplémentaire aux chambres qu’elles couvrent. Les différences de niveau sont réglées par des talus sur lesquels s’accrochent les maisons, ce qui permet à chacune d’entre elles d’avoir son petit jardin privatif. Un traitement singulier par fascine de goyaviers diminue l’impact des nivellements.
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