Performance

Réunion

Olivier Romulus, « Monsieur logistique » chez Royal Bourbon Industrie : « La Supply Chain cadence notre production »

1 nov 2018 | PAR Ignace de Witte | N°334
La logistique et la gestion des stocks représentent le cœur névralgique de l’activité d’un industriel de l’agroalimentaire comme Royal Bourbon Industrie. D’autant plus qu’il importe des matières premières et exporte des produits finis. Explications…

L’Eco austral : La logistique de Royal Bourbon industrie, cela représente quel volume d’activité ?
Olivier Romulus : Nous avons une soixantaine de fournisseurs extérieurs et nous importons au total environ 300 EVP par an. Dedans, il y a des matières premières mais aussi, par exemple, des boîtes de conserves vides qui doivent respecter les normes européennes, notamment l’interdiction de bisphénol A dans le revêtement intérieur, etc. et que nous faisons venir d’Espagne. 

Devez-vous gérer des stocks importants de matières premières ?
Dans notre dépôt de Saint-Benoît, il doit y avoir quelque chose comme 1 500 palettes. Prenez l’exemple des letchis : en 2017, la saison était mauvaise, heureusement que nous avions du stock ! On procède à la surgélation des produits saisonniers, après transformation, pour pouvoir tenir jusqu’à la prochaine saison. La Supply Chain prend le lead et cadence la production : l’usine ne peut pas produire plus que ce qu’on lui livre. 

Cela revient-t-il cher à gérer, un stock surgelé ?
Chez un prestataire, une palette ordinaire coûte 10/12 euros par mois, contre 22/24 euros pour une palette surgelée. Il y a des techniques pour optimiser le stockage surgelé, comme par exemple les racks coulissants : il n’y a plus d’allées entre les rangées et on diminue ainsi le volume à réfrigérer. 

Royal Bourbon Industrie s’occupe de la livraison chez ses clients ou bien est-ce externalisé ?
Nous avons nos propres chauffeurs et neuf camions pour les livraisons (GMS, collectivités, export) mais aussi pour l’approvisionnement. Par exemple, nous allons chercher chaque semaine du sucre chez Mascarin.

La logistique, c’est l’import mais aussi l’export. Est-ce compliqué d’exporter à partir de La Réunion ?
À Mayotte, où nous avons une filiale, nous allons exporter cette année une quinzaine de conteneurs, plus 22 ou 23 conteneurs de jus (Royal Bourbon détient notamment la carte Ceres - NDLR). En métropole, nous travaillons avec deux grossistes et nous leur envoyons une quinzaine de conteneurs également. Nous avons la chance de pouvoir proposer des produits tropicaux « origine France ». Alors, des freins, oui il y en a. Par exemple, un reefer (conteneur réfrigéré - NDLR) coûte 60 euros par jour au Port. Avant, on pouvait le déposer deux jours avant le départ du bateau ; maintenant, ils exigent quatre jours. Cela nous fait 120 euros supplémentaires. 

Olivier Romulus : un profil tout-terrain
Après une école de commerce (ESC Toulouse) et un premier parcours en France, qui lui a permis de créer une agence de communication, il a changé de vie en mettant le cap sur le Sud de Madagascar. À Anakao, près de Tuléar, où il s’est habitué à d’autres contraintes de travail. Un profil tout-terrain qui le prédisposait à la logistique et à la gestion de stocks auxquelles il se consacre à La Réunion. Arrivé dans l’île il y a sept ans, parce que marié à une Réunionnaise, il a commencé en CDD (contrat à durée déterminée) sur le projet Colis Bourbon de Royal Bourbon Industrie, avant de travailler au service marketing d’Orange Réunion. Ensuite, Daniel Moreau, le dirigeant de Royal Bourbon Industrie, l’a rappelé pour lui proposer les achats et la logistique, en lui disant : « Vous verrez, la logistique, c’est principalement une question de bon sens. » Olivier Romulus occupe maintenant ce poste depuis cinq ans.
Réagissez à cet article en postant un commentaire

 

Réunion

Olivier Romulus, « Monsieur logistique » chez Royal Bourbon Industrie : « La Supply Chain cadence notre production »

L’Eco austral : La logistique de Royal Bourbon industrie, cela représente quel volume d’activité ?Olivier Romulus : Nous avons une soixantaine de fournisseurs extérieurs et nous importons au total environ 300 EVP par an. Dedans, il y a des matières premières mais aussi, par exemple, des boîtes de conserves vides qui doivent respecter les normes européennes, notamment l’interdiction de...