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Réunion

Opération séduction réussie pour « La Réunion des cinémas »

1 fév 2018 | PAR Thierry Chateau | N°326
Avec ses paysages uniques et sa diversité culturelle, La Réunion peut faire la différence sur le marché du cinéma international. La présence de professionnels indiens et chinois à cette édition 2017 montre en tout cas son ambition de porter loin son image. DR
Avec « La Réunion des cinémas » 2017, c’est une nouvelle page de la promotion de l’île comme terre de tournages et de productions qui est écrite. Pendant une semaine, du 5 au 12 novembre 2017, l’éductour a réuni plus de participants étrangers que les années précédentes, donné lieu à plus d’activités sur plus de sites, et devrait donc déboucher sur plus de projets.

Comme tout bon film, l’édition 2017 de l’éductour La Réunion des cinémas a commencé par un moment fort : la visite du volcan et de la plaine des Sables. D’entrée de jeu, les participants, vingt producteurs, réalisateurs et scénaristes européens, sud-africains, chinois et indiens, ont pu se faire une idée du potentiel exceptionnel de l’île comme terre de tournage. Un programme séduction d’une semaine qui était organisé pour la quatrième année consécutive par Nexa, l’Agence régionale de développement, d’investissement et d’innovation, l’Agence Film Réunion (AFR), l’Ile de La Réunion Tourisme (IRT) et la Région Réunion. 
Une partie des excursions s’est faite par hélicoptère, ce qui n’a pas manqué d’apporter une touche encore plus spectaculaire à la découverte des sites : l’Étang-Salé, ses plages, sa forêt ; le domaine de Diana Dea et son lodge ; le Jardin des parfums et des épices à Saint-Philippe ; la forêt de Bébour ; le village isolé de Cilaos ainsi que le chef-lieu, Saint-Denis, ses musées et ses belles demeures créoles. En offrant aux visiteurs une palette aussi variée, les organisateurs ont voulu leur montrer à quel point la réputation de La Réunion est justifiée: celle d’une île intense, dotée de paysages uniques et dont la population est riche d’une diversité culturelle venue de plusieurs continents. 

VALORISER LE SAVOIR-FAIRE LOCAL

« L’éductour a pour objectif de véhiculer une image positive de La Réunion et de promouvoir une filière qui a un effet levier sur l’économie », affirme Gaston Bigey, le directeur général de Nexa. Si l’éductour s’adresse aux professionnels du cinéma et de l’audiovisuel qui veulent découvrir l’île, il leur permet aussi de partir à la rencontre des professionnels locaux. Cela permet tout à la fois de valoriser le savoir-faire local, d’impulser des partenariats stratégiques entre les professionnels locaux et internationaux et de renforcer l’image de La Réunion sur le marché du cinéma international.
Après quatre éditions, les éductours présentent un bilan flatteur : ces trois dernières années, quinze productions ont été tournées sur l’île, suites logiques des visites et repérages effectués lors des éditions précédentes. Si celle de 2017 a attiré deux fois plus de participants de l’étranger que d’habitude, elle a surtout permis plus d’interaction entre les producteurs, réalisateurs, auteurs locaux et les invités, à travers conférence, sessions pitch, projections et rendez-vous B2B.
 

Pour Vincent Payet, conseiller régional en charge du dossier cinéma, La Réunion est devenue, grâce à l’éductour, un vivier de talents : « Les producteurs savent désormais qu’il y a de bons professionnels chez nous. »
Pour Vincent Payet, conseiller régional en charge du dossier cinéma, La Réunion est devenue, grâce à l’éductour, un vivier de talents : « Les producteurs savent désormais qu’il y a de bons professionnels chez nous. »  Guillaume Foulon
 

ÉMERGENCE DE PROFESSIONNELS

Une importante conférence sur les moyens logistiques, humains et financiers dont dispose La Réunion en matière d’audiovisuel s’est tenue à l’hôtel Le Récif, à Saint Gilles-Les-Bains. Les professionnels de l’équipement (matériel de studio, caméras, éclairage), représentant dans le département les géants du cinéma que sont Transpalux ou Panavision, ont pu faire valoir leur savoir-faire. Côté formation, l’Institut de l’image de l’océan Indien (Iloi) qui accueille 250 étudiants, continue de contribuer à l’émergence de professionnels locaux, surtout dans le domaine du cinéma virtuel. « Nos formations sont axées sur les demandeurs d’emploi, autrement dit nous préparons des techniciens pour les besoins des productions », a tenu à préciser Alain Séraphine, le fondateur de l’Iloi.
Lors de la conférence, il a surtout été question des leviers de financement des projets. Comme l’a indiqué sa présidente, Estelle Jomaron-Galabert, l’AFR « joue un rôle clé dans le dispositif mis en place par la Région ». Tous les dossiers de demande passent par elle. Si les producteurs peuvent s’adresser à l’AFR pour choisir leurs techniciens, ces derniers peuvent aussi compter sur l’agence pour décrocher un poste. À titre d’exemple, 24 des 51 techniciens engagés en 2017 sur le tournage à La Réunion de la série Scènes de ménage étaient des locaux. Pour Vincent Payet, conseiller régional en charge du dossier cinéma, La Réunion est devenue un vivier de talents et la filière,  « souvent incomprise et critiquée, est en train de changer ».
 

Une conférence sur les moyens logistiques, humains et financiers dont dispose La Réunion en matière d’audiovisuel s’est tenue le 7 novembre 2017 à l’hôtel Le Récif, à Saint Gilles-Les-Bains. Les professionnels locaux de l’équipement comme Transpalux ou Panavision ont pu faire valoir leur savoir-faire.
Une conférence sur les moyens logistiques, humains et financiers dont dispose La Réunion en matière d’audiovisuel s’est tenue le 7 novembre 2017 à l’hôtel Le Récif, à Saint Gilles-Les-Bains. Les professionnels locaux de l’équipement comme Transpalux ou Panavision ont pu faire valoir leur savoir-faire.  DR
 

DES PROJETS QUI SE CONCRÉTISENT

Les réalisateurs et producteurs locaux ont été impliqués pendant toute la durée de l’éductour 2017. Des interactions ont eu lieu lors de projections de films – C’est tout pour moi à Ciné Cambaie, en présence du producteur, et Zombillénium au Cinépalmes en présence des équipes -, mais aussi à travers des séances B2B. Parmi les nouveautés 2017, une session pitch (en plus de l’excursion en solo proposée aux invités étrangers). Cette dernière a eu lieu à la Villa Vanille, à Saint-Leu. Huit professionnels locaux ont pu présenter leur projet de scénario aux invités internationaux. Auteurs, réalisateurs ou producteurs ont, chacun à leur tour, tenté de convaincre les producteurs présents. 
En deuxième partie de séance, chaque invité étranger a pu, à son tour, rencontrer en format B2B un professionnel local pour discuter des possibilités de collaboration. Une interaction qui a eu de quoi réjouir le producteur réunionnais Laurent Médéa, omniprésent pendant toute la durée de l’éductour 2017. « Il y a toujours des projets qui se concrétisent après les éductours (…) Les producteurs savent désormais qu’il y a de bons professionnels à La Réunion et que l’on peut y mettre en place des coproductions. Maintenant, ils vont se rappeler de nous », insiste-t-il.
 

Une partie des excursions à travers l’île s’est faite par hélicoptère, ce qui n’a pas manqué d’apporter une touche spectaculaire au périple. Comme au cinéma, en somme…
Une partie des excursions à travers l’île s’est faite par hélicoptère, ce qui n’a pas manqué d’apporter une touche spectaculaire au périple. Comme au cinéma, en somme… DR
 

CONTACTS FRUCTUEUX

Dès les premiers jours, des discussions entre les participants et leurs collègues réunionnais avaient déjà porté leurs fruits. Le producteur belge Sylvain Goldberg a établi des contacts avec des producteurs locaux.  De son côté, le producteur français Frédéric Corvez qui a un projet autour de la musique réunionnaise, a pu rencontrer la chanteuse Christine Salem. Les producteurs britanniques Maria Manton et Barnaby Spurrier ont, eux, des idées précises qu’ils comptent mettre en pratique. Enfin, Catherine Jean-Joseph, présidente de l’École Miroir et productrice, aimerait monter un projet de formation pour les jeunes talents de La Réunion… 
« Le cinéma est le meilleur vecteur de promotion d’une île », estime la productrice indienne Jaswinder Pabbla. « C’est sûr que je reviendrai », s’enthousiasme la productrice chinoise Ping Jiang. L’année 2018 s’annonce donc sous les meilleurs auspices pour le cinéma réunionnais et pour l’image de l’île en tant que terre de tournages et d’images. Cerise sur ce beau gâteau, les offres de soutien mises en place par la Région à travers l’AFR seront améliorées avec un accent sur la musique locale. « Un nouveau dispositif sera mis en place, en collaboration avec le Centre national du cinéma (CNC), pour prendre en compte le travail des producteurs », précise Vincent Payet. De quoi faire du cinéma un vrai vecteur de développement pour La Réunion.

AIDES INCITATIVES : 14 MILLIONS D’EUROS DÉBOURSÉS
La filière film à La Réunion, ce sont 162 entreprises répertoriées dont le nombre est en augmentation (35 % de plus qu’en 2009), 874 salariés et un chiffre d’affaires de 38,4 millions d’euros. Troisième région de France pour les aides aux projets, 14 millions d’euros y ont été accordés et 500 œuvres y ont été soutenues depuis 2011. La moitié de cette aide va aux longs-métrages. Les mesures de soutien s’adressent à des projets d’écriture, de développement, de production, aux court-métrages, aux maquettes et aux projets multimédia.
- Aide à l’écriture : œuvres de fiction, films d’animation, documentaires montant de l’aide : 3 000 euros.
- Aide à la production : œuvres de fiction longue durée, séries de fiction, films d'animation, documentaires de création – 35 % des dépenses locales hors taxes, pouvant aller jusqu’à 45 % pour les projets destinés aux marchés nationaux et internationaux.
- Aide au développement : longs-métrages, séries, films d’animation, documentaires – montant de l’aide : 15 000 euros.
- Aide au court-métrage : films d’une durée inférieure à 60 mn – 50 % des dépenses locales hors taxes avec un plafond de 30 000 euros.
- Aide aux pilotes et maquettes : œuvres de fiction, films d’animation et documentaires – 35 % des dépenses locales hors taxes avec un plafond de 3 000 euros.
- Aide aux projets multimédia : CD/DVD, bornes interactives de sites Internet, installations scéniques interactives  – 35 % des dépenses locales hors taxes et jusqu’à 45 % pour les marchés national et international.
Sylvain Goldberg
Guillaume Foulon

Sylvain Goldberg, producteur belge « UN BEL EXEMPLE  DE COLLABORATION »
« L’accueil était fantastique, la découverte absolue. L’éductour est un bel exemple de collaboration entre les différentes agen -ces de promotion. Je suis venu avec un projet précis, en réalité virtuelle, néces -sitant des décors comme on en trouve ici. J’ai aussi fait du réseautage avec les producteurs locaux et cela m’a donné très envie de tourner des choses ici. »
Catherine Jean-Joseph
Guillaume Foulon

Catherine Jean-Joseph, présidente de l’École Miroir et productrice « UNE TERRE DE CHALLENGES »
« La Réunion représente l’universel et ça m’inté -resse en tant que pré si dente d’une école pour les jeunes issus de quartiers populaires. Grâce à  l’Outre-mer on peut faire le tour du monde au sein de la République. La Réunion est une terre de challenges et je me propose d’y relever celui de la formation. Il y a tellement de talents dans cette île ! »
Padam Bhushan
Guillaume Foulon

Padam Bhushan, producteur indien « ÉNORMÉMENT DE TALENTS »
« Je suis venu avec un esprit large et les yeux grands ouverts. Je vais prendre tout ce que j’ai vu et le ramener à la maison afin de le digérer et d’en parler autour de moi. Quoi qu’il en soit, la démarche de l’Agence Film Réunion (AFR) est remarquable. Il y a ici énormément de talents. Et l’île possède des atouts que d’autres destinations similaires n’ont pas. »
Martin Heisler
DR

Martin Heisler, producteur allemand « ENVIRONNEMENT TROPICAL ET EUROPÉEN »
« D’un point de vue allemand, je dirais que La Réunion, c’est un environnement tropical dans l’Union  européenne. J’ai rencontré des gens qui veulent vraiment faire des choses. Concernant mon projet, je suis à la recherche d’un site de tournage pour une histoire qui se déroule dans une île… »
UN CASTING INTERNATIONAL :
Afrique du Sud : Carol Coetzee, dirigeante de KwaZulu-Natal (KZN) Film Commission ; Sara Blecher, réalisatrice.
Allemagne : Martin Heisler, producteur.
Belgique : Sylvain Goldberg, producteur.
Chine : Ping Jiang, productrice; Rengang Zhang, producteur.
France : Jean-Marc Abbou, manager de production ; Frédéric Corvez,producteur ; Jean-Benoît Gilig, producteur et scénariste ; Amélie Jacquis, productrice ; Laurent Jaoui, scénariste et réalisateur ; Catherine Jean-Joseph, présidente de l’École Miroir et productrice ; Olivier Loustau, réalisateur ; Béatrice Nivois, directrice de l’unité documentaire et magazine de France Ô ; Cyrille Perez, producteur, et Christine Tisseau (Tahiti), productrice.
Grande-Bretagne : Maria Manton, productrice ; Barnaby Spurrier, producteur.
Inde : Jaswinder Pabbla, productrice ; Padam Bhushan, producteur.
Béatrice Nivois
Guillaume Foulon

Béatrice Nivois de France Ô « UNE ÎLE INTENSE »
« France Ô met en valeur l’Outre-mer et les différentes cultures. Je connaissais La Réunion et je la considère comme l’un des plus beaux territoires de l’Hexagone, une île intense. Quand on veut mettre en valeur le vivre-ensemble, c’est ici que l’on doit venir. »
Maria Manton
DR

Maria Manton, productrice britannique « HEUREUSE DE POUVOIR REVENIR »
« C’est absolument fantastique ! J’ai rencontré des gens adorables. J’ai exploré l’île, ses plages, sa nature jusque dans ses moindres recoins, au creux des rochers, à la recherche de petites bêtes, de plantes rares… J’ai un projet et je serais heureuse de pouvoir revenir. »
Carol Coetzee
Guillaume Foulon

Carol Coetzee, directrice générale de KwaZulu-Natal (KZN) Film Commission « PARTENARIAT GAGNANT »
« J’ai toujours voulu venir dans cette île. Maintenant c’est fait ! Nous avons déjà un partenariat avec l’AFR qui a permis de faire le long-métrage sud-africain The Number et nous voulons compléter notre accord. »
Frédéric Corvez
DR

Frédéric Corvez, producteur « METTRE EN PLACE UN PROJET »
« Je suis allé à la découverte de la musique réunionnaise qui est un élément fort de la culture locale. J’ai rencontré la chanteuse Christine Salem… J’ai eu aussi des séances de travail dans les studios Pipangaï, l’un des producteurs du film d’animation Zombillénium. J’ai profité de ma visite pour mettre en place un projet. »
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