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Madagascar

Orange mise beaucoup sur le « Mobile Banking »

La nomination de Michel Barré à Madagascar par Marc Rennard, directeur exécutif d'Orange en Afrique, au Moyen Orient et en Asie (AMEA), en septembre 2012, s’inscrit dans une stratégie globale de l’opérateur où un objectif central est assigné : atteindre 7 milliards d’euros de chiffres d’affaires dans ces régions en 2015. - DR
Entretien exclusif avec le directeur général de l’opérateur français à Madagascar, Michel Barré, qui s’explique sur sa stratégie très axée sur les services mobiles. Le taux d’utilisateurs d’Orange Money devrait doubler dans l’année à venir.

L’Eco austral : Orange compte placer le paiement par mobile comme prochain produit phare, selon votre Pdg Stéphane Richard qui a été reconduit. Qu'en est-il pour le marché malgache ?

Michel Barré : Il faut savoir que le taux de bancarisation à Madagascar est de l’ordre de 5%, un taux largement inférieur à la moyenne africaine qui oscille entre 15% et 20%. En revanche, le Mobile Banking rencontre un meilleur succès à Madagascar avec un taux de pénétration trois fois plus élevé que la moyenne de taux de bancarisation. Depuis son lancement en 2010, Orange Money est déjà le produit phare d’Orange Madagascar. Cela nous a valu en 2011 de recevoir le premier prix des « Mobile Money Awards » dans la catégorie « meilleur lancement de mobile money ». Une récompense internationale remise lors de la cérémonie annuelle du Mobile Money Summit, à Dubaï.

Qu’est-ce qui explique ce succès à Madagascar ?

Orange Money répond à des attentes fortes de la part de la population. Au quotidien, il facilite la vie des utilisateurs en leur permettant par exemple de mettre leur argent en sécurité ou de gagner du temps dans toutes leurs transactions. Avec 10 000 points Orange Money, sur tout le territoire malgache, où déposer et retirer de l'argent instantanément et en toute sécurité, c'est un réseau beaucoup plus dense que celui de n'importe quelle banque. Aujourd’hui, le taux d’utilisateurs d’Orange Money reste en croissance et le parc actuel devrait doubler dans l’année à venir.
Sur le mobile-banking, il faut le dire, l’Afrique est bien en avance par rapport à l’Europe, par exemple. Le service est aujourd’hui disponible dans 13 pays et Orange Money fêtait le 17 avril son 10 millionième client à l’occasion d’un voyage à Dakar de Stéphane Richard, président directeur général d’Orange.

Le succès d’Orange Money s’est fait en répondant aux attentes du marché, notamment en lui permettant de mettre de l’argent en sécurité et de gagner du temps dans les transactions. - DR

Le succès d’Orange Money s’est fait en répondant aux attentes du marché, notamment en lui permettant de mettre de l’argent en sécurité et de gagner du temps dans les transactions.

Pouvez-vous chiffrer votre part de marché mobile à Madagascar et notamment celle d'Orange Money ?

Pour pouvoir parler de part de marché, il faudrait que des critères précis de comptage des clients, communs à tous les opérateurs, aient été définis. À partir de quel nombre de transactions, par mois ou par an, un utilisateur de Mobile Banking est-il compté comme un client ? Un client qui réalise une transaction Orange Money par jour doit-il être compté de la même manière qu’un client qui utilise un système de Mobile Banking concurrent une fois par mois ? Il en est de même pour les clients mobiles qui, pour plus de 95%, achètent des recharges prépayées de façon plus ou moins fréquente. À partir de quelle fréquence de rechargement un utilisateur peut-il être considéré comme client ? Une fois par jour, une fois par semaine, une fois par mois ou une fois par an ? Il est clair qu’en fonction des critères utilisés, les résultats seront largement différents, donc pas comparables avec ceux de la concurrence. Dans ces conditions, nous considérons que le seul organisme habilité à communiquer les chiffres officiels, c’est l’Office malgache d’études et de régulation des télécommunications (OMERT).

Parlez-nous de votre participation dans l'envoi d'imagerie médicale sur le dépistage du cancer du sein à Madagascar ? Avec quels hôpitaux travaillez-vous en Europe ?

Au-delà de son cœur de métier des télécommunications, Orange Madagascar est une entreprise citoyenne, solidaire et responsable, qui s’engage fortement dans le développement de la Grande île à travers le mécénat. Raison pour laquelle nous avons créé il y a quelques années l’association Orange Solidarité Madagascar, chargée de mettre en œuvre notre politique de mécénat. Les objectifs de l’association se trouvent en cohérence avec les domaines d’intervention de la Fondation du groupe Orange. L’un de ces objectifs est de soutenir des projets leviers de développement dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la santé. À travers Orange Solidarité Madagascar, nous avons apporté notre soutien au projet 4AWOMAN lancé en 2010 par la Fondation Akbaraly pour dépister les cancers gynécologiques et mammaires qui affectent des milliers de femmes à Madagascar. Avec notre soutien technologique, 4AWOMAN bénéficie d’une connexion haut débit performante qui permet, entre autres, de faire des diagnostics par anatomopathologie. Le système de réseau d’e-médecine haut débit mis en place permet aux laboratoires de Tananarive d’être en relation directe avec les antennes des provinces. Grâce à l’e-learning, les agents de santé suivent des cours de formation spécifiques et ont accès au support médical fourni par des experts italiens et français de l’Institut européen oncologique de Milan et de l’Institut Gustave Roussy de Paris. Ce support de la technologie permet de raccourcir le temps entre la consultation et l’obtention des résultats, d’améliorer les diagnostics et, en fin de compte, de contribuer à sauver beaucoup plus de vies.
 

MICHEL BARRÉ : UN PASSIONNÉ

Le directeur général d’Orange Madagascar fait partie de la vague des sept directeurs généraux nommés en Afrique et au Moyen-Orient en septembre 2012. Il a succédé à Jean-Luc Bohé, en poste alors à Madagascar et qui a pris la direction générale de l’opérateur français au Mali. Michel Barré est un ingénieur télécoms, comme son prédécesseur. Né d’un père qui a travaillé dans les services des réseaux téléphoniques fixes, le métier lui est presque intime avec ses 60 ans révolus dont plus de la moitié dédiée aux télécommunications. Il entre en 1975 à la Direction générale des télécommunications, l’ancêtre de France Télécom qui deviendra en juillet 2013 le groupe Orange. Michel Barré est un connaisseur du marché des télécommunications à Madagascar. Il a en effet siégé au poste de directeur général par intérim de l’opérateur malgache Antaris en 1997, le tenant du poste étant encore mandaté en Centrafrique. Antaris était l’ancêtre de la filiale de l’opérateur Orange sur la Grande île. Un « rebranding » mis en œuvre en 2003 a accompagné le changement de nom d’Antaris en Orange Madagascar. Depuis, Orange Madagascar a étendu les possibilités technologiques, seuls relais pour améliorer son réseau. Celui-ci s’appuie sur l’installation par l’opérateur des câbles sous-marins Lion 1 et 2 à Madagascar, respectivement en 2009 et en 2012. La nomination de Michel Barré à Madagascar par Marc Rennard, directeur exécutif d'Orange en Afrique, au Moyen Orient et en Asie (AMEA) en septembre 2012 s’inscrit  dans une stratégie globale de l’opérateur où un objectif central est assigné : atteindre 7 milliards d’euros de chiffres d’affaires dans ces régions en 2015.
 




LES PROJETS RÉCENTS D’ORANGE MADAGASCAR

L’opérateur a signé le 8 mai dernier une convention de partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie de Tananarive, représentée par son président, Jean Martin Rakotozafy. Ce partenariat, appuyé par le Fonds international de développement agricole (FIDA) mettra en place Bazar.Mada, une plateforme d’échanges d’offres et de demandes sur les prix des produits locaux, du secteur agricole et de l’élevage, en provenance de plusieurs régions de Madagascar. La phase initiale concerne la région Analamanga, sur huit marchés entourant la capitale, pour donner aux producteurs de nouveaux débouchés et aux acheteurs les informations locales sur les prix et les types de produits disponibles. Ce projet du FIDA est appuyé localement par le Programme de promotion des revenus ruraux (PPRR), cofinancé par le projet PROSPERER (Programme de soutien aux pôles de micro-entreprises rurales et aux économies régionales).

Jean Martin Rakotozafy, président de la CCI de Tananarive, a signé un accord de partenariat ambitieux avec Orange.
 
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