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Philippe Espitalier-Noël : « Rogers affiche un beau parcours à la bourse depuis vingt-cinq ans »

Philippe Espitalier-Noël, CEO de Rogers.
À la tête d’un groupe dont l’histoire remonte à 1899, son CEO se montre optimiste car l’entreprise a su anticiper les grandes évolutions de l’économie mauricienne tout en offrant une belle rentabilité à ses actionnaires.


L’Eco austral : Comment se porte l’action Rogers aujourd’hui, après plus d’un quart de siècle de présence sur le marché boursier ?
Philippe Espitalier-Noël
: Nous avons été parmi les premiers à faire notre entrée en Bourse quelques mois à peine après la création du Stock Exchange of Mauritius (SEM). Le titre Rogers compte parmi ceux qui ont connu, de manière continue, la meilleure croissance depuis leur introduction sur le marché. Les actionnaires du groupe ont ainsi profité de belles plus-values sur les vingt-cinq dernières années. Notre capitalisation boursière s’élève actuellement à un peu plus de 7 milliards de roupies (175 millions d’euros - Ndlr). Début mars 2016, l’action de Rogers était cotée 28,50 roupies, avec un volume quotidien d’échanges appréciable. Un bénéfice par action et une valeur nette d’inventaire par action en hausse confirment également la bonne forme du titre. 

Qu’en est-il des opérations du groupe ?
Nous avons engagé une transformation complète afin de nous positionner comme une holding d’investissement orientée vers quatre grands secteurs de services : l’hôtellerie, les services financiers, la logistique et les investissements immobiliers. Nous sommes satisfaits aujourd’hui d’être une entreprise de poids dans les secteurs où nous avons choisi d’opérer. 
Notre activité hôtelière renoue avec la croissance grâce à une reprise des arrivées touristiques et aux efforts que nous avons consentis en interne, notamment au niveau du Domaine de Bel Ombre, qui propose aujourd’hui une offre touristique complète et de grande qualité. Avec ENL, notre « Parent Company », nous avons également opéré une montée en puissance dans New Mauritius Hotels, le pionnier de l’hôtellerie dans l’île.
Concernant la logistique, nous avons consolidé notre position au niveau local avec une offre unique couvrant tous les segments du secteur. Nous venons aussi de finaliser une nouvelle acquisition au Kenya dans le cadre de notre stratégie d’expansion internationale. Ascencia poursuit sa croissance et s’inscrit de manière unique comme le seul véhicule permettant au grand public et aux divers fonds de participer à la croissance des valeurs foncières du pays. Nous opérons aussi un retour en force dans le secteur des services financiers en 2016, avec des résultats immédiats. 
 

« Notre activité hôtelière renoue avec la croissance grâce à une reprise des arrivées touristiques et aux efforts que nous avons consentis en interne, notamment au niveau du Domaine de Bel Ombre (notre photo - Ndlr), qui propose aujourd’hui une offre touristique complète et de grande qualité. »  Rogers
« Notre activité hôtelière renoue avec la croissance grâce à une reprise des arrivées touristiques et aux efforts que nous avons consentis en interne, notamment au niveau du Domaine de Bel Ombre (notre photo - Ndlr), qui propose aujourd’hui une offre touristique complète et de grande qualité. »  Rogers
 



Le Stock Exchange of Mauritius (SEM) travaille à améliorer le niveau de liquidités sur le marché. Qu’en est-il concernant le groupe Rogers ?
Dans un premier temps, nous avons fractionné nos actions, puis nous avons attribué des actions gratuites pour chacune de ces actions. Cette opération et la bonne performance du groupe ont stimulé le volume des échanges, ce qui nous a permis d’améliorer la liquidité et l’accessibilité du titre Rogers, ainsi que de réduire la décote par rapport à sa valeur comptable.
Même s’il s’est beaucoup modernisé, le marché mauricien reste petit à l’échelle mondiale et, comme d’autres entreprises cotées, nous souffrons encore d’un manque de liquidité. Une amélioration sur ce plan rendrait le marché plus attrayant et faciliterait la levée de fonds. Avec l’ouverture et l’intégration grandissante de notre économie au reste du monde, la Bourse jouera un rôle de plus en plus important dans la croissance des entreprises. Une liquidité plus forte permettra d’attirer plus facilement les détenteurs de capitaux étrangers car ils évaluent toujours les conditions d’une éventuelle sortie avant d’investir sur une plateforme financière. Ces dernières années, nous avons vu croître les flux d’investissements étrangers entrants et sortants, ce qui démontre que nous atteignons graduellement un niveau de liquidité et de maturité important.

Et qu’en est-il du fonds immobilier Ascencia qui est coté séparément sur le second marché ?
Ascencia a connu un essor phénoménal depuis son entrée en Bourse. La société, qui avait commencé avec une capitalisation de 308 millions de roupies (7,70 millions d’euros - Ndlr) à sa création en 2007, a connu une croissance annuelle à deux chiffres. Ascencia est aujourd’hui la plus forte capitalisation sur le second marché (DEM) avec 5,5 milliards de roupies (137,5 millions d’euros - Ndlr), représentant 11%de la capitalisation totale des entités qui y sont cotées. 
Ascencia a décidé de fractionner de nouveau ses actions en 2014 pour les rendre plus accessibles aux investisseurs potentiels, surtout les particuliers. En 2015, elle a également procédé à une levée de fonds à travers un placement privé pour un montant de 1,1 milliard de roupies (27,5 millions d’euros - Ndlr) par le biais de divers instruments, dont des actions ordinaires et préférentielles, ainsi que des obligations. Pour les rendre plus liquides, ces instruments sont cotés sur le second marché. 

Il y a deux ans, vous nous expliquiez que l’avenir de Maurice était d’être une plateforme de services à l’international. Quel rôle, selon vous peut tenir le SEM dans cette stratégie ?
Plusieurs initiatives sont en cours pour faire de Maurice un centre financier international. Dans un même esprit, le SEM souhaite s’internationaliser et se positionner comme plateforme de négociation de choix pour les entreprises globales et les émetteurs d’instruments de dette spécialisés. Nous espérons que ces initiatives permettront d’augmenter la visibilité du pays auprès des investisseurs et, éventuellement, de développer des produits financiers plus sophistiqués. Nous souhaitons également un marché boursier plus dynamique, avec un plus grand nombre d’acteurs internationaux. Cela permettra ainsi de rehausser le profil de toutes les sociétés cotées localement et internationalement, d’attirer de nouveaux investisseurs et de faciliter la levée de capitaux pour des besoins d’expansion future.

Fin décembre 2014, avec la date butoir de non concurrence pour certaines activités avec Cim, Rogers Capital, qui offrait déjà des services de gestion d’actifs (Asset Management), de capital-investissement (Private Equity) et de conseil (Corporate Advisory), a élargi sa gamme de services. Qu’en est-il précisément ?
Il est certain que l’activité de Rogers Capital a pris une nouvelle tournure depuis 2015. Comme annoncé, nous avons entrepris en partenariat avec notre « Parent Company », ENL Ltd, d’en faire un acteur significatif des services financiers non bancaires. Ce retour en force s’est effectué naturellement car le groupe, déjà pionnier des services financiers dès le début des années 1990, a maintenu son savoir-faire et son réseau dans le secteur. L’acquisition en 2015 d’une participation majoritaire dans deux sociétés de Global Business, Consilex et Kross Border, a permis de muscler le développement de Rogers Capital. Avec ces acquisitions stratégiques et avec la part significative que nous détenons dans le capital de Swan General Ltd et de Swan Financial Solutions Ltd, nous allons rapidement étendre la panoplie de services que nous offrons à nos clients.

Comment voyez-vous l’avenir de votre groupe ?
Nous avons aujourd’hui à la fois une gouvernance moderne et une agilité sectorielle forte. Notre vision et nos choix nous placent plus que jamais comme un acteur bien équipé pour grandir avec nos clients et nos partenaires internationaux. Nous prévoyons de nouveaux développements intéressants en 2016 et allons certainement continuer de moderniser notre utilisation des marchés financiers à moyen terme. Nous restons donc très optimistes concernant la performance future du groupe.

jeanmicheldurand@ecoaustral.com

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