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Philippe Holstein (Nexa) : « Nous devons atteindre la masse critique »

1 mar 2019 | PAR Ignace de Witte | N°337
« Il faut que tout le monde se sente en confiance, qu’il n’y ait pas de cloisonnement, il faut se connecter aux autres, être en capacité de nouer des joint-ventures. » Guillaume Foulon
Responsable de l’intelligence territoriale au sein de Nexa, l’agence régionale de développement, d’investissement et d’innovation, Philippe Holstein évoque la politique et les moyens déployés pour favoriser l’innovation.

« On ne cherche pas forcément une grosse innovation. On préfère avoir un grand nombre de projets, peut-être low-tech, mais qui vont créer des emplois. Nous sommes également attentifs à tout ce qui s’inscrit dans l’économie circulaire. »
Pour Philippe Holstein, s’exprimant au nom de Nexa, il s’agit d’atteindre la masse critique, c’est-à-dire une densité d’opérateurs locaux suffisante. « Nous devons aussi chercher la « chaleur culturelle ». Il faut que tout le monde se sente en confiance, qu’il n’y ait pas de cloisonnement, il faut se connecter aux autres, être en capacité de nouer des joint-ventures. »
Il existe un Comité régional pour l’innovation avec à sa tête Philippe Jean-Pierre et composé de 30 acteurs de la RDI (recherche, développement et innovation). Le CRI se réunit tous les trois mois pour échanger et proposer des initiatives et des évolutions pour le renforcement de l’écosystème. Le CRI sert de courroie de transmission entre, d’un côté, la Région, la Préfecture et le Département, et de l’autre le secrétariat technique S3 au sein de Nexa. Le programme européen S3 (Smart Specialisation Strategy, stratégie de spécialisation intelligente en français) permet à La Réunion de bénéficier d’une enveloppe de 139 millions d’euros, auxquels l’État ajoute 20 % et la Région également 20 % pour arriver à un budget total de 200 millions d’euros.
Ce budget sert à financer les plateaux techniques, comme par exemple le Cyroi (Cyclotron Réunion océan Indien), une partie est versée aux entreprises sous forme de subvention des projets retenus et une partie sert à financer des postes de doctorants en entreprise.
La Région Réunion a également constitué un fonds de fonds, La Financière Région Réunion, en puisant dans le Feder (Fonds européen de développement régional) pour 24 millions d’euros. Elle a complété à hauteur de 6 millions d’euros sur ses fonds propres, soit une enveloppe totale de 30 millions d’euros. Pour atteindre une masse critique, la collectivité régionale a sollicité les fonds Juncker, via la BEI (Banque européenne d’investissement), à hauteur de 20 millions d’euros. Ce qui fait un total de 50 millions d’euros dont 40 millions destiné à des prêts bonifiés, gérés par la BFC. Au total, cette banque a prévu d’injecter 62 millions d’euros sur trois ou quatre ans, sous forme de prêts plus particulièrement destinés aux investissements et aux fonds de roulement des jeunes entreprises. 
La Financière Région Réunion a décidé de consacrer le reste de ses moyens, soit 10 millions d’euros, à un fonds de capital-investissement géré par Apicap. 
Mais en parallèle des moyens financiers mis en œuvre, il s’agit aussi de promouvoir l’innovation. Ce que Nexa s’attache à faire en soutenant, par exemple, l’émission de télévision Les Nouveaux Défis et en organisant la Semaine de l’innovation dont la prochaine édition est prévue en juin. Elle sera consacrée au design thinking, c’est-à-dire comment trouver une solution avec les usagers.

Un appel à manifestation d’intérêts
La Région Réunion lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) à tous les porteurs de projets innovants. La date limite de dépôt des dossiers de candidature est fixée au vendredi 31 mai 2019. Cet AMI a été lancé dans le cadre du programme opérationnel (PO) Feder (Fonds européen de développement régional) 2014-2020, et plus particulièrement son axe n°1 : investir dans les leviers de croissance.
Pour être éligible, il faut que le projet s’inscrive dans une de ces six thématiques : soutien à l’observation et à la connaissance de la biodiversité et des milieux, valorisation économique de la biodiversité tropicale, programmes de recherche liés au projet du Pôle Mer Réunion, renforcer l’état sanitaire et créer un hub de la recherche en santé et biotechnologies, promouvoir les projets de recherche et d’innovation contribuant à une meilleure efficacité énergétique et à la valorisation des énergies renouvelables, améliorer les compétences au service de l’économie de la connaissance.
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