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Philippe Murcia : « Tout est possible à Madagascar »

Philippe Murcia a été directeur régional de la compagnie maritime CMA CGM, où il a mis en œuvre localement le rachat de Delmas, avant de travailler pour le groupe minier Rio Tinto, développant le port d’Ehoala qui a été créé en 2009. - DR
Celui qui a développé pour Rio Tinto le port d’Ehoala, à Fort-Dauphin, jusqu’à son départ de Madagascar en juillet 2013 s’occupe aujourd’hui de son propre cabinet, Ocean Company Consulting, qui accompagne des investisseurs dans l’océan Indien. Entretien…

L’Eco austral : Pouvez-vous nous présenter votre cabinet Ocean Company Consulting et ses domaines d’intervention ?

Les activités portuaires, les investissements miniers et l’ingénierie dans le tourisme sont les principaux domaines d’action d’Ocean Company Consulting. Les experts associés à ce nouveau cabinet sont de fins connaisseurs de la région océan Indien : Guy Philippe Larin, ancien vice-président chargé du business development de Rio Tinto Afrique et ancien vice-président de QMM-Rio Tinto à Fort Dauphin, Sylvie-Anne Condé, ancienne représentante résidente de la Banque africaine de développement (BAD) à Madagascar et Stéphanie Doumerc-Pauzies, spécialiste du développement d’entreprises dans le tourisme. À nous quatre, nous comptabilisons plus de treize années de présence active dans l’océan Indien et nous connaissons très bien les dossiers maritimes, miniers et touristiques des îles de la région.

Pouvez-vous nous parler de votre expérience à Madagascar, avec le Port d'Ehoala notamment, qui vous a conduit à la création de cette nouvelle activité avec Ocean Company Consulting ?

L’arrivée du groupe Rio Tinto à Madagascar a été une grande première pour le pays car c’était la première fois depuis l’indépendance qu’un grand groupe international privé, numéro deux mondial de l’extraction minière, portait son choix ici. De plus, cet investissement majeur se portait non pas à Antananarivo, où la capitale se confronte déjà à la concurrence internationale avec les zones franches et les exportations diverses, mais au sud-est, dans une région sous-équipée en infrastructures : Fort Dauphin. La préparation de l’ouverture du port en eaux profondes, à 15,75 mètres, un record pour les îles de l’océan Indien, avait donc tout d’un challenge particulier. Nous avons été des pionniers dans le vrai sens du terme car il s’agissait de mettre en valeur des terres nouvelles. On revient transformé par cette aventure exceptionnelle, avec une ténacité à toute épreuve, mais surtout avec le sentiment profond que tout est possible à Madagascar.

Comment voyez-vous le contexte à Madagascar et plus largement dans l’océan Indien ?

Grâce à la bonne volonté de tous, les élections ont pu se tenir à Madagascar. La communauté internationale va apporter à présent des aides et les investisseurs vont revenir dans tous les domaines. Les entreprises locales sont à féliciter car elles ont réussi a tenir plus de quatre années malgré la crise politique. C’est une résilience remarquable et elles devraient maintenant pouvoir se développer. Mais seuls les IDE (Investissements directs étrangers) sont en mesure de booster enfin le pays, de créer des emplois et de relancer les filières export. Nous sommes là pour les accompagner avec notre connaissance du terrain. Et Madagascar faisant son retour sur le devant de la scène, c’est toute la région océan Indien qui est concernée et intéressée par ces futurs investissements. L’ouverture du port d’Ehoala a profité à beaucoup d’entreprises de la région, y compris à La Réunion et à Maurice.

Le MSC Sinfonia de la Mediterranean Shipping Company fait partie des navires de croisières qui ont choisi le port d’Ehoala où l’on a franchi le cap du 10 000e passager début 2013. - Port d’Ehoala

Le MSC Sinfonia de la Mediterranean Shipping Company fait partie des navires de croisières qui ont choisi le port d’Ehoala où l’on a franchi le cap du 10 000e passager début 2013.

« Être, c’est être relié », c’est d’ailleurs la devise de ce port et elle pourrait s’appliquer à toutes les îles de l’océan Indien.
Mayotte vient de voir la gestion de son port se privatiser sous forme de délégation de service public, et c’est un signe positif fort également pour toute la région. Grâce au contrôle accru des autorités maritimes, notamment avec des investissements de la France, et à la forte diminution des actes de piraterie, le tourisme de croisière et sa promotion doivent redevenir la priorité des prochains mois.

La création d'une filiale dans l'une des îles de l'océan Indien est-elle à l'ordre du jour pour Ocean Company Consulting ?

Nous avons pour vocation d’aider les sociétés déjà existantes ou les starts-up, comme c’est le cas actuellement en Thaïlande où nous assistons une start-up dans le traitement de l’eau, notamment sur un projet de potabilisation pour des écoles en brousse. La création d’une filiale ou plutôt une coopération avec une société locale serait privilégiée si l’assistance requise représentait un contrat de longue durée.
 

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