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Premier bilan positif pour les fonds communs de placements à risques

17 sep 2014 | PAR La rédaction
La plupart des souscripteurs réunis avec les gestionnaires pour la photo de famille lors du lancement officiel des FCPR, le 25 octobre 2012. De gauche à droite : Frédéric Brette (Crédit Agricole), Philippe Marcotte (BFC), Gilbert Martin (Vivéris Management), Patrick Geigle (Caisse d’Épargne), Isabelle Poulet (Vivéris Management), Jean-François Court (Vivéris Management et ACG Groupe), David Lorion (Région Réunion), Olivier Camau (Caisse des Dépôts), Michèle Goettmann (CEPAC), Stéphane Kolb (Banque de la Réunion) et Marc Dubernet (AFD). - DR
Bientôt deux ans après leur lancement, les deux FCPR gérés par Vivéris Management confirment qu'ils répondent à des besoins. Au total, près de 14 millions d’euros ont été investis ou engagés dans des entreprises réunionnaises, TPE aussi bien que PME.

Le pari n’était pas gagné d’avance pour les deux FCPR, Run Développement et Run Croissance. Et certains se montraient même sceptiques sur l’utilisation des fonds souscrits en 2012 par des banques, des institutions publiques et la Région Réunion. Pourquoi ce scepticisme alors que chacun s’accorde à dire que les entreprises réunionnaises manquent de fonds propres pour se développer ? « C’est que pour une PME familiale, il n’est pas toujours évident de faire entrer dans son capital un actionnaire qui ne se contente pas de faire de la figuration, répond Gilbert Martin, directeur local de Vivéris Management. Quant aux start-up, il fallait pouvoir trouver des dossiers qui tiennent la route car la société Vivéris Management n’a pas pour mission de perdre l’argent qui lui a été confié. » Il est prévu quatre ans pour investir et quatre ans pour « sortir » en réalisant si possible des gains. Cette durée de huit ans, pour les deux fonds, pourrait être prolongée de deux fois une année si nécessaire, ce qui les amènerait à un maximum de dix ans d’existence.   

DES PROJETS INNOVANTS DE LA PART DE START-UP

La prise de risque est inscrite dans l’intitulé même des FCPR et la contrepartie est un partage de la plus-value dégagée au terme de l’opération (retour/investissement). Le fonds Run Développement, destiné à des entreprises réalisant moins de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires ou bien qui se lancent, alimenté par des fonds publics, a d’ailleurs vocation à prendre plus de risques puisqu’il se destine notamment à des start-up. Doté d’une enveloppe de 10,8 millions d’euros, ce fonds a pu intervenir au sien de onze entreprises différentes, pour un total de quelque 3 millions d’euros (au 30 juin 2014), et se trouve engagé pour un montant de 1,4 million d’euros. Les investissements réalisés vont de 250 000 à 500 000 euros par dossier, ce qui indique déjà des projets qui n’ont rien d’insignifiant. Des projets qui se révèlent aussi très différents les uns des autres, dont certains dans le secteur des TIC avec de vrais profils de start-up. On peut citer, par exemple, Oscadi, un projet d’échographe portable sur base d’i-pad qui s’attaque, dans un premier temps, au marché des vétérinaires. Il y a aussi l’ambitieux projet de place de marché avahis.com qui devrait permettre aux e-commerçants réunionnais de mieux profiter de l’essor du commerce électronique. Mais Run Développement ne se limite pas aux start-up et peut soutenir le développement de TPE ou PME déjà bien ancrées dans le paysage. C’est le cas de EECA et de ses lubrifiants et additifs pour moteur de la marque Heller. L’entreprise agroalimentaire Soleil Réunion de Gérard Rangama a également pu bénéficier d'une décision favorable. En général, Vivéris Management entre au capital comme actionnaire entre 10% et 20% et prévoit d’en sortir au bout de cinq ou six ans. Mais elle peut compléter cet apport par des obligations convertibles qui équivalent à un financement « in fine ». Le remboursement de ces obligations, sur cinq ou six ans également, peut se réaliser en plusieurs fois. Vivéris Management mène d’ailleurs tout un travail d’ingénierie financière et apporte des outils de pilotage à l’entrepreneur. Elle peut associer d’autres acteurs comme la Banque publique d’investissement (BPI) ou des banques privées afin de favoriser les effets de levier.

UN SOUTIEN À DES PME EN PLEIN DÉVELOPPEMENT

L’autre fonds, c’est Run Croissance qui se destine aux entreprises au-delà de 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. Il est doté de 19,4 millions d’euros et a déjà investi 7,2 millions d’euros, en moins de deux ans, dans six PME en plein développement. On peut citer la Distillerie Chatel, dans le cadre du rachat de Rhum Réunion, Dom’Eau, Royal Bourbon Industrie (RBI), Vidange Service (qui se diversifie dans le traitement des boues d’hydrocarbures) et Crête d’Or, leader sur le marché de la volaille, mais toujours en conquête par rapport aux importations, notamment sur les produits plus élaborés. Il faut y ajouter OSE (Outillage de Saint-Etienne), une entreprise métropolitaine qui développe le réseau Diam Loisirs de magasins de bricolage à La Réunion, une base d’où elle prévoit son développement à Mayotte, en Nouvelle Calédonie et en Guyane. Un engagement à hauteur de 2,3 millions d’euros pour Vivéris Management, ce qui porterait le total des fonds investis à 9,5 millions d’euros, soit près de la moitié du fonds. Il reste donc de l’argent pour financer d’autres projets de développement et le gestionnaire des fonds ne rechigne pas à examiner tous les types de dossier. Au total, depuis leur lancement, ce sont près de 150 dossiers qui ont été « regardés » et une cinquantaine qui ont été étudiés en profondeur. Ce qui montre la vitalité du tissu économique réunionnais, mais aussi les besoins en fonds propres de ses acteurs.  
 

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