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Quand le MEDEF Réunion donne le mauvais exemple

25 juin 2014 | PAR Alain Foulon | N°286

La première organisation patronale de La Réunion n’a décidément pas de chance. Son précédent dirigeant, François Caillé, a conduit son groupe familial à la désintégration et quelques petits entrepreneurs, parmi ses fournisseurs, en ont mis la clé sous la porte. Son dauphin à la présidence du MEDEF, Yann de Prince, joue dans un autre registre. Plus malin sans doute, il vient de vendre son entreprise Mobius à une multinationale dirigée par l’Israélien Patrick Drahi qui, dans la foulée, s’est payé Only et SFR. De quoi inquiéter les salariés de ces entreprises. Car en Israël, sa patrie d’adoption, Patrick Drahi n’a pas fait dans la dentelle. Nos lecteurs pourront s’en rendre compte dans un portrait « non autorisé » que nous publions dans ce numéro. Mais rien de significatif ne se passera dans l’immédiat car l’Autorité de la concurrence doit d’abord se prononcer d’ici le mois de novembre. Et un entrepreneur réunionnais pourra peut-être en profiter pour récupérer une licence en téléphonie mobile. Pour ma part, cela ne m’étonnerait pas que ce soit Abdéali Goulamaly. Ce dernier, engagé avec son groupe Océinde dans de gros investissements dans la fibre optique, est capable de mobiliser encore des ressources. Heureusement qu’il reste quelques groupes familiaux indépendants ! Heureusement pour La Réunion ! Dans l’île voisine de Maurice, il faut reconnaître que les groupes locaux ont su mieux préserver cette indépendance. Et si aujourd’hui, certains comme CIEL et Rogers font entrer dans leur capital ou ceux de leurs filiales de gros acteurs étrangers – français en l’occurrence – ils ont réussi quand même à garder le contrôle. Résultat des courses, les principaux secteurs de l’économie mauricienne sont dominés par des groupes locaux, à commencer par le secteur bancaire. La MCB (Mauritius Commercial Bank) a pu financer une bonne partie de l’économie mauricienne et nul doute que la simple succursale d’une banque multinationale n’aurait pas été si loin. D’autant que ces banques multinationales ne sont pas au meilleur de leur forme et que Maurice compte pour elles comme quantité négligeable. Le syndrome du largage est toujours possible.

« À Madagascar, l’expert-comptable à la tête de l’État semble aussi être un bon joueur d’échec… ou de jeu de go. »


Du côté de Madagascar, pays d’avenir et qui le reste depuis des décennies, comme chacun sait, le nouveau président se montre fin manœuvrier. L’expert-comptable à la tête de l’État semble aussi être un bon joueur d’échec… ou de jeu de go. Il a su installer un complice comme Premier ministre et évacuer de la scène politique l’ancien président de la transition tout en se mettant l’armée dans la poche et rassurant les bailleurs de fonds. Chapeau ! On va finir par croire que Madagascar est un pays d’avenir qui ne le restera pas éternellement. C’est-à-dire que cet avenir pourrait se réaliser. Ce qui serait une chance pour La Réunion et pour Maurice.
Les périodes de crise (« Krisis » en grec, qu’on peut traduire par « faire un choix ») sont toujours passionnantes dans le sens qu’elle obligent à se remettre en cause et à prendre des décisions stratégiques. Et les entrepreneurs sont les premiers concernés et  les mieux placés parce que rompus à la prise de décision. C’est même le cœur de leur métier que de décider. Nul doute que certains sauront rebondir et que d’autres disparaîtront avec ou sans leur entreprise, et parfois avec une belle somme en poche. L’avenir repose finalement dans la capacité de trouver une relève dans l’entrepreneuriat. Chaque île de l’océan Indien se situe, à sa façon, à la croisée des chemins et doit trouver ses nouveaux relais de croissance. L’Afrique en sera-t-elle une voie royale ou bien un simple mirage ? Il est trop tôt pour le dire. Mais l’on peut déjà affirmer que les « clusters » prônés par l’Américain Michael Porter sont une bonne façon d’aborder un continent très convoité. À condition de trouver un minimum d’entente dans des milieux insulaires – et dans un contexte régional - où cet exercice s’avère toujours difficile.
 

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Quand le MEDEF Réunion donne le mauvais exemple

La première organisation patronale de La Réunion n’a décidément pas de chance. Son précédent dirigeant, François Caillé, a conduit son groupe familial à la désintégration et quelques petits entrepreneurs, parmi ses fournisseurs, en ont mis la clé sous la porte. Son dauphin à la présidence du MEDEF, Yann de Prince, joue dans un autre registre. Plus malin sans doute, il vient de vend...