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Comores

Quand le Pays de la Lune… perd la lune

L’ancien président Sambi souhaite régler ses comptes avec son « dauphin » qu’il accuse régulièrement de tous les noms… - Ipreunion.com
Les navigateurs arabes qui ont baptisé l’Archipel « al kamar », le Pays de la Lune, auraient bien du mal à retrouver leur route tant la navigation en ses eaux troublées demande, aujourd’hui, bien plus que des qualités de marin…

« Objectif Lune » pourrait être le titre du prochain film comorien… Quelques pages du script :
- Politique : À bout de souffle dès le début de son mandat, le président Ikililou est aux abonnés absents. Seuls les principaux ministres semblent en forme… Les bons contrats signés dans les ministères en toute hâte et dans tous les sens auprès des partenaires historiques et habituels des Comores et/ou de nouveaux groupes privés étrangers semblent doper leur moral à la même hauteur que leurs finances… Après des élections législatives perdues par le pouvoir en 2015, les élections présidentielles de 2016 s’annoncent déjà comme un mauvais remake des « Tontons flingueurs »… L’ancien président Sambi souhaite régler ses comptes avec son « dauphin » qu’il accuse régulièrement de tous les noms… Les ponts sont donc coupés entre Sambi (« faiseur de roi » et trahi par son successeur version Juwa, le parti de Sambi) et Ikililou et ses alliés (de moins en moins nombreux et qui craignent le retour du « mollah »). Sambi, à la tête d’une opposition rassemblée et hétéroclite, vient d’ailleurs de se porter candidat à l’élection présidentielle en vertu d’une interprétation très personnelle de la constitution que seule la cour constitutionnelle pourrait et devrait contester… Si elle le souhaite… Et quand elle voudra ! À noter que selon la règle de la « présidence tournante », c’est à la Grande Comore que revient le privilège de présenter ses candidats à la présidence de « L’Union des Comores » (Mayotte ayant déclaré forfait jusqu’à présent). Les candidats n’étant, à ce jour, pas tous déclarés, nous aurons l’occasion d’y revenir… Une chose est sure : un refus de la candidature Sambi risque de rallumer une nouvelle fois le séparatisme de l’île d’Anjouan d’où le « mollah » est originaire et omniprésent…

- Economie : Pendant ce temps-là, les affaires continuent… Mal pour les groupes français Lafarge et Colas qui sont, depuis le début de leurs activités en Grande Comore, régulièrement attaqués… La légalité des contrats est contestée, les communautés villageoises s’émeuvent, les corporatismes sont à l’œuvre… Parfois même dans des combats franco-français… Un comble ! Pendant ce temps-là encore, la Chine place ses pions et les place plutôt bien : un nouveau port en construction à Mohéli (l’île du président Ikililou) avec des accords de pêche « sur mesure » (3 000 tonnes officiellement par an) et un nouveau stade omnisports de 10 000 places au sud de Moroni… Prévu ouvrir juste avant les jeux de l’océan Indien de 2019. Tout cela en plus d’une coopération bilatérale en pleine forme dans tous les secteurs. Pendant ce temps-là aussi, la Banque africaine de développement (BAD) s’agenouille une nouvelle fois au chevet de la MAMWE, la société nationale d’eau et d’électricité, en situation de faillite. Faillite technique et morale car la société ne jouit plus, depuis longtemps, de la moindre confiance de la population. Elle n’est plus en mesure de fournir de courant depuis longtemps dans les villages et seulement quelques heures par jour à Moroni, la capitale. Situation d’autant plus dramatique pour les Comoriens durant la période du ramadan.

Pendant ce temps-là enfin, plus de nouvelles ou presque des 600 millions de dollars abondés par les pays de la Ligue Arabe en faveur des Comores. Prévus d’être régulièrement versés dès 2012, ils étaient censés remettre à niveau un pays souffrant de tous les maux, et donner notamment le jour à des infrastructures modernes et opérationnelles. À part quelques millions qui ont financé des projets mineurs liés à l’éducation et la santé, tout semble en panne. La route des pays de « l’Or Noir » vers le pays de « la Lune » aurait-elle été perdue ? Ou attendent-ils plutôt le retour de Sambi (souvent qualifié avec justesse de pro-arabe) au pouvoir pour réactiver les nombreux dossiers à l’étude ?

Une fois de plus, rien n’est simple dans l’Archipel des Sultans Batailleurs qui jouit d’une situation stratégique exceptionnelle, de fonds marins potentiellement riches en hydrocarbures (voisins du Mozambique), d’une population accueillante et travailleuse (surtout à Anjouan), de ressources halieutiques et agricoles importantes mais si mal maîtrisées… Quarante ans après l’indépendance, le pays est toujours en devenir et cherche son sauveur. Se rapprochera-t-il de cet Occident pas si simple ou de cet Orient compliqué ? Inc’h Allah…

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