Réunion

Quelle relève pour l’entrepreneuriat à La Réunion ?

9 sep 2014 | PAR Alain Foulon | N°287
Le Tecoma Business Forum est organisé chaque mois par L’Eco austral en partenariat avec Nexa, l’agence de développement. Il prend la forme d’une table ronde qui se veut aussi un « think tank » en réunissant des entrepreneurs, des décideurs politiques et des experts. - Ipreunion
La reprise d’entreprise et la création de nouvelles activités par de jeunes entrepreneurs seront déterminantes pour l’avenir économique. Il y a donc urgence à susciter des vocations.

La question de la relève dans le monde économique se pose sérieusement car un grand nombre de dirigeants sont issus de la génération du « baby boom » et vont prendre leur retraite dans les toutes prochaines années. Leurs enfants ne sont pas toujours au rendez-vous même si l’on voit apparaître, encore timidement, certains « héritiers » sur le devant de la scène. La culture entrepreneuriale a fait des progrès et l’on voit aussi de jeunes Réunionnais diplômés se lancer dans des projets innovants. Mais il est nécessaire de passer à la vitesse supérieure afin de stimuler une croissance qui s’est ralentie depuis six ans. Comment développer encore davantage la culture entrepreneuriale ? Comment mieux informer les créateurs et leur éviter un parcours du combattant ? Quelles opportunités existe-t-il pour de nouvelles activités ? Comment un chef d’entreprise qui veut prendre sa retraite peut-il préparer sa sortie… et la réussir ? Autant de questions examinées lors du dernier Tecoma Business Forum, organisé par L’Eco austral en partenariat avec Nexa, l’agence de développement.

S’ATTAQUER AU DÉFICIT D’IMAGE

« Il y a d’abord la question de l’image du chef d’entreprise, souligne Patricia Boucard, présidente du Centre de jeunes dirigeants (une association nationale qu’on retrouve à La Réunion). Quand j’ai voulu créer mon entreprise de conseil en e-marketing, ma famille me poussait plutôt vers la fonction publique. »

Patricia Boucard, présidente du Centre de jeunes dirigeants : « Quand j’ai voulu créer mon entreprise de conseil en e-marketing, ma famille me poussait plutôt vers la fonction publique. » - Ipreunion

Patricia Boucard, présidente du Centre de jeunes dirigeants : « Quand j’ai voulu créer mon entreprise de conseil en e-marketing, ma famille me poussait plutôt vers la fonction publique. »

Un exemple significatif d’un phénomène qui a sans doute fait perdre beaucoup de « cerveaux » au secteur privé. Héritage colonial, le statut du fonctionnaire et son salaire valorisé s’identifient encore aujourd’hui à la réussite sociale. Et surtout à la promotion sociale pour les parents qui n’ont pas accédé à ce statut et en rêvent pour leurs enfants. Mais nécessité fait loi et la réduction des budgets publics a tendance à limiter les créations de postes. L’occasion de pousser de jeunes diplômés vers l’aventure entrepreneuriale. « Mais attention aux rêveurs qui s’improvisent entrepreneurs !, souligne Serge Hoarau, directeur du cabinet Iridium. Il y a souvent une grande distance entre le rêve et la réalité. Trop de jeunes méconnaissent le monde économique. Quoi qu’il en soit, c’est toujours la motivation qui fait la différence et j’ajouterai même : l’esprit d’abnégation. »Serge Hoarau, directeur du cabinet Iridium : « Il y a souvent une grande distance entre le rêve et la réalité. Trop de jeunes méconnaissent le monde économique… » - Ipreunion

Serge Hoarau, directeur du cabinet Iridium : « Il y a souvent une grande distance entre le rêve et la réalité. Trop de jeunes méconnaissent le monde économique… »

La notion de service au bien commun n’est pas négligeable. La Jeune Chambre économique (JCE) s’y attache tout en créant des liens entre les jeunes dirigeants et cadres et les entrepreneurs expérimentés.
Christelle Chon-Nam, représentante de la Jeune chambre économique : « Nous faisons parrainer un jeune entrepreneur par un entrepreneur expérimenté. » - Ipreunion

Christelle Chon-Nam, représentante de la Jeune chambre économique : « Nous faisons parrainer un jeune entrepreneur par un entrepreneur expérimenté. »

« Nous faisons parrainer un jeune par un entrepreneur expérimenté », signale Christelle Chon-Nam, représentante de la JCE. Une méthode qui a fait ses preuves à grande échelle au Québec où l’on appelle cela le « mentorat ».

ACCOMPAGNER LES JEUNES ENTREPRENEURS

Depuis quelques années, de nombreuses actions – comme le concours Business Challenge et les Doctoriales – sensibilisent à la création d’entreprise. Il existe aussi des structures qui peuvent accompagner ceux qui se lancent. « Nous avons un incubateur dans chacun des deux parcs technologique (nord et sud), souligne Jérôme Beaudemoulin, chargé de mission à la Technopole, et une trentaine d’entreprises en sont sorties. » La culture entrepreneuriale et, plus précisément, l’attrait pour l’innovation semblent avoir le vent en poupe. « Pour le concours de créations d’entreprises innovantes, on est passé de 60 dossiers à 110 », précise Jérôme Beaudemoulin.
Jérôme Beaudemoulin, chargé de mission à la Technopole : « Pour le concours de créations d’entreprises innovantes, on est passé de 60 dossiers à 110. » - Ipreunion

Jérôme Beaudemoulin, chargé de mission à la Technopole : « Pour le concours de créations d’entreprises innovantes, on est passé de 60 dossiers à 110. »

Gwenn Atheaux apporte un bémol. Elle est passée par l’incubateur pour son entreprise Mobie, spécialisée dans les « éco-procédés », et elle regrette qu’il n’y ait pas davantage de suivi à la sortie.
Gwenn Atheau, dirigeante de Mobie : « Je suis passée par l’incubateur, qui est une bonne formule, mais je regrette qu’il n’y ait pas davantage de suivi à la sortie. » - Ipreunion

Gwenn Atheau, dirigeante de Mobie : « Je suis passée par l’incubateur, qui est une bonne formule, mais je regrette qu’il n’y ait pas davantage de suivi à la sortie. »

La mobilité peut aussi apporter sa contribution, comme l’explique Alexandre Imhoff, directeur de LADOM, agence unique de l’État pour la mobilité. Son rôle consiste notamment à accompagner les jeunes qui vont étudier en France métropolitaine ou ailleurs, ainsi que les demandeurs d’emploi qui partent se former. LADOM fournit un billet d’avion à quelque 4 000 étudiants et à autant de stagiaires qui bénéficient en plus d’un hébergement. « Nous avons constaté que la moitié reviennent à La Réunion et que sur cette moitié, environ 10% créent une activité. Il s’agit le plus souvent de petites entreprises artisanales. »

Alexandre Imhoff, directeur de LADOM : « Nous avons constaté que la moitié des gens qui partent avec notre soutien reviennent à La Réunion. Sur cette moitié, environ 10% créent une activité et il s’agit le plus souvent de petites entreprises artisanales. » - Ipreunion

Alexandre Imhoff, directeur de LADOM : « Nous avons constaté que la moitié des gens qui partent avec notre soutien reviennent à La Réunion. Sur cette moitié, environ 10% créent une activité et il s’agit le plus souvent de petites entreprises artisanales. »

Difficile de savoir ce que deviennent ceux qui ne retournent pas tout de suite dans leur île natale et en particulier les étudiants qui s’engagent dans une carrière professionnelle. Ils représentent un gisement de « créateurs potentiels » ou cadres dirigeants qui, pour certains, s’identifient sur le site Internet « Réunionnais du monde ». Mais encore faut-il les convaincre d’un retour. Pas évident dans une île où le marché reste étroit et dominé souvent par quelques acteurs. Mais l’ouverture de La Réunion sur son environnement régional représente de nouvelles opportunités. Des Réunionnais expérimentés à l’international, de retour dans leur île natale, pourraient alors contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs. « Cela ferait du bien car il n’y a pas encore vraiment une culture de l’entrepreneuriat », commente Alexandre Imhoff.

L’OFFRE PEUT PORTER LE MARCHÉ

Un déficit qui explique que le « crowdfunding » (finance participative qui passe par Internet) peine à décoller alors qu’il a le vent en poupe en Europe et aux États-Unis. Le Collège coopératif s’est pourtant lancé dans l’aventure à l’initiative de quelques passionnés et a lancé « Poc-Poc ». « Nous fonctionnons sur une base de dons apportés à des projets en phase avec le développement durable, explique Jacques Tirel, président du Collège coopératif. Cinq projets sont en cours. » (Lire notre encadré au sujet de « Poc-Poc »).
Jacques Tirel, président du Collège coopératif : « Notre site Internet de finance participative Poc-Poc fonctionne sur une base de dons apportés à des projets en phase avec le développement durable. » - Ipreunion

Jacques Tirel, président du Collège coopératif : « Notre site Internet de finance participative Poc-Poc fonctionne sur une base de dons apportés à des projets en phase avec le développement durable. »

Pour des porteurs de projet, le marché peut se révéler étroit, bien sûr, sur une île de 840 000 habitants. Mais il n’est pas pour autant saturé dans tous les domaines, surtout si l’on considère le poids des importations. « Dans l’étude que nous venons de réaliser pour la  Chambre de commerce et d’industrie, nous avons identifié des opportunités pour différents produits en vue d’une import-substitution, explique Serge Hoarau. Et il existe aussi des débouchés importants dans l’économie sociale et solidaire qui peut prendre le relais dans certains cas à travers les entreprises d’insertion. L’association « Réunion Active » a pu ainsi soutenir une entreprise qui recycle le textile et qui en est à son treizième emploi créé. »
« De toute façon, il n’y a pas que la demande qui porte le marché, ajoute Gaston Bigey. L’offre est tout aussi importante. C’est d’ailleurs une rhétorique de l’Union européenne. »

Gaston Bigey, directeur général de Nexa : « Il n’y a pas que la demande qui porte le marché. L’offre est tout aussi importante. C’est d’ailleurs une rhétorique de l’Union européenne. » - Ipreunion

Gaston Bigey, directeur général de Nexa : « Il n’y a pas que la demande qui porte le marché. L’offre est tout aussi importante. C’est d’ailleurs une rhétorique de l’Union européenne. »

Vincent Le Baliner illustre pour une bonne part cette idée. Formé à l’immobilier et disposant déjà d’une première expérience dans ce domaine, il a décidé de lancé en 2010, à l’âge de 26 ans, Inovista, une agence spécialisée dans l’immobilier d’entreprise. « Nous assurons la commercialisation d’actifs, mais aussi la gestion locative et nous apportons des conseils aux utilisateurs. » Indépendant des promoteurs tout en étant leur prestataire, Inostiva peut donc apporter un jugement impartial et proposer à ses clients le produit qui correspond le mieux à leurs besoins. Et pour aller plus loin dans l’expertise et la connaissance du marché, Vincent Le Baliner a décidé de lancer un « Observatoire de l’immobilier d’entreprise » dédié aux études. Les débuts n’ont pas été faciles pour Inovista qui réalise aujourd’hui 800 000 euros de chiffre d’affaires. « J’ai dû faire appel au micro-crédit pour financer mon BFR (besoin en fonds de roulement – Ndlr), explique le jeune créateur. Heureusement, j’ai pu ensuite être suivi par la Banque de La Réunion, à hauteur de 200 000 euros et malgré une première année modeste. »
Vincent Le Baliner, fondateur et dirigeant d’Inovista : « J’ai dû faire appel au micro-crédit pour financer mon BFR (besoin en fonds de roulement – Ndlr). Heureusement, j’ai pu ensuite être suivi par la Banque de La Réunion, à hauteur de 200 000 euros et malgré une première année modeste. » - Ipreunion

Vincent Le Baliner, fondateur et dirigeant d’Inovista : « J’ai dû faire appel au micro-crédit pour financer mon BFR (besoin en fonds de roulement – Ndlr). Heureusement, j’ai pu ensuite être suivi par la Banque de La Réunion, à hauteur de 200 000 euros et malgré une première année modeste. »

Le hasard fait qu’un représentant de cette banque, Hervé Lebigre, directeur de l’activité banque privée, participe justement au Tecoma Business Forum. « Contrairement à ce qu’on dit, les banques prennent des risques, souligne ce dernier. Mais les risques doivent être partagés et, surtout, il faut travailler dans la transparence et la confiance. »

Hervé Lebigre, directeur de la banque privée à la BR : « En matière de reprise d’entreprise, une sortie doit se préparer assez tôt pour avoir de meilleures chances de réussite. » - Ipreunion

Hervé Lebigre, directeur de la banque privée à la BR : « En matière de reprise d’entreprise, une sortie doit se préparer assez tôt pour avoir de meilleures chances de réussite. »

Autre entrepreneur qui veut stimuler le marché par une offre nouvelle : Shanti Meralli-Ballou, Pdg de Silicon Village. Il s’est joint récemment à cette plateforme digitale créée en 2010 et qui, dans un premier temps, s’est concentrée sur le conseil stratégique aux start-up. Sous son impulsion, Silicon Village a lancé Avahis.com, une place de marché, en faisant entrer dans son capital l’un des deux Fonds communs de placements à risques (FCPR) gérés par Vivéris Management. Il s’agit de surfer sur la vague du commerce électronique en opérant de l’import-substitution. « Le problème c’est qu’il est toujours difficile de convaincre car une start-up est par essence une entreprise qui avance sur un marché incertain. De plus, nous n’avons pas à La Réunion de « success stories » qui pourraient être des têtes d’affiche et des locomotives du secteur, comme Amazon ou Google à l’échelle mondiale. » Shanti Merrali-Ballou déplore aussi la difficulté à La Réunion de pouvoir assurer la confidentialité d’un projet.

Shanti Meralli-Ballou, Pdg de Silicon Village : « Le problème c’est qu’il est toujours difficile de convaincre car une start-up est par essence une entreprise qui avance sur un marché incertain. De plus, nous n’avons pas à La Réunion de « success stories » qui pourraient être des têtes d’affiche et des locomotives du secteur… » - Ipreunion

Shanti Meralli-Ballou, Pdg de Silicon Village : « Le problème c’est qu’il est toujours difficile de convaincre car une start-up est par essence une entreprise qui avance sur un marché incertain. De plus, nous n’avons pas à La Réunion de « success stories » qui pourraient être des têtes d’affiche et des locomotives du secteur… »

L’accompagnement reste néanmoins primordial, comme le rappelle Marine Soichot, qui travaille sur le projet Kérosène qui est un accélérateur de start-up. « Nous sommes en discussion avec Yump (Young Urban Movement Project - Ndlr), un accélérateur qui développe notamment en France des académies pour les jeunes entrepreneurs. »

Marine Soichot, collaboratrice du projet Kérosène : « Nous sommes en discussion avec Yump (Young Urban Movement Project - Ndlr), un accélérateur de start-up d'origine suédoise qui développe notamment en France des académies pour les jeunes entrepreneurs. » - Ipreunion

Marine Soichot, collaboratrice du projet Kérosène : « Nous sommes en discussion avec Yump (Young Urban Movement Project - Ndlr), un accélérateur de start-up d'origine suédoise qui développe notamment en France des académies pour les jeunes entrepreneurs. »

LE MARCHÉ DE LA REPRISE D’ENTREPRISE VA EXPLOSER

Au-delà des « start-up » se pose aussi la question de la reprise d’entreprises existantes. Il arrive fréquemment, même dans de très belles affaires, qu’il n’y ait pas d’enfants ou bien des enfants qui ne souhaitent pas prendre le relais des parents.
« Il est parfois difficile pour un jeune diplômé de s’intégrer dans une structure, souligne Guillaume Narayanin, directeur général de la SPLAR (Société publique locale Avenir Réunion). La vision peut être différente d’une génération à l’autre. Et le marché est sans doute plus difficile aujourd’hui qu’il ne l’était il y trente ans où le terrain était encore vierge. Le dirigeant est aujourd’hui accaparé par des tâches administratives et c’est peut-être cela qui peut rebuter des jeunes. »

Guillaume Narayanin, directeur général de la SPLAR (Société publique locale Avenir Réunion) : « Le marché est sans doute plus difficile aujourd’hui qu’il ne l’était il y trente ans où le terrain était encore vierge. Le dirigeant est aujourd’hui accaparé par des tâches administratives et c’est peut-être cela qui peut rebuter des jeunes. » - Ipreunion

Guillaume Narayanin, directeur général de la SPLAR (Société publique locale Avenir Réunion) : « Le marché est sans doute plus difficile aujourd’hui qu’il ne l’était il y trente ans où le terrain était encore vierge. Le dirigeant est aujourd’hui accaparé par des tâches administratives et c’est peut-être cela qui peut rebuter des jeunes. »

Il existe cependant, aujourd’hui, plus de structures pour accompagner et « démocratiser » ainsi l’économie. Sans parler des fonds d’investissement comme ceux gérés par Vivéris Management. « Nous gérons deux FCPR (Fonds communs de placements à risques) dont l’un est destiné aux PME et notamment à la reprise d’activité car cela peut être le fait de cadres de l’entreprise quand il n’y a pas d’enfants pour reprendre. L’autre FCPR, abondé par des fonds publics, se destine aux start-up avec, forcément, une prise de risque plus importante », explique Gilbert Martin, directeur régional.

Gilbert Martin, directeur de Vivéris Management : « Nous gérons deux FCPR (Fonds communs de placements à risques) dont l’un est destiné aux PME et notamment à la reprise d’activité car cela peut être le fait de cadres de l’entreprise quand il n’y a pas d’enfants pour reprendre. L’autre fonds se concentre sur le start-up… » - Ipreunion

Gilbert Martin, directeur de Vivéris Management : « Nous gérons deux FCPR (Fonds communs de placements à risques) dont l’un est destiné aux PME et notamment à la reprise d’activité car cela peut être le fait de cadres de l’entreprise quand il n’y a pas d’enfants pour reprendre. L’autre fonds se concentre sur le start-up… »

Vivéris recherche, dans la mesure du possible, des effets de levier, en travaillant de concert avec des banques et avec certains dispositifs publics. La finalité est de ressortir du capital au bout d’un certain nombre d’années et après avoir contribué à mettre en œuvre un projet de développement.
Le marché de la reprise d’entreprise pourrait bien exploser dans les prochaines années avec la génération du « baby boom » (celles des patrons nés dans les années 50) qui va prendre sa retraite. La Banque de la Réunion l’a bien compris et Hervé Lebigre est chargé de ce segment de marché qui implique de nombreuses compétences (fiscales et juridiques notamment). « Une sortie doit se préparer assez tôt pour avoir de meilleures chances de réussite », déclare Hervé Lebigre. Pas toujours évident dans un contexte où la confidentialité est de rigueur. On veut vendre sans le faire savoir à ses clients et à ses salariés. « Je suis sur deux projets de cession, témoigne Serge Hoarau, mais dans la plus grande confidentialité. La question du prix se pose évidemment, mais ce qui compte pour les vendeurs, c’est que leur entreprise puisse poursuivre son développement. Une bonne cession signifie une bonne reprise des activités. »

Poc-Poc pour le financement participatif

Premier site de « crowdfunding » à La Réunion, la plateforme en ligne Poc-Poc a permis de financer, depuis son activation le 19 février, trois projets nouveaux d’activité locale. Le projet « RDZIL », de Michel Barrau, pour la mise au point d’une éolienne résidentielle anticyclonique, a recueilli 2 500 euros en une semaine seulement. Une production de mode locale bénéficie pour son lancement d’un budget de 5 800 euros. Un projet de sérigraphie de l’association culturelle Constellation a pu rassembler 1 500 euros pour l’acquisition d’un massicot professionnel. « L’outil internet nous permet de soutenir des projets qui ont du sens, explique Jean-Marc Laurent, membre du Collège participatif de La Réunion. À la différence d’autres types de réseaux, nous attachons plus d’importance aux projets qu’aux porteurs de projets. Nous les choisissons en fonction de notions de respect de l’homme, de l’environnement et du lien social. Pour créer une communauté de soutien à des projets portés par des Réunionnais. » Depuis trente ans, le Collège participatif anime des actions de soutien et de formation au développement local. L’animation de clubs Cigale, depuis 2004, pour la gestion de l’épargne alternative et de l’épargne solidaire, avait permis la création du site « Réunionnais du Monde », un réseau en ligne dédié à la diaspora réunionnaise, et de structures de commerce équitable, de puériculture et de distribution de produits biologiques locaux. « C’est plutôt nous qui allions vers les porteurs de projets, analyse Jacques Tirel, président du Collège participatif. De plus, les clubs Cigale devenaient difficiles à mener sur le long terme. L’irruption du dispositif de financement participatif sur Internet, et son essor considérable dans le monde, nous a inspiré la création de Poc-Poc. » Chaque porteur de projet amène vers le site sa propre communauté de soutien, renforçant une dynamique profitable à tous. Trois autres projets sont en cours de financement. - Philippe Stéphant
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Quelle relève pour l’entrepreneuriat à La Réunion ?

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