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Recherche des chefs désespérément !

1 fév 2017 | PAR Alain Foulon | N°316


Il n’est pas sûr que François Hollande soit vraiment mécontent du résultat de la Primaire socialiste même si l’échec de son ex-Premier ministre Manuel Valls représente pourtant un rejet de son bilan. Il doit se dire que, finalement, il a bien fait de renoncer pour ne pas avoir à défendre ce bilan et éviter un humiliant désaveu. La pâle figure de Benoît Hamon, sorti gagnant du casse-pipes, nous laisse douter de ses chances d’accéder au second tour de l’élection présidentielle. Mais beaucoup de choses peuvent encore se passer avant le 23 avril 2017, comme nous le montre « l’affaire » qui éclabousse François Fillon au sujet de l’emploi de son épouse comme attachée parlementaire. Un « missile » lancé au bon moment et sans doute pas par hasard. 

L’AVEUGLEMENT DE FRANÇOIS HOLLANDE

Si François Hollande n’a guère brillé sur le plan national, il s’est efforcé de compenser son inefficience par de la fermeté sur le plan international. Mais cette fermeté a surtout consisté à s’aligner sur les positions américaines, allant jusqu’à la surenchère, et à se montrer complètement aveugle dans le dossier syrien, sans parler d’une stupide politique menée vis-à-vis de la Russie, dans un total mépris de l’Histoire. À se demander si l’on apprend cette matière à l’ENA. Le hasard a fait qu’à quelques jours de distance, j’ai pu voir le reportage de France 2 sur les femmes indésirables dans un bar de Sevran, cité de la banlieue parisienne, et un documentaire sur les femmes syrienne craignant pour leur liberté en cas de défaite de Bachar el-Assad. De quoi se dire que François Hollande, au lieu de s’occuper du président syrien en demandant son départ, allant jusqu’à soutenir de soi-disant « rebelles modérés », aurait mieux fait de s’occuper de Sevran et de sa loi islamique.  

LE PRÊTRE, LE PROPHÈTE ET LE ROI

Tout cela nous amène à penser que les Français, comme beaucoup d’autres peuples, à Madagascar, à Maurice ou ailleurs, veulent avant tout de vrais chefs, dotés d’une vision, d’une stratégie et surtout d’un pragmatisme leur permettant de prendre la bonne décision au bon moment. À ce sujet, un petit livre de 100 pages, publié par François Bert - « Le temps des chefs est venu - Autopsie de la personnalité présidentielle & solutions pour l’avenir » - se révèle très instructif. Cet ancien officier parachutiste à la Légion étrangère, reconverti dans le management avec son cabinet « Edelweiss RH », se montre assez féroce avec les personnalités politiques françaises qui ont dirigé l’État ou ont la prétention de le diriger. François Bert cite Louis XIV : « Gouverner, c’est laisser agir la facilité du bon sens », et il examine le cas des sept présidents de la Ve République française à travers les figures du « prêtre », du « prophète » et du « roi », ce dernier étant le chef par excellence. Seuls Georges Pompidou et François Mitterrand font partie de cette catégorie et cela étonnera sans doute plus d’un lecteur d’en voir exclu le général de Gaulle. Mais François Bert explique comment celui-ci est davantage un visionnaire qu’un chef de guerre. À trois reprises, lors de grands tournants historiques, il semble dépassé par les événements et ne prend pas les bonnes décisions : en 1946 (à la sortie de la guerre), puis au moment de la guerre d’Algérie et, enfin, lors de la révolte étudiante de mai 68 qui entraîne un vaste mouvement social et son départ. Depuis Nicolas Sarkozy et François Hollande, la pénurie de chefs s’est aggravée et l’on a bien du mal à distinguer des figures de chef parmi ceux qui briguent le mandat présidentiel à l’heure actuelle. 

UNE AUTORITÉ SURNATURELLE

Marine Le Pen elle-même est victime de la dictature des communicants et s’en tient à la catégorie du « prêtre », au contraire de Marion Maréchal-Le Pen qui n’est cependant pas la candidate du Front national. Sur la scène internationale, des chefs ont émergé comme Vladimir Poutine, mais l’on ne sait pas encore ce qu’il en sera de Donald Trump qui vient d’accéder au pouvoir. Une chose est sûre, on manque de chefs et la classe politique a besoin de se renouveler. Au contraire de ce qu’on pourrait penser, le chef n’est pas celui qui manifeste de l’autoritarisme (de ce côté-là, le « prêtre » et le « prophète » peuvent être autant, sinon plus redoutables). Il est celui qui se place au-dessus de la mêlée, mais « se nourrit des contextes pour produire du discernement et donc de la décision ». Ce qui lui confère une autorité naturelle. On pourrait presque dire « surnaturelle » et ce n’est pas pour rien que François Bert se penche sur le personnage de Jeanne d’Arc. 

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