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Madagascar

Réfugiés politico climatiques

19 mar 2017 | PAR Jacques Rombi
Aux dernières nouvelles, le cyclone Enawo à Madagascar aurait fat 78 morts, 250 blessés, 18 disparus, 80000 sans abris… Des chiffres alarmants mais qui restent encore en deça de la réalité tant les informations des provinces les plus reculées ne remontent à la capitale que de façon aléatoire.
De fait, ce bilan déjà lourd ne prend en compte que les zones les plus faciles à observer : zones urbaines et leurs périphéries qui sont victimes d’une surpopulation issue d’un exode rural qui s’amplifie toujours plus chaque année.
Et pour cause ? L’absence totale de planning familial, de sensibilisation ou tout simplement d’éducation entraîne une démographie exponentielle. La population malgache, rurale à 70%, ne peut étendre indéfiniment ses cultures et s’en prend à la forêt. Quand celle ci est totalement transformée en charbon de bois, il ne reste alors plus que la solution de l’exil vers les centres urbains.
La suite est bien connue : mendicité, prostitution ou délinquances diverses depuis des bas quartiers inondés à chaque pluie, dévastés à chaque cyclone.
Ce cycle pervers ne semble pourtant pas près de s’arrêter puisque le manque de sensibilisation et d’éducation se traduit sur le terrain par toujours plus de bouches à nourrir, de déforestations et de dérèglement climatique tant on sait que les forêts captent le carbone tout en régulant les climats.
Pourtant loin de faire leur mea culpa, les autorités se positionnent en véritables victimes comme ce fut le cas lors de la dernière assemblée générale des Nations Unies en septembre 2016. Le Président avait présenté, au lendemain d’orages violents ayant touché la capitale et ses environs, les milliers de victimes comme des « réfugiés climatiques ». Ces sinistrés n’étaient en fait victimes que du manque de planification d’un Etat central qui, en amont, a oublié d’éduquer ses paysans et, en aval, a oublié de les recevoir dignement dans les centres urbains.
Depuis leurs cortèges de véhicules blindés, la seule réponse qu’ils proposent alors à ces sinistrés (abrités sous des campements fournis par la Croix Rouge) est de quémander l’aide internationale. Sans infrastructures, assainissement, sans éducation pour appréhender les grands discours, toujours ponctués par des distributions de sacs de riz, les sinistrés ne peuvent qu’applaudir aux discours de leurs bourreaux de l’ombre.
Il faut bien sûr répondre favorablement aux demandes du Père Pedro et de diverses associations humanitaires comme c’est le cas actuellement. Dans l’urgence, nous n’avons pas le choix. Mais tous ces drames n’auraient ils pas pu être évités avec un minimum d’anticipation ?
A la même AG des Nations Unies l’an dernier, le président Hery Rajaonarimampianina a déclaré dans son allocution de clôture :
« Madagascar fait partie des pays qui subissent en permanence les effets dévastateurs du changement climatique alors que nous prônons un développement responsable qui préserve l’environnement. En retour, nous nous attendons à une allocation et répartition équitable des ressources du Fonds vert et de transferts de technologies adaptées pour compenser notre perte de compétitivité. »
A méditer.
 
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