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Rouan Joggyah, le Mauricien qui veut démocratiser le fast-food

Rouan Joggyah est convaincu du potentiel de la Grande Île ©Droits réservés
Résidant dans la Grande Île depuis une vingtaine d’années, Rouan Joggyah a décidé d’y créer son entreprise en se lançant dans la restauration rapide avec son projet Kebn’Grill. La recette de la réussite passerait-elle par le kebab ?

Convaincu qu’il est possible de faire des affaires en Afrique tout en étant éthique, le Mauricien Rouan Joggyah a décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat à Madagascar. Il est arrivé au pays en 1999 quand son père y a ouvert une entreprise textile. Il fréquente alors le lycée français de Tananarive et y décroche un bac en économie en 2009. 
Il part ensuite à Maurice pour entamer une formation en management de trois ans. Mais il sait déjà qu’il va revenir dans la Grande Île : « Je savais aussi à l’époque que je voulais entreprendre… en quoi, je ne le savais pas encore. » Il croit dans le potentiel du pays même si « c’est peut-être plus difficile », en tout cas « beaucoup plus enrichissant humainement, et il y a encore à faire ».  De retour en 2012, le jeune homme  travaille aux côtés de son père avant d’installer un projet qui lui tient à cœur dans le domaine de l’agriculture.
Il se tourne ensuite vers la restauration rapide. Même si le concept n’est pas encore bien établi à Madagascar, il commence à prendre de l’ampleur, notamment dans la capitale. Quelques enseignes locales se sont en effet bien positionnées au cours des cinq dernières années et prochainement, la chaîne de fast-food américaine Kentucky Fried Chicken ouvrira une franchise. 

Apprendre de ses erreurs

Le jeune Mauricien a ainsi lancé en janvier 2015 son projet Kebn’Grill, un fast-food spécialisé dans les kebabs (sandwichs à la viande grillée)  et les burgers. « Les aliments sont préparés sous les yeux des clients grâce à la cuisine ouverte ; on a été l’un des premiers à développer le concept », explique-t-il. 
Malgré de bons retours, l’établissement pilote doit fermer ses portes à cause d’une erreur dans le choix de l’implantation et d’un menu trop diversifié qui retarde le process. Il doit ainsi revoir son offre en se concentrant d’abord sur ce « qu’il sait faire le mieux ». L’enseigne rouvre  ses portes avec un premier restaurant en janvier 2018 et un second en plein centre-ville en novembre de la même année.
Avec des recettes qui lui sont propres, Kebn’Grill affiche une bonne capacité de production. L’enseigne a en effet établi de bons rapports avec ses fournisseurs, ce qui lui a notamment permis d’assurer l’approvisionnement quotidien en pain, viandes de bœuf et de poulet. « Les challenges sont nombreux comme produire en temps et en heure, faire de la qualité, satisfaire le consommateur et gérer la croissance », fait valoir Rouan Joggyah. Il sait qu’il peut compter sur une douzaine de collaborateurs dévoués et engagés, ainsi que sur des clients satisfaits, donc fidèles. Et cela lui donne envie d’aller encore plus loin. Il prévoit l’ouverture de trois ou quatre points de vente dans d’autres endroits stratégiques de la capitale, voire à Toamasina (Tamatave) sur la côte est, d’ici la fin de l’année. 
Le Mauricien veut également que 2019 soit une année de professionnalisation. Outre son objectif de tripler l’effectif actuel, il compte sur une montée en compétences du staff via des investissements en formation et accompagnement. L’offre de produits s’étoffera graduellement par la suite. « Le plus important est de progresser en écoutant les consommateurs et en respectant toujours nos principaux objectifs qui sont la qualité, la quantité, la rapidité, le service et l’hygiène. »  Les ingrédients de la réussite.

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