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Se libérer de la bien-pensance pour s’enrichir humainement

1 nov 2016 | PAR La rédaction | N°314
Le politiquement correct touche aussi le monde de l’économie où l’on assène parfois des « évidences » qui, en réalité, son loin d’être évidentes. Et ceux qui osent les rejeter en tirent le meilleur profit pour eux.mêmes… et pour leur entreprise.


Dans le registre de la bien-pensance, il y a par exemple l’idée que « la fusion de deux entreprises va donner un géant qui va dominer son marché ». Celui qui l’émet sait qu’il aura peu de chances d’être contesté. Et pourtant, pour avoir vécu de près certaines fusions, il m’est apparu clairement que le 1+1 pouvait faire non pas 10 comme attendu par ses promoteurs mais tout au mieux 1, quand ce n’est pas moins que 1… Pour mieux appuyer certaines idées bien-pensantes, certains vont les rendre encore moins contestables en citant des experts ou des intellectuels « incontestables ». Prenons ainsi le titre d’un récent livre : « Einstein avait raison, il faut réduire le temps de travail ». À la base, on se trouve déjà dans la bien-pensance, dans l’idée que le travail est vecteur de beaucoup de maux humains. Le réduire « va de soi » et si, en plus, un illustre intellectuel ajoute sa caution, il n’y a rien à dire. 

UN BLOCAGE DE LA COMMUNICATION 

L’ennui avec la bien-pensance, c’est qu’elle interdit tout échange, toute discussion, tout débat. Il y a un jugement a priori qui fonctionne comme un tabou à ne pas transgresser. Le psychologue américain Elias Porter était conscient de l’importance des attitudes dans les relations humaines. C’est ainsi qu’il a travaillé sur la définition d’une typologie de six attitudes donc celle du jugement qui se réfère à des normes et des valeurs et impose un point de vue d’« expert ». Cela peut générer de la culpabilité, un sentiment de révolte, le besoin de se justifier, un blocage de la communication, de l’agressivité ou une relation de dépendance. Dans la vie économique, ces jugements empêchent toute créativité et innovation. Si la pensée est canalisée dans un spectre étroit, il devient impossible d’aboutir à toute grande idée novatrice. Ce n’est d’ailleurs par pour rien que bon nombre d’inventions ont été trouvées « par hasard ». 

MOINS DE BIEN-PENSANCE, C’EST PLUS D’INNOVATION 


On parle de « sérendipité » pour désigner le fait d’arriver à une découverte scientifique ou à une invention technique de façon inat.tendue, à la suite d’un concours de circonstances et très souvent dans le cadre d’une recherche concernant un autre sujet. Parmi les nombreux exemples de découvertes et inventions liées au hasard, on peut citer le four à micro-ondes, la pénicilline, le post-it, le téflon, l’aspartame, etc.. Le hasard permet alors de sortir des sentiers battus de la bien-pensance. Fort heureusement, on ne peut museler complètement l’esprit humain et celui-ci trouve toujours le moyen de s’exprimer même quand on veut le contraindre ou l’obstruer. Cela dit, on gagnerait beaucoup de temps et on ferait bien plus de belles découvertes si d’emblée on se donnait une éthique de tolérance très large plutôt que d’avoir recours au jugement de la bien-pensance. Il est temps de se libérer de cette chape de plomb. Il faut se faire confiance, écouter, chercher à comprendre… Un comportement qui porte un nom selon Elias Porter. Il s’agit de « l’attitude de compréhension », basée sur une vraie volonté de laisser les autres s’exprimer et de comprendre leur ressenti. Une entreprise qui l’adopte ne peut qu’être plus performante et générer plus d’innovation.

(*) Bernard Alvin Bernard Alvin

Il est à la tête de son propre cabinet, Bernard Alvin Conseil, fondé en 1995 et spécialisé dans l’accompagnement des hommes dans le domaine du développement des potentiels. Bernard Alvin a « coaché » ses premiers cadres et dirigeants dès 1991, faisant figure de pionnier avant que n’arrive la mode du coaching. Cherchant à aller plus loin, il fera émerger le concept de « management vocationnel » à partir de 2005. Il a pratiqué son métier en France métropolitaine, dans les DOM-TOM et dans plusieurs pays dans le monde, dont le Brésil. Il intervient en effet en français, en anglais et en portugais. 
bernard.alvin@gmail.com

 

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