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Maurice/Afrique

Second African Business & Social Responsibility Forum 2018

26 Jan 2018 | PAR Jean-Michel Durand
La première édition de l'AFRICAN BUSINESS & SOCIAL RESPONSIBILITY FORUM a été marquée par la volonté forte des entreprises africaines à intégrer le concept de Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) dans leurs pratiques managériales. Son invitée d’honneur était la présidente de la République de Maurice, Ameenah Gurib-Fakim (en sari, au centre de la photo). Elle sera également présente le 2e African Business & Social Responsibility Forum 2018 qui aura lieu les 26 & 27 février à Maurice. - DR
Trop souvent méconnue, la Responsabilité Sociale des Entreprises, ou RSE, est pourtant un enjeu stratégique et économique pour les entreprises africaines. Stéphane Moudouté-Bell, Commissaire général de l'AFRICAN BUSINESS & SOCIAL RESPONSIBILITY FORUM dont la seconde édition aura lieu à Maurice, les 26 et 27 février, fait le point sur la question.

L’Eco austral : Vous allez présenter le 2e African Business & Social Responsibility Forum 2018 qui aura lieu les 26 & 27 février à Maurice. Quel bilan avez-vous tiré de la première édition? Que peut-on attendre de cette seconde rencontre? 
 
Stéphane Moudouté-Bell, Commissaire général de l'AFRICAN BUSINESS & SOCIAL RESPONSIBILITY FORUM : La première édition de l'AFRICAN BUSINESS & SOCIAL RESPONSIBILITY FORUM a été marquée par la volonté forte des entreprises africaines à intégrer le concept de Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) dans leurs pratiques managériales. Ces dernières ont pris l’engagement de promouvoir la bonne gouvernance au sein des entreprises, quelle que soit leur taille, pour soutenir notamment l’accès aux capitaux, atténuer les risques et adopter des pratiques commerciales durables; encourager l’alignement des politiques sociétales des entreprises aux 17 nouveaux objectifs du Développement Durable; maintenir un dialogue permanent entre les entreprises pour un échange d’expériences; encourager et faciliter l’appropriation de la RSE par les PME et Start-up. Un an après, certaines entreprises ont partagé les actions prises liées aux recommandations du Forum à travers le Club AFRICAN BUSINESS & SOCIAL RESPONSIBILITY FORUM, pierre angulaire du processus de suivi post-forum.    
Par ailleurs, face aux mutations économiques que connaissent les espaces dans lesquels opèrent nos entreprises, elles doivent faire preuve de résilience en mettant l’accent sur des démarches d’innovation tenant compte des enjeux environnementaux, économiques et sociaux.

À travers des panels, Master Class et Visites de terrain animés par des conférenciers et experts de haut niveau, l’objectif de ce deuxième Forum sera de démontrer aux entreprises, l’importance d’ancrer des marqueurs de RSE dans leur processus d’innovation pour en faire de véritables leviers de croissance profitable au plus grand nombre. - DR
À travers des panels, Master Class et Visites de terrain animés par des conférenciers et experts de haut niveau, l’objectif de ce deuxième Forum sera de démontrer aux entreprises, l’importance d’ancrer des marqueurs de RSE dans leur processus d’innovation pour en faire de véritables leviers de croissance profitable au plus grand nombre. - DR
 

Permettez-moi d’utiliser la tribune que vous m’offrez pour inviter les entreprises mauriciennes et de la région à venir partager leurs expériences RSE, les 26 et 27 février 2018, au Hilton de Flic-en-Flac (www.africa-businessforpeople.com). 
 
Où en est l'Afrique en matière d'économie responsable? 


 La notion d’économie responsable arrime la performance économique d’une entreprise aux principes éthiques, tels que la protection de l’environnement et la préservation du lien social. Ceci induit que le prix des biens et services doit refléter le coût environnemental et social de l’ensemble de leur cycle de vie, c’est-à-dire de l’extraction des ressources à la valorisation, en tenant compte de la fabrication, de la distribution et de l’utilisation. Il est réaliste de reconnaître que l’Afrique accuse un retard sur ces aspects. 
Cependant, des secteurs clés comme l’agroalimentaire, les hydrocarbures et les mines ont compris l’intérêt d’intégrer ces problématiques dans leur mode de fonctionnement car les populations ont subi directement l’effet désastreux de la gestion environnementale des entreprises ; souvenez-vous des procès contre les géants pétroliers au Nigéria, ou miniers en Afrique du Sud. Les parties prenantes ont aujourd’hui des attentes élevées par rapport aux questions de développement durable. Organisées souvent en tissu associatif, ces dernières sont alertes face à des conséquences découlant des activités d’entreprises non exemplaires en termes d’éthique dans la conduite de leurs affaires (pollution de nappes phréatiques, conséquences du torchage de gaz dans l’industrie pétrolière, déforestations massives, non-respect des réglementations locales, etc.). 
 
Comment gérer une entreprise rentable, tout en jouant un rôle social dans son pays, son environnement ?  
 

Face aux attentes élevées des parties prenantes en termes de Développement Durable, il est important de rappeler que l’objectif premier d’une entreprise est de faire du « Business ». Bien entendu, ces dernières doivent opérer leurs activités de manière responsable en s’appuyant, entre autres, sur des instruments tels que les directives édictées par les États (quand elles existent) et les normes de type ISO 26000 et 37000. - DR
Face aux attentes élevées des parties prenantes en termes de Développement Durable, il est important de rappeler que l’objectif premier d’une entreprise est de faire du « Business ». Bien entendu, ces dernières doivent opérer leurs activités de manière responsable en s’appuyant, entre autres, sur des instruments tels que les directives édictées par les États (quand elles existent) et les normes de type ISO 26000 et 37000. - DR
 

Les nombreux défis inhérents au triptyque Social-Économie-Environnement, imposent aux entreprises des réponses qualitatives. À travers leurs politiques RSE, cela devrait se décliner par des actions sociétales innovantes, vectrice de cohésion et d’équité sociale; de développement socio-économique des territoires où elles sont implantées; d’accès de tous aux biens et services essentiels. Ce processus irréversible est bénéfique à long terme pour les entreprises car il permet, entre autres, une amélioration de la performance financière, d’impliquer davantage les employés dans le fonctionnement de l’entreprise, d’avoir de meilleures relations avec les investisseurs et un accès plus facile aux capitaux, d’augmenter les ventes et la loyauté des consommateurs, d’attirer les talents, d’améliorer l’image de marque et la réputation, et d’atteindre une meilleure productivité. 
 
Quels sont les pays les plus avancés en RSE ? 

Le classement 2017 des pays « RSE Friendly » effectué par  l’Insitut RESPECO (rattaché au « World Forum for a Responsible Economy »), positionne le Burkina Faso (38), le Sénégal (44), le Gabon (51), le Maroc (54) et le Ghana (55) comme étant les 5 pays les plus avancés en termes de RSE sur le continent. La faiblesse des données nationales permet difficilement de dégager des tendances lourdes sur les pays qui proposent les conditions les plus favorables à la mise en place d’une démarche RSE. Il est donc plus qu’urgent de mettre en place un système de classement adapté aux réalités de nos écosystemes « Business ».  

Les PME voire TPE sont l'épine dorsale de nos économies. Or bien souvent on s'aperçoit que la responsabilité sociétale des entreprises demeure l'apanage des grands groupes souvent étrangers ? Comment inciter nos sociétés à miser sur la RSE? 

Représentant 90 % des entreprises en Afrique et 45 % d’emplois crées, les PME sont, en effet, l'épine dorsale de nos économies. Il est donc fondamental que ces catégories d’entreprises puissent, de manière progressive, s’approprier la RSE afin de contribuer à une croissance durable. Au-delà des cadres réglementaires étatiques et les directives des normes ISO, les multinationales et les Champions africains tels que MTN et ECOBANK, peuvent y contribuer en promouvant, dans leur chaine de valeur, de bonnes pratiques RSE (bonne gouvernance, droits de l’Homme, les relations et conditions de travail, l’environnement, les questions relatives aux consommateurs,etc.). En effet, les grandes entreprises ont une connaissance des PME et des défis spécifiques auxquels elles sont confrontées. Elles peuvent apporter des directives appropriées, les bonnes pratiques générales, et être un exemple de réussite en RSE dont les PME/TPE peuvent s'en inspirer.   
Par ailleurs, l’Engagement Latitude Monde, conçu par le cabinet que je dirige, est un outil qui accompagne les entreprises dans cette démarche par le biais d’une approche basée sur le Mentoring. De plus, des campagnes de sensibilisation faciliteraient une meilleure compréhension de la RSE par les PME/TPE pour fixer certaines idées reçues et libérer leur potentiel en la matière. 

Stéphane Moudouté-Bell
Stéphane Moudouté-Bell, Directeur de Latitude Monde, a plus de 15 d’expérience dans le conseil en communication et Développement Durable. Il est l’organisateur de l'AFRICAN BUSINESS & SOCIAL RESPONSIBILITY FORUM dont la première édition aura lieu les 20 et 21 février 2017 au Labourdonnais Hotel, à Port-Louis (www.africa-businessforpeople.com). Il a été directeur de la Communication de Shell au Gabon et du bureau sous-régional de la FAO en Afrique centrale.
Il a aussi été consultant pour le Groupe Africsearch, Sanofi-Aventis, ADDAX petroleum, etc.
Stéphane Moudouté-Bell est l’auteur de l’ouvrage « La recherche scientifique et le développement en Afrique. Idées nomades » (Ed. Karthala).
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