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Seize plantes de La Réunion dans la pharmacopée française

16 déc 2014 | PAR La rédaction | N°291
Si la plupart des plantes étaient d’ores et déjà vendues sur les marchés par les « tisaneurs », ces tradipraticiens au savoir précieux, elles devraient maintenant pouvoir prendre le chemin d’une commercialisation plus conventionnelle, en pharmacie notamment. - Stocklib/Marek Uliasz
Se faire prescrire ces plantes médicinales endémiques, c’est désormais possible. Le résultat de plusieurs années de travail qui représente une avancée historique pour le patrimoine végétal des Mascareignes.

Depuis le 1er aout 2013, seize plantes aromatiques et médicinales issues de La Réunion sont inscrites à la pharmacopée française. Plus qu’une simple autorisation administrative, c’est une petite révolution qui est en train de s’opérer, non seulement à l’échelle du territoire, mais aussi pour l’ensemble des départements d’Outre-mer.
« Cette inscription possède avant tout une valeur sécuritaire », explique Claude Marodon, pharmacien et président de l’Aplamedom, l’Association pour les plantes aromatiques et médicinales de La Réunion. En effet, maintenant que ces plantes, bien connues à La Réunion, sont inscrites à la pharmacopée, une filière va pouvoir être créée, qui ouvrira la voie à une standardisation de leur exploitation. « Cela doit être mis en place de façon à garantir au consommateur un taux de principe actif régulier dans le temps et, surtout, une sécurité d’emploi en écartant toute toxicité », ajoute le spécialiste. Si la plupart de ces plantes étaient d’ores et déjà vendues sur les marchés par les « tisaneurs », ces tradipraticiens au savoir précieux, elles devraient maintenant pouvoir prendre le chemin d’une commercialisation plus conventionnelle, en pharmacie notamment.
« Avec l’Aplamedom, nous souhaitons mettre en place un label garant de traçabilité et donc de sécurité d’emploi, et qui incitera les producteurs à se soumettre à des exigences de contrôle », explique Claude Marodon. C’est surtout cela qu’apporte l’inscription à la pharmacopée. Les plantes, clairement identifiées quant à leur lieu de provenance et labellisées, pourront être vendues en pharmacie et même prescrites par les médecins qui le souhaitent et qui auront été formés à leur usage. « Cependant, nuance le pharmacien, elles ne seront pas uniquement soumises à prescription car dénuées de toxicité, elles peuvent être délivrées hors des pharmacies. Nous avons d’ailleurs été très attentifs à cela lorsque nous avons choisi quelles plantes devaient être présentées. Pour nous, la balance risque/bénéfice devait clairement être en faveur du bénéfice apporté. »
Alors quid de la cueillette sauvage ? Elle semble compromise dans la mesure où l’accent sera mis sur la culture et non plus sur le prélèvement en milieu naturel. Et ceci pour des raisons évidentes de préservation du milieu d’origine des plantes.
Certaines plantes désormais inscrites à la pharmacopée étant plus aisées à cultiver que d’autres, des filières vont se développer plus facilement pour quatre à cinq d’entre elles, comme c’est le cas avec le Faham, orchidée fragile dont la culture a d’ores et déjà été lancée avec un certain succès par un petit producteur.

UN LONG PARCOURS JUSQU’À L’INSCRIPTION OFFICIELLE

- 2000 : Organisation à La Réunion, à l’initiative de quelques passionnés, du premier colloque international sur les plantes aromatiques et médicinales de l’Outre-mer. Le premier pas vers une reconnaissance d’un patrimoine végétal unique.
- 2009 : La loi LODEOM n°2009-594 (27 mai) modifie le Code de la santé publique et la définition de la pharmacopée française en y incluant les plantes de l’Outre-mer.
- 2011 : Le CIOM (Comité interministériel de l’Outre-mer) donne les moyens aux départements et collectivités d’Outre-mer de présenter quinze plantes à l’inscription à la pharmacopée française via des financements de l’Odeadom (Office pour le développement de l’économie agricole Outre-mer). En novembre, l’Aplamedom (Association pour les plantes aromatiques et médicinales de La Réunion) est missionnée pour coordonner et rédiger une première série de monographies. L’association organise alors plusieurs réunions de concertation avec les tisaneurs et tradipraticiens locaux afin de dresser une liste des plantes de la pharmacopée traditionnelle réunionnaise et les classer selon leur fréquence d’utilisation. Un comité de pilotage pluridisciplinaire est mis en place et 24 plantes sont ainsi retenues selon plusieurs critères.
- 2012 : Le 15 mai et le 25 juin, 23 monographies sont présentées au groupe de travail « Pharmacopée - Liste des plantes médicinales » de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament).
- 2013 : Le 1er août, 16 de ces plantes sont définitivement inscrites à la pharmacopée française.
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