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SEMADER : L’économie mixte pour bâtir La Réunion de demain

16 déc 2014 | PAR Philippe Stéphant | N°291
La Semader a remporté, fin 2012, le projet d’aménagement Cœur de Ville, à La Possession, qui concerne 33 hectares et 160 000 mètres carrés de bâtiments. - DR
Aménageur, bailleur social et développeur économique, la Semader a structuré ces trois activités pour accomplir au mieux ses missions au service des collectivités locales. Et ça fonctionne plutôt bien.

En décembre 2013, la Semader (Société d’économie mixte d’aménagement, de développement et d’équipement de La Réunion) a été le premier bailleur social à mobiliser les acteurs institutionnels et privés pour redynamiser l’habitat social à La Réunion et réhabiliter un tiers de son parc locatif. Une aide de 14 millions d’euros a fait l’objet d’un protocole d’accord avec la CGLLS (Caisse de garantie du logement locatif social) et des actionnaires de la SEM : la Caisse des Dépôts et les intercommunalités de l’ouest (TCO) et du sud (CIVIS). « Grâce à ce protocole, nous avons retrouvé un rythme de production cohérent et nous nous inscrivons dans la durée, avec un programme de développement sur cinq ans, indique Joël Personné, directeur général de l’entreprise. Nous lançons, en 2014, plus de 500 logements, pour développer notre patrimoine à plus de 7 000 logements. Et nous allons livrer les premières opérations de PSLA (Prêt social location-accession). Nous avons constaté la grande attente d’une partie de la population réunionnaise qui ne trouve pas de réponse dans le logement social ni dans le marché privé. C’est pleinement notre rôle de SEM (société d’économie mixte) d’intervenir là où le secteur privé ne sait pas apporter une réponse satisfaisante. » Le protocole prévoit la livraison de 550 logements en moyenne par an, dont 100 PSLA, à partir de 2015. Soit la mise en chantier, par la Semader, de plus de 2 750 logements sur cinq ans, pour un montant d’investissement de 495 millions d’euros.

IL MANQUE UNE FILIÈRE DE LA RÉHABILITATION À LA RÉUNION

« Nous poursuivons un programme important, désormais à marche forcée, pour réhabiliter 2 000 logements en quatre ans. Le montant des travaux au logement est beaucoup plus important qu’en métropole car nous avons une véritable problématique de mise aux normes », s’alarme Joël Personné. Les logements d’avant 1990 accusent aujourd’hui un retard énorme sur la réglementation. « Une politique de financement se doit d’être homogène et cohérente et j’appelle de mes vœux l’élargissement de la défiscalisation ou du crédit d’impôt sur les projets de réhabilitation. » La Semader tient le rythme, non sans inquiétude quant à la capacité de la filière du BTP à répondre à cet enjeu. « Il est probable que La Réunion doive porter des programmes de réhabilitation, en milieu occupé, de 1 000 logements par an, ce qu’elle n’a jamais connu. C’est un métier particulier. Il faut une filière qui puisse nous garantir une vraie capacité technique et un niveau de prix cohérent face aux capacités de financement et à la solvabilité des familles. » Fin 2014, la Semader lancera aussi la construction d’un programme de logements pour personnes âgées, à Saint-Pierre, en partenariat avec le Centre communal d’action sociale, qui portera des activités de services. « L’accroissement de la population vieillissante, dont la majorité relève des minimas sociaux, impose de réagir dès aujourd’hui par des programmations spécifiques et c’est une de nos ambitions pour demain », confie Joël Personné.    

UNE OPÉRATION EMBLÉMATIQUE D’ACCOMPAGNEMENT DU PRIVÉ

Un des aménageurs historiques à La Réunion, la Semader a remporté, fin 2012, le projet d’aménagement Cœur de Ville, à La Possession. Un programme sur douze ans qui concerne 33 hectares et la construction d’une Eco-cité comptant 160 000 mètres carrés de bâtiments, dont plus de 1 500 logements. « La Semader a l’intention de rester un aménageur majeur à La Réunion, c’est inscrit dans son ADN, et elle ambitionne d’être un très bon aménageur, déclare Joël Personné. Sans ce métier-là, nous ne pourrions développer ni notre patrimoine social ni notre patrimoine économique. »  Développeur économique, la SEM le prouve par son patrimoine de 35 000 mètres carrés d’immobilier d’entreprise. Sa filiale Acti’Sem a engagé, en 2014, 15 000 mètres carrés supplémentaires sur le site technopolitain de Terre Sainte, à Saint-Pierre. À L’Étang Salé, un immeuble tertiaire de 3 500 mètres carrés abritera aussi le nouveau siège de la Semader. « Un dossier pour moi emblématique, ajoute Joël Personné, est celui des nouveaux laboratoires du groupe de restauration Zen, que nous réalisons aussi à L’Etang Salé. C’est un exemple d’accompagnement du privé par une SEM, qui apporte un effet de levier par une structure de co-investissement avec la Caisse des Dépôts et Zen. » Acti’Sem porte aussi la deuxième tranche de 7 000 mètres carrés du Village artisanal des Mascareignes, au Port, et une opération plus modeste à Petite Ile.
L’aménageur conduit enfin l’opération de RHI (Résorption de l’habitat insalubre) du cœur de ville de Saint-Louis, concernant 30 hectares, l’aménagement de la ZAC Sans-Souci, à Saint-Paul, et celui de la ZAC Océan Indien, à Saint-Pierre.
 

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