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Star Invest, un acteur majeur de l'investissement outre-mer

30 oct 2014 | PAR Pierrick Pedel | N°290
Opération Florès, au Port, réalisée par la SIDR, premier bailleur social de l’Outre-mer. - DR
Pour Stéphane Schlögel, directeur général de Star Invest Océan Indien, le bilan de la défiscalisation est globalement positif. Pour développer le logement intermédiaire, il milite pour une refonte de la loi Duflot qui est d'ailleurs à l'étude au sein du gouvernement.

« Nous avons maintenant un système de défiscalisation pérenne et qui ne sera pas modifié d'ici la fin du quinquennat. » Lors de sa récente visite à La Réunion, le président de la République François Hollande n'a qu'en partie rassuré les acteurs économiques concernés par ce dispositif qui a notamment pourtant permis de soutenir la construction de logements. Le régime dit de « défiscalisation » avait pour objet d’accorder une aide fiscale au titre de la réalisation d’investissements, dans des secteurs économiques considérés comme prioritaires pour le développement économique et social dans les secteurs de l’industrie, de la pêche, de l’hôtellerie, du tourisme, des énergies nouvelles, de l’agriculture, du bâtiment et des travaux publics, du transport, de l’artisanat et de la recherche & développement. Pour La Réunion, cette disposition a constitué un levier financier majeur de l'économie en permettant la création d'un flux d'investissements privés vers les entreprises et en particulier les PME qui pâtissent généralement d'un manque de fonds propres. La Réunion reste d'ailleurs au premier rang pour le nombre de dossiers de défiscalisation et occupe la première place en montant d’investissements agréés, soit environ la moitié des dossiers DOM. Depuis 2007, le montant des agréments a doublé et la qualité des dossiers s’est particulièrement améliorée. Quelque 200 dossiers sont traités annuellement à la préfecture pour environ 200 millions d’aide fiscale directe. Les dossiers en défiscalisation intermédiaire représentent environ 25% de plus que les dossiers de défiscalisation directe. Sur l'île, le bilan de la défiscalisation est plutôt positif même si certaines amélioration pourraient être apportées.

LES BAILLEURS SOCIAUX ONT BÉNÉFICIÉ DU DISPOSITIF

« Depuis trois à quatre ans, il y a un focus sur le logement social pour rattraper le retard car on reste sur un déficit élevé de l'offre de logements. À La Réunion, on enregistre actuellement plus de 20 000 demandes de logements sociaux. La situation est identique dans les autres DOM. La loi Girardin a donné un coup d'accélérateur. Les bailleurs sociaux ont bénéficié de ce dispositif en jouant le jeu. Cela a abouti à une progression de l'offre », explique Stéphane Schlögel, directeur général de Star Invest Océan Indien.
Cette tendance est soulignée par l'Association régionale des maîtres d'ouvrage sociaux et aménageurs (ARMOS). Dans son rapport 2014, l'association remarque qu'« après une décennie 2000-2010 marquée par un trop faible niveau de livraisons de logements locatifs sociaux neufs et des attributions de logement réduites qui n’ont permis de satisfaire qu’une part très faible des demandeurs de logements locatifs sociaux, les années 2011 à 2013 marquent le début d’une amélioration de la situation ». En effet, le changement du cycle de production intervenu à partir de 2009 s'est traduit par une augmentation conséquente des livraisons (2 276 en 2011, 2 521 en 2012 et 2 914 en 2013, soit à chaque fois plus du double de 2010) et une hausse significative des attributions de logements locatifs sociaux (8 267 en 2013, soit près de 2 500 de plus qu’en 2010). À court terme, cette hausse des livraisons devrait se poursuivre en 2014 et 2015 pour dépasser les plus hauts niveaux de production de parc social atteints à la fin des années 1990 à La Réunion.
« Même si le problème de l'écart entre le démarrage du projet et la livraison, qui atteint entre deux et trois ans, persiste, avec le lancement de la loi Girardin en 2009-2010, les livraisons les plus importantes sont intervenues en 2013/2014 », confirme Stéphane Schlögel.

LE LOGEMENT INTERMÉDIAIRE EST EN PANNE

Sur le logement intermédiaire, le constat est tout autre. La suppression de l'accès au dispositif Girardin aux personnes physiques a éliminé toute incitation pour acheter un appartement ou une villa avec un objectif de location. Le dispositif est uniquement accessible aux primo-accédants. Pour les entreprises, la loi Girardin permet d'acheter des parts de SCI afin de défiscaliser à hauteur de l'investissement. Mais la demande des entreprises n'est pas suffisante pour porter le dispositif.

Stéphane Schlögel, directeur général de Star Invest Océan Indien : « Depuis trois à quatre ans, il y a un focus sur le logement social pour rattraper le retard car on reste sur un déficit élevé de l'offre de logements… »

Stéphane Schlögel, directeur général de Star Invest Océan Indien : « Depuis trois à quatre ans, il y a un focus sur le logement social pour rattraper le retard car on reste sur un déficit élevé de l'offre de logements… »

« Avec la défiscalisation, il y a un plafonnement des ressources des locataires. Plus on a de surfaces importantes, plus on a de gros loyers. Mais il existe un problème d'adéquation entre le loyer et le plafonnement des ressources du locataire. Nous avons donc une multiplication des produits de petite et moyenne surfaces », constate Stéphane Schlögel. Le logement social progresse mais le logement intermédiaire est atone avec seulement 500 unités livrées en 2013. Le risque est donc de voir s'installer une pression à la hausse sur les loyers avec comme corollaire une baisse du pouvoir d'achat. La solution consisterait dans un premier temps à relever le plafond en le faisant passer de 10 000 à 18 000 euros afin de rendre le dispositif Girardin plus attractif. Mais dans l'ensemble, les professionnels de la défiscalisation estiment que c'est l'intégralité de la loi Duflot qui devrait être refondue. Une revendication qui a été entendue par le gouvernement qui prépare un véritable détricotage de la loi en faisant sauter certains verrous pour notamment faciliter la tâche des primo-accédants. Parmi les pistes étudiées, on trouve aussi la possibilité de louer aux ascendants ou descendants, la baisse significative de la taxation des plus-values de cession, la relance de l'accès au prêt à taux zéro et le recours aux investisseurs institutionnels (compagnies d'assurance-vie, fonds, caisses de retraite).
La démolition de la loi Duflot aurait en outre pour François Hollande un délicieux parfum de revanche après la publication du récent livre de l'ancienne ministre du Logement qui se révèle être un véritable brûlot pour le président de la République.  

STÉPHANE SCHLÖGEL, UN FINANCIER QUI MARCHE ET CUISINE

Quand il arrive à La Réunion en octobre 2001 chez BNP Paribas Réunion Sud, Stéphane Schlögel a derrière lui neuf ans passés au Crédit Lyonnais. Ce titulaire d'un DESS Finance de l'université Paris II Panthéon-Assas passe ensuite sept ans à la Banque de la Réunion où il finit membre du comité exécutif et directeur de la banque de développement régional. Il développe ainsi une solide expérience bancaire, notamment dans l'ingénierie financière. Depuis 2009, il est en charge de la direction générale de Star Invest Océan Indien. Marié et père de trois enfants, Stéphane Schlögel a plusieurs passions. Côté sportif, il pratique le squash, la randonnée et la plongée. « J'ai visité les trois cirques et je suis monté au Piton des Neiges. J'ai aussi nagé avec les baleines. C'était extraordinaire », s'exclame-t-il. Mais le directeur général de Star Invest a une autre corde à son arc : la cuisine. « Je me suis mis à faire des spécialités réunionnaises comme le poisson au gingembre et les caris. Mais je suis également très partisan des plats traditionnels de la cuisine du terroir comme la blanquette de veau, le lapin à la moutarde ou les risottos », confesse-t-il. Il profite aussi de sa présence à La Réunion pour voyager dans la région océan Indien et il est en particulier tombé sous le charme de l'île Rodrigues.    

     

 

STAR INVEST, UN ACTEUR MAJEUR DE L'INVESTISSEMENT OUTRE-MER

Créé en 1999, le groupe Star Invest, s'est imposé au fil des ans comme le premier opérateur des dispositifs d'aide fiscale à l'investissement outre-mer. Agissant comme interface entre les investisseurs métropolitains et les entrepreneurs ultramarins, le groupe cherche, sélectionne et commercialise des opérations bénéficiant de la loi Girardin. Intervenant dans tous les DOM-TOM, il a réalisé plus d’un milliard d'euros d'opérations outre-mer depuis 2010. La Réunion représente entre 40% et 50% des volumes. Star Invest a organisé son activité à travers plusieurs filiales. Alcyom monte et syndique les opérations les plus complexes en assistant notamment les entreprises ultramarines dans leurs projets industriels ou immobiliers relevant de la loi Girardin. Cette filiale met également son savoir-faire au service des entreprises souhaitant réduire leurs impôts. Oryon met l'ingénierie des « grands projets » au service des besoins de financement courant. Phalsbourg Gestion conseille et assiste les entreprises en gestion, organisation et gérance de sociétés. FG Immo réalise des opérations immobilières pour le compte du groupe dans le cadre des dispositifs d'aide fiscale à l'investissement outre-mer à La Réunion, en Martinique, en Polynésie Française et en Nouvelle Calédonie. Finaréa propose aux conseillers en gestion de patrimoine de faciliter la création et la gestion de sociétés de capital-investissement réservées à leur clientèle. Shine réalise des investissements dans le secteur des énergies renouvelables pour le compte du groupe. Créée en 2011, la société Yisidis est le distributeur exclusif des produits financiers du groupe et hors du groupe. Elle réalise 300 millions d'euros par an d'opérations propres. 
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