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Réunion

Stéphanie R., commandant dans la Marine nationale

1 nov 2018 | PAR Ignace de Witte | N°334
Stéphanie R. lors de son commandement du patrouilleur « Lieutenant Lavallée » de 2016 à 2018. Marine nationale
Son nom n’est pas dévoilé par les Forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) pour une question de sécurité. Cette Réunionnaise détient le grade de capitaine de corvette, équivalent à commandant dans l’armée de terre. Elle a pu ainsi commander plusieurs navires et se prépare à intégrer l’École de guerre.

Elle est née le 23 février 1984 et fait partie des 14 % de femmes engagées dans la Marine nationale. Originaire de Saint-Denis, elle a suivi ses études secondaires au lycée Levavasseur et ensuite une prépa à Leconte de Lisle, avant d’intégrer l’École navale de 2003 à 2007, pour un diplôme d’ingénieur militaire maritime, avec une spécialité dans les transmissions. Issue de la promotion 2003, elle est aussi brevetée de l’École des systèmes de combat et armes navales (ESCAN), spécialité « systèmes d’information et de commandement ». 
En 2011, alors jeune lieutenant de vaisseau (27 ans), elle a été nommée commandant de L’Aramis (A713), un patrouilleur qui a depuis été transféré à la gendarmerie. C’était son premier poste de commandement, et avec un équipage composé uniquement d’hommes, ce qui ne lui a posé aucun problème car elle a un caractère bien trempé et aussi beaucoup d’humour. « Être commandés par une femme ? Cela ne les change pas beaucoup de la maison ! »
Elle a également navigué sur le bâtiment hydrographique Lapérouse, dans le golfe de Guinée, sur le BPC (Bâtiment de projection et de commandement) Mistral et sur la frégate furtive Aconit, dans l’océan Indien. Elle a notamment participé à des opérations de lutte contre le terrorisme, en soutien direct de la Combined task force 150.
Son deuxième commandement, elle l’a reçu en 2016 : le Lieutenant Lavallée, un patrouilleur de haute mer plus vieux qu’elle (construit en 1977), qui  a parcouru au total 988 000 milles (46 fois le tour du monde). Elle en a été le dernier commandant (et la première femme commandant) jusqu’au 2 juillet 2018, jour où le navire a officiellement été retiré du service actif.
Stéphanie R. n’est pas issue d’une famille de militaires, c’est la première à embrasser une telle carrière. Quels conseils peut-elle donner à une jeune femme qui doit commander des hommes dans une entreprise ? « De la patience, de la bienveillance, ne pas avoir peur de défendre ses idées, tout en restant à l’écoute. Comme un homme finalement ! », répond le capitaine de corvette. 
Aux questions plus stratégiques, l’officier de marine répond de manière évasive avec toujours une pointe d’humour. Ainsi, quand on lui demande si elle a remarqué une présence plus forte des marines chinoise et russe dans l’océan Indien ces derniers temps, elle répond : « Excellente question ! »

La Marine nationale à La Réunion
Depuis le départ des deux patrouilleurs Boudeuse (P683) et Rieuse (P690), du patrouilleur austral Albatros (P681), du Batral La Grandière (L9034), sans oublier La Jonquille (P721) de la gendarmerie maritime, il y a un grand vide dans la darse militaire du Port, partiellement masqué par l’arrivée de L’Astrolabe (P800) et du Malin (P721), le temps qu’arrivent les deux POM (Patrouilleurs outre-mer) prévus par la LPM (Loi de programmation militaire) 2019-2025. Celle-ci prévoit également des SDAM (Systèmes de drones aériens pour la Marine) mais ils ne seront livrés qu’à partir de 2028. En attendant, les cinq navires opérés actuellement pour couvrir 17 millions de kilomètres carrés sont deux frégates de surveillance, Nivôse (F732) et Floréal (F730), qui assurent des missions de lutte contre la piraterie, de police de la navigation et de surveillance des pêches (elles disposent chacune d’un hélicoptère Panther) ; le B2M (Bâtiment multimissions) Champlain (A623) assure le ravitaillement des îles Eparses et des missions de souveraineté ; le patrouilleur Le Malin (P701), un ancien palangrier hondurien confisqué, assure des missions de surveillance et de présence dans les zones économiques exclusives de La Réunion et du canal du Mozambique ; le patrouilleur polaire L’Astrolabe (P800) ravitaille la station française scientifique en Antarctique et réalise aussi des missions militaires.
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