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Maurice

Succès pour la journée de la géopolitique de l’Afrique

1 mar 2017 | PAR La rédaction | N°317
À grand renfort de cartes, Bernard Lugan a apporté une vision plus précise des réalités d’un continent complexe. Un continent qui représente sans aucun doute un relais de croissance mais peut aussi être un « miroir aux alouettes ». Davidsen Arnachellum
Une cinquantaine d’acteurs économiques de premier plan ont participé, le 10 février dernier, à cette journée organisée par L’Eco austral et animée par l’historien africaniste Bernard Lugan qui a dressé un portrait de l’Afrique réelle.


Bernard Lugan est né lui-même en Afrique, au Maroc plus précisément, et a commencé sa carrière professionnelle comme professeur d’histoire à l’université du Rwanda, de 1972 à 1983, avant d’enseigner en France mais en se rendant fréquemment sur le continent. Sa longue expérience et ses recherches l’ont conduit à prendre en compte les divisions ethniques, les fractures historiques et géographiques, ainsi que des phénomènes plus récents, comme la montée de l’islamisme, pour évaluer les risques réels. Cela permet aux investisseurs de ne pas s’en tenir aux seuls indices économiques dont le plus courant est le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB). Bernard Lugan, qui a enseigné à l’école de guerre, à Paris et aux écoles de Saint-Cyr-Coëtquidan, a plutôt l’habitude de se produire devant les officiers de l’armée française. Il intervient aussi de manière informelle auprès des régiments amenés à intervenir en Afrique. « La connaissance du terrain est primordiale pour un officier car c’est la vie des ses hommes qui est en question. Dans le cas d’un investisseur, c’est son argent et celui de ses actionnaires qui pourrait pâtir de mauvaises décisions. »

IL N’Y A PAS UNE AFRIQUE MAIS DES AFRIQUES

Le risque zéro n’existe pas, mais certaines zones sont plus risquées que d’autres. À l’heure actuelle, l’Afrique de l’Ouest, à l’exception de certains pays comme le Ghana, apparaît comme la plus risquée. Un pays comme la Côte d’Ivoire, par exemple, même s’il enregistre un taux de croissance impressionnant, n’a pas réglé son problème de fond et demeure très fragile (lire à ce sujet l’article de Bernard Lugan pages 46 et 47). L’Afrique de l’Est et australe comporte moins de risques immédiats même s’il existe des tensions. L’Afrique du Sud est un cas à part. Ce géant économique est en perte de vitesse et seuls quelques ilots, constitués de secteurs performants et novateurs, surnagent alors que le pays est en voie de tiers-mondisation. 
S’il existe un peu partout sur le continent des conflits, à connotation ethnique la plupart du temps, des risques de guerre ne sont pas à écarter comme, par exemple, entre l’Egypte et l’Ethiopie. Mieux vaut le savoir pour ceux qui visent des retours sur investissement à moyen ou long terme. 

LES RAVAGE DE L’« ETHNO-MATHÉMATIQUE »

L’Afrique souffre de ses frontières artificielles, héritées de la colonisation, mais si Bernard Lugan a cru à un moment aux vertus du redécoupage, il ne croit plus en cette solution. L’expérience a montré que ça ne fonctionnait pas forcément, comme c’est le cas au Soudan. À l’origine des guerres civiles et des conflits se trouve le plus souvent ce qu’il appelle l’ethno-mathématique. Le système démocratique occidental, qui a été plaqué à l’Afrique, a donné le pouvoir aux ethnies les plus importantes, même si, historiquement, des ethnies minoritaires le détenaient. Pour pouvoir le reconquérir, ces dernières font alors appel à la force. La solution consisterait peut-être à opter pour un système de représentation différent et pour le fédéralisme qui n’est pas simple à mettre en œuvre. Le temps imparti à cette journée de la géopolitique de l’Afrique ne permettait pas de développer ce sujet. Mais elle a apporté une vision plus précise des réalités d’un continent complexe. Un continent qui représente sans aucun doute un relais de croissance mais peut aussi être un « miroir aux alouettes ». 

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Succès pour la journée de la géopolitique de l’Afrique

 Bernard Lugan est né lui-même en Afrique, au Maroc plus précisément, et a commencé sa carrière professionnelle comme professeur d’histoire à l’université du Rwanda, de 1972 à 1983, avant d’enseigner en France mais en se rendant fréquemment sur le continent. Sa longue expérience et ses recherches l’ont conduit à prendre en compte les divisions ethniques, les fractures histor...