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Toriden Chellapermal : l’esprit de service public

« Pour passer un cap, Maurice doit miser sur la méritocratie et le professionnalisme ». Photo : Davidsen Arnachellum
Toriden Chellapermal est un ardent défenseur d’une certaine idée du service public. À la tête de la MCCI BS, il milite pour plus de méritocratie et de professionnalisme. Les clés du rebond de l’économie mauricienne, selon lui.

« Je ne comprends pas qu’on parvienne à mélanger les notions de qualité et d’élitisme », soupire le CEO de la Business School de la Chambre de commerce et d’industrie de Maurice (MCCI BS), en posant ses lunettes sur son bureau. Après avoir marqué une pause, il ajoute ironique : « Et que l’on ne dise pas que nous pratiquons l’élitisme ! Nous sommes les seuls à avoir créé des cursus en alternance. Cela a permis à beaucoup de Mauriciens d’obtenir des diplômes français reconnus. » Cette opinion tranchée sur l’éducation s’explique, même s’il s’en défend, par son parcours académique effectué en France… et une certaine conception du service public. 
Issu du cursus public mauricien, Toriden Chellapermal a bénéficié d’une bourse au lycée Labourdonnais où il passe son Bac A (littérature-philo). Il poursuit ses études à Grenoble puis obtient un DESS (Bac +5) en journalisme à l'université de Paris-Sorbonne. Fraîchement diplômé, il intègre, à 25 ans, en 1988, la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), la radio-télévision nationale, comme pigiste « avec un contrat de deux mois ». Il en deviendra, plus tard, le directeur… « Nous bénéficions d’une liberté de ton et d’une indépendance certaine par rapport au pouvoir », souligne-t-il, pourfendant le cliché que la MBC ait été dans ses fondements un décalque de l’ORTF du général de Gaulle.
Après son passage dans l’audiovisuel public, il sera, entre autres, responsable des publications du groupe Beachcomber, « un produit 100 % Made in Moris dont le contenu éditorial et la forme n’ont pas à rougir par rapport aux publications étrangères ». Surtout, il devient le conseiller en communication du Premier ministre mauricien, Anerood Jugnauth, de 1991 à 1995. « C’est suite au hasard d’une rencontre que j’ai vécu cette formidable expérience professionnelle », confie-t-il comme par pudeur. 

Milieu professionnel

Ce que retire Toriden Chellapermal de toutes ses expériences professionnelles ? La question des ressources humaines. « Pour passer un cap, Maurice doit miser sur la méritocratie et le professionnalisme », affirme-t-il depuis son siège à la tête de la MCCI Business School. Créée en 1985, elle est pionnière dans la formation professionnelle à Maurice. « Nos formations sont conçues avec le milieu professionnel, comme notre BTS en assurance lancé suite aux demandes du secteur. Elles peuvent être suivies à temps plein ou partiel. »
Aujourd’hui, l’école propose près de 20 formations. « La MCCI BS a été la première à proposer à Rodrigues, avec la Rodrigues Regional Assembly, une formation conduisant à un diplôme reconnu internationalement. » Une trentaine de jeunes suivent une formation menant au BTS Services informatiques aux organisations. Il s’agit de soutenir le développement technologique de l’île avec l’arrivée du câble optique et de réduire le temps de séparation avec la famille. « Notre formation, c’est aussi du service public », assure fièrement Toriden Chellapermal.

Le nouvel IFE appuie les PME
Fin 2018, l’Université de Maurice, la MCCI Business School et l’Agence universitaire de la Francophonie ont signé un accord pour relancer l’Institut francophone de l’entrepreneuriat (IFE), devenu l’Institut de la francophonie pour l’entrepreneuriat. Depuis, l’IFE organise des formations ciblées avec SME Mauritius. Le premier atelier était consacré à la propriété intellectuelle. D’autres ateliers sont programmés afin d’accompagner les PME avec des formations notamment sur la réalisation d’un business plan et l’e-commerce.
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