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Réunion

Torskal innove dans les traitements contre le cancer

1 aoû 2017 | PAR Benjamin Postaire | N°321
Nanoparticules en train de détruire un virus. Les nanoparticules sont des éléments ayant une taille nanométrique, entre 1 et 100 nanomètres (1 nanomètre est 1 000 millions de fois plus petit qu’un mètre). Elles apportent de nouveaux débouchés à la médecine. Stocklib/Kateryna Kon
La start-up d’Anne-Laure Morel s’appuie sur de fortes compétences scientifiques tout en attachant beaucoup d’importance à son développement commercial. Elle est en passe de réussir sa transition vers un modèle économique viable et pérenne.

Torskal conçoit des molécules nanothéranostiques (nanoparticules à visées diagnostique et thérapeutique) par l’exploitation de bioressources issues de La Réunion. L’objectif est de proposer une alternative ou un complément aux traitements conventionnels contre le cancer. Un sacré challenge qui exige d’importants moyens parce que ce genre de recherche prend du temps. Pour se lancer, la start-up a donc dû faire appel à des financements publics. « C’est indispensable pour démarrer dans le secteur des biotechnologies, explique Anne-Laure Morel. Avec la recherche, puis les premiers tests, on travaille sur des projets d’au moins deux ans. » La jeune entrepreneur a pris en main son courage et son stylo pour remplir les nombreux dossiers de financements. Et elle a ratissé large. Au moment du lancement du projet, en 2015, Torskal bénéficie du soutien de la Région Réunion, de Nexa, de la Technopole via l’incubateur, de la BPI (Banque publique d’investissement), du réseau Réunion Entreprendre et de la pépinière CB-Tech du CYROI. Un parcours du combattant, certes, mais la jeune scientifique connaît un peu le domaine. « J’ai travaillé en Métropole dans la fiscalité de la recherche et le marketing de l’innovation, explique-t-elle. À La Réunion, il existe tous les moyens pour réussir. Les financements sont là, il faut les solliciter. »

EN PROJET, UNE LEVÉE DE FONDS DE 5 MILLIONS D’EUROS 

Les financements sous forme de crédit impôt recherche, de soutien de la Région Réunion et du FEDER (Fonds européen de développement régional) ont permis d’amorcer la pompe. Deux ans plus tard, il est temps de passer à l’étape suivante. Anne-Laure Morel et son associé, Christophe Dugué, se sont rendus en France métropolitaine durant le mois de juillet pour rencontrer des investisseurs privés. Grâce au réseau Outre-Mer Network, ils sont en contact avec des fonds d’investissement spécialisés dans les biotechnologies et espèrent lever jusqu’à cinq millions d’euros. « L’objectif est d’accélérer le long processus inhérent à ce genre de travaux de recherche. Ces fonds serviront à financer les essais de phase clinique I/II et de produire à échelle industrielle. La suite sera confiée à l’industrie pharmaceutique », explique Anne-Laure Morel. C’est le business model de Torskal : « Se construire un portefeuille de brevets en menant des projets R&D sur 24 mois. » Voilà en quoi Torskal a valeur d’exemple pour les start-ups réunionnaises du secteur de la santé. Si elle a eu besoin de fonds publics pour se lancer, elle a défini un vrai modèle économique. 

UN PREMIER CONTRAT DE PRESTATION DE SERVICE

En plus de ses recherches en santé, Torskal développe un domaine d’activité stratégique (DAS) sur la chimie fine, toujours en utilisant des nanoparticules mais cette fois pour la cosmétique. Les premiers essais se révèlent prometteurs et pourraient intéresser de grandes marques. Enfin, Anne-Laure annonce avec une grande satisfaction la signature d’un premier contrat de prestation de service. « Nous produisons des nanoparticules pour une infrastructure de recherche publique à La Réunion. Nous allons ainsi réaliser un chiffre d’affaires en 2017. » Le fruit d’une intelligente diversification avec toujours l’innovation comme cœur de métier. Le propre d’une start-up. Et si la réussite apparaît au bout du chemin, le parcours de Torskal deviendra pleinement exemplaire. 

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