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Transport aérien : des nuages dans le ciel comorien

7 aoû 2017 | PAR Jacques Rombi
L'aéroport international Moroni Prince Said Ibrahim, anciennement Hahaya
Le secteur des transports est en général révélateur de l'état d'un pays. Quand les règles ne sont pas claires, que les dés sont pipés, la catastrophe économique est toujours au rendez-vous et la spirale infernale peut ainsi s'auto alimenter au bénéfice de quelques uns et au détriment de la population.
Dernières actualités qui vont dans ce mauvais sens : la fermeture spontanée fin juillet de la compagnie aérienne Int'Air Îles de Seffoudine Inzoudine sous prétexte d'une exigence de réglementation aussi pointilleuse qu'onéreuse exigée par le patron de l'agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie (Anacm), le franco comorien JEan Marc Heintz.
Le même Heintz qui avait interdit, six mois plus tôt, aux avions d'AB aviation de survoler le ciel comorien sous prétexte d'un soi disant différend financier concernant le non-paiement de taxes. 
Parallèlement, nous retrouvons dans l'archipel des sultans batailleurs (où se joue la série sans fin de "on prend les mêmes et on recommence"), Erick Lazarus, bien connu dans la région pour y avoir ouvert (et fermé peu après) Air Bourbon qui opéra entre La Réunion et la Métropole de Juin 2003 à novembre 2004, date de son dépôt de bilan. A la même époque, Erick Lazarus lançait le projet d'Air Comores International pour répondre au juteux marché français où résident pas moins de 200000 Comoriens. Un projet qui ne vit jamais le jour, disparaissant en même temps que le colonel Azali, alors aux rênes du pays dans un état politique transitoire. Curieusement, le projet de Lazarus est relancé avec le retour au pouvoir d'Assoumani Azali en 2016. Aujourd'hui le projet Air Comores International renaît de ses cendres sous l'appellation "Air Corail" avec pour principale ambition d'ouvrir une ligne directe entre l'archipel et la France. Un marché intéressant quand on sait que le potentiel est estimé, dans le busines plan d'Air Corail, à plus de 12000 passagers par mois entre Moroni et la France (un business plan qui prévoit également des liaisons Jeddah/Marseille et Marseille/Jeddah)
Aux côtés de Lazarus, se trouve un autre Français : François Le Bihan actuel directeur de Mayotte Air Service, qui assure tous les services de handling sur le jeune département français. Il est également Ex chef d’escale AOM et d'Air Bourbon...
En tous cas, les deux petites compagnies comoriennes (en forte croissance jusqu'à ce que Jean Marc Heintz ne leur coupe les ailes) crient au coup monté par l'entremise de l'Anacm.
Seffoudine Inzoudine accusait dans une lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux début août, l'Anacm de vouloir "saigner" son entreprise.
Ayad Bourhane d'AB aviation contacté par nos soins, a déclaré : "il y a collision et trafic d'influence et nous avons engagé une action en justice contre Mayotte Air Services étant employeur de François Lebihan. Nous avons en effet avec cette société une clause de confidentialité..." 
Quant à Erick Lazarus, face au tollé soulevé par la situation, il jetterait lui aussi l'éponge si l'on se réfère aux dernières déclarations.
Conclusion : un grand gâchis où ce coup ci, tout le monde a perdu la partie. Notamment le peuple comorien qui reste condamné à utiliser des lignes semi directes chères et fatiguantes. Ou, s'il fait le choix de low cost, utiliser encore des avions poubelles à l'exemple de Yemenia Airways tristement connue depuis le crash de son A310 en 2009 avec 142 passagers et 11 membres d'équipage à bord. A suivre...
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