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Trois ans après Fukushima, le nucléaire civil est de retour

3 avr 2014 | PAR | N°285
On observe un réel renouveau du nucléaire civil avec un nombre de chantiers en route – 72 réacteurs – sans précédent depuis un quart de siècle. - Stocklib
Le dernier numéro de la « Revue de l'énergie » prend acte du grand retour du nucléaire un peu partout dans le monde alors qu'au Japon, on vient de commémorer les trois ans de l’accident nucléaire de Fukushima.

Plusieurs centaines de milliers de personnes sont encore sans abri dans la région sinistrée de Fukushima et la radioactivité y est encore létale dans la zone des installations. Tout a été dit sur l’incurie de l’opérateur de la centrale, Tepco, sur l’aveuglement du gouvernement japonais et sur la mauvaise organisation du sauvetage encore en cours aujourd’hui.
Pourtant, ailleurs dans le monde, on observe un réel renouveau du nucléaire civil avec un nombre de chantiers en route – 72 réacteurs – sans précédent depuis un quart de siècle.
Il y a plusieurs explications à ce regain. D’abord, plus on s’éloigne de la date de la catastrophe, plus le sentiment de sécurité se renforce. En outre, un certain nombre d’exemples sont venus démontrer que l’électricité nucléaire restait bon marché malgré le renforcement des dispositifs sécuritaires qui l’entourent. Près de nous, l’Allemagne est confrontée à un débat sans précédent à propos de la fermeture de plusieurs centrales décrétée en 2011 par le gouvernement d’Angela Merkel. Aujourd’hui, les consommateurs d’outre-Rhin, ménages et artisans, ont vu leurs factures doubler en une décennie et augmenter de 25% depuis 2012. Un handicap que n’ont pas les gros industriels exportateurs, subventionnés par Berlin au grand dam de la Commission de Bruxelles.
La Grande-Bretagne malgré un effort très important sur les EnR (énergies renouvelables, ndlr), les États-Unis malgré leur gaz de schiste, le Japon malgré Fukushima et même l’Arabie saoudite (qui souhaite conserver ses réserves pétrolières et envisage un programme électro-nucléaire de 70 milliards d’euros), tous ces pays ont décidé de miser sur le nucléaire.
La France, qui demeure l’unique nation européenne à disposer d’une filière nucléaire civile de qualité industrielle, espère profiter de cette vague attendue de nouvelles commandes. Elle dispose d’un bilan satisfaisant en matière de sécurité et ce, depuis plusieurs années comme en témoigne le dernier rapport de la sûreté nucléaire française. En deuxième lieu, elle a rationalisé, voire apaisé, les querelles d’ego entre l’exploitant EDF et son fournisseur Areva afin de mieux faire front commun à l’export. Enfin, consciente des vives critiques que ses premiers réacteurs de nouvelle génération EPR (réacteur pressurisé européen, ndlr.) avaient fait naître quant aux coûts pharaoniques de leur mise au point, elle s’emploie à développer un outil moins cher (de 25%) et plus compact donc nécessitant moins d’infrastructures. Une dizaine de ces installations devraient voir le jour d’ici 2016, selon le patron d’Areva, Luc Oursel.
Dans ce but, les ingénieurs français travaillent avec leurs homologues finlandais, chinois et anglais – tous clients de l’EPR – à un produit qui sera toujours « le meilleur », mais à des coûts plus en rapport avec la réalité commerciale et industrielle du moment.
 

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