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Un budget qui manque d’une vision stratégique

1 juin 2017 | PAR La rédaction | N°320
Sous pression, au lendemain du jugement du Centre d’arbitrage international de Singapour qui a condamné l’État mauricien à verser 130 millions de dollars à Betamax, Pravind Jugnauth se savait attendu. Davidsen Arnachellum
Le Premier ministre Pravind Jugnauth, qui est également ministre des Finances, a présenté le budget de l’État le 8 juin. Un Budget qui vise à encourager l’investissement avec une timide réforme fiscale, à redynamiser l’exportation et à soutenir l’innovation.


Un Budget qui s’adapte à une conjoncture économique mondiale incertaine, pragmatique mais sans grande vision stratégique, c’est ce qu’on peut dire de ce troisième Budget du gouvernement issu des élections générales de décembre 2014 alors que Jugnauth fils a succédé à Jugnauth père au poste de Premier ministre. Ce Budget s’appuie sur une prévision de croissance de 4,1% en 2017 et, surtout, sur une stabilité du taux de change, du prix du pétrole et d’un taux d’intérêt demeurant faible. Une vision très « optimiste » alors que l’agence de notation Fitch table plutôt sur une croissance de 3,1% et alerte sur une dette publique se situant à 65% du Produit intérieur brut (PIB).  

UNE POLITIQUE DE GRANDS CHANTIERS

Le secteur de la construction, sous pression depuis des années, devrait profiter des grands travaux publics prévus dont le fameux Métro Express, la construction de nouvelles routes et la modernisation des infrastructures portuaires. Pour soutenir l’industrie, Pravind Jugnauth a indiqué que ses bénéfices liés à l’exportation seront imposés à 3% au lieu de 15%. « Mais est-ce que le taux d’imposition est un facteur déterminant pour que les entreprises mauriciennes puissent se tourner vers l’exportation ? », s’interroge le cabinet Nexia. Autre « cadeau fiscal », le secteur pharmaceutique va bénéficier d’une exemption fiscale de huit ans. 
Face aux pressions des pays de l’Union européenne et de l’Organisation de coopération et de développement économique(OCDE) qui menacent de placer Maurice sur la liste noire des paradis fiscaux, le ministre des Finances a assuré vouloir donner de la substance à ce secteur. 

DE NOUVEAUX SECTEURS

« Afin de bâtir l’île Maurice de demain », le ministre des Finances a annoncé une série de mesures visant à booster l’innovation, la recherche et le développement, ainsi que la création de start-ups. Des déductions fiscales liées aux dépenses pour la recherche et le développement seront possibles. Pour encourager la recherche, le développement, la création de produits et de services à haute valeur ajoutée, de nouveaux emplois et de nouvelles sources de revenus, le gouvernement va soutenir la recherche scientifique et académique. Il s’agit de permettre l’accès du plus grand nombre à des formations pour profiter de la révolution numérique. Et pour inciter et soutenir la climatisation par l’eau de mer et la mise en place d’équipements de dessalement d’eau de mer, des déductions fiscales de cinq ans seront accordées à ceux qui investissent dans ces technologies.

LE DÉBUT D’UNE RÉFORME FISCALE

Le gouvernement a introduit un prélèvement de solidarité (« Solidarity Levy ») pour les personnes ayant des revenus annuels équivalents ou supérieurs à 3,5 millions de roupies par an (87 500 euros). Ils devront payer une taxe supplémentaire de 5% sur leurs revenus, soit 20%d’impôt au lieu de 15%. Cette mesure, avec celle concernant les PME exportatrices, met donc fin à la fameuse imposition fiscale uniforme de 15%. Autre mesure, visant celle-là à attirer les étrangers souhaitant obtenir un permis de résidence en tant que retraités, ils devront dorénavant transférer à Maurice l’équivalent de 30 000 dollars par an au lieu des 40 000 dollars exigés jusqu’alors. Un permis de résidence qui leur permet d’accéder à une  propriété immobilière sous certaines conditions.

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