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Océan Indien

Un label pour faire des îles Vanille une destination haut de gamme

Lancement en juin dernier du label de qualité des Îles Vanille. De gauche à droite : Alain Saint Ange, ministre seychellois du Tourisme, Fatimatie Razafinatoandro, présidente du Comité du Tourisme de Mayotte, Xavier Luc Duval, ministre mauricien du Tourisme et nouveau président des îles vanilles, Ulrich Andriantina, ministre malgache du Tourisme et Didier Robert, président de la Région Réunion. - DR
C’est un immense chantier qui vient d’être lancé, tant les secteurs et les législations diffèrent selon les territoires. Mais c’est une étape nécessaire pour mieux se positionner sur le marché mondial.

« Même si nos systèmes de fonctionnement et nos cultures de travail sont différents, il était indispensable de répondre aux attentes du consommateur. D'où notre volonté de créer un label commun de classification. » Robert Desvaux, préside la Tourism Authority (TA), l'organisme régulateur du secteur touristique mauricien. Si La Réunion avait depuis longtemps un label, Maurice vient de valider le sien en septembre, en attendant d’être suivie par les autres îles. Des fonds internationaux viennent soutenir cette mise en œuvre. 

« J’ai commencé à travailler sur ce dossier il y a quatre ans lorsque je présidais la MTPA (Mauritius Tourism Promotion Authority). Mais à l’époque, le label des Îles Vanille n’était encore qu’un projet. Aujourd’hui, il a force de loi », explique Robert Desvaux.
 

Robert Desvaux, président de la Tourism Authority de Maurice : « Le label commun de classification des prestations hôtelières et touristiques va donner une autre dimension à la destination des Îles Vanille. »


Le label mauricien s'inspire des modèles français (Atout France), des critères européens et prend en compte l'arrivée des touristes chinois en intégrant les références de la Chine. Surtout, il intègre la notion de qualité via les normes ISO. Ainsi, un hôtel quatre ou cinq étoiles doit obligatoirement être certifié à la norme ISO 9001 et respecter les normes HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) concernant la sécurité alimentaire et BS OHSAS 18001 pour les questions de santé et de sécurité au travail. Il s'agit d’une véritable démarche de qualité. Autre spécificité du modèle mauricien, il s'appuie sur une auto-évaluation du prestataire hôtelier et touristique qui doit être ensuite validée ou sanctionnée par un audit externe effectué par la Tourism Authority. Celle-ci recommande (ou pas) la certification qui sera alors présentée devant un comité présidé par des professionnels du tourisme (comprenant notamment l'école hôtelière Gaëtan Duval et l'Association des hôteliers et restaurateurs de l'île Maurice - AHRIM). Outre l'évaluation technique de l'établissement, il y a aussi une évaluation de la grille tarifaire de l'hôtel visité qui doit correspondre à la fourchette de prix de sa catégorie. « Il s'agit d'éviter que certains établissements bradent leurs chambres, ce qui fait énormément de mal à la destination. »

UN OBJECTIF CLAIR : AMÉLIORER LE PRODUIT

Pour éviter que les critères soient discriminants envers d’autres îles moins avancées que La Réunion et Maurice, ils ne sont pas basés sur l'aspect financier mais sur les services. « Ils permettront aux autres territoires d'élever leurs niveaux, souligne Robert Desvaux. En un mot, le label commun de classification des prestations hôtelières et touristiques va donner une autre dimension aux Îles Vanille. » 
Mais les critères proposés ne sont-ils pas trop élevés pour certaines îles qui devraient alors limiter leur nombre d’étoiles ? Non, répond Robert Desvaux. « Il y a une prise en compte de la réalité du marché local. Car en plus du prix, le produit de chaque île est en lui-même un élément à mettre en valeur. Et puis, le tourisme, ce n'est pas uniquement l'hôtellerie ! »

Pour expliquer le besoin d’un cadre légal, les Îles Vanille s’appuient sur une étude réalisée en 2012 par Coach Omnium, société spécialisée dans le tourisme, l'hôtellerie et la restauration, qui a montré que pour 52% des voyageurs, les étoiles ne sont pas fiables. Des voyageurs qui utilisent de plus en plus Internet et les réseaux sociaux. Selon une récente enquête de Deloitte et de Facebook, 68% des personnes se fient aux commentaires avant de concrétiser l’achat d'un voyage. « Nous devons répondre ensemble à ce défi. D'autant plus que beaucoup de sites de notation et d'avis de voyageurs sont devenus eux-mêmes des commerçants », peste Robert Desvaux.


 

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