Le billet

France

UN PROFOND CLIVAGE

10 mai 2017 | PAR Alain Foulon

Si Emmanuel Macron l’a emporté très nettement, ce 7 mai, devant Marine Le Pen, son élection indique néanmoins un profond clivage du pays et l’on ne peut pas vraiment parler de plébiscite. Au premier tour, seulement 18,19% des électeurs inscrits ont porté leur voix sur lui, et au second tour, ils étaient 43,63%. Le successeur de François Hollande a profité du soutien de la plupart des partis politiques, des grands médias, des instances religieuses (dont une dizaine d’évêques catholiques) et des obédiences maçonniques. Mais la diabolisation du Front national ne fait plus recette comme autrefois et 22,4% des électeurs inscrits ont voté Marine Le Pen. Si l’on y ajoute les abstentionnistes et les votes blancs, on arrive à plus de 54% des électeurs inscrits qui n’ont pas voté pour Emmanuel Macron. Cela montre clairement un pays coupé en deux entre, d’un côté, les tenants de la mondialisation et de l’Europe sans frontières et, de l’autre, ses opposants qui l’avaient d’ailleurs emporté, en 2005, lors du référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe. Ils étaient alors 54,68% à avoir dit non à ce projet de loi. Un vote qui avait surpris puisque les sondages plaçaient le « oui » en tête. Un oui que les grands médias, et plus largement l’establishment, avaient largement soutenu. On peut donc penser que cette force politique, qu’on pourrait qualifier de « souverainiste » (réunissant des gens de droite comme de gauche), reste importante. Certes, elle ne s’est pas pleinement portée sur Marine Le Pen, pour cause de diabolisation et sous l’effet de ces étiquette infamante que sont « populisme » et « extrême-droite », mais elle a de quoi inquiéter le nouveau président de la République française. Son quinquennat sera tout sauf un « long fleuve tranquille ».

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