Performance

Madagascar

Un programme de 59 millions d’euros pour redresser le secteur de l’énergie

23 fév 2016 | PAR Njaratiana Rakotoniaina
Le gouvernement compte améliorer les performances de la Jirama. Il en a d’ailleurs fait l’un de ses chantiers prioritaires, selon le Plan national de développement 2015-2019. DR
L’État et la Banque mondiale ont préparé ce programme d'amélioration de la gouvernance et des opérations dans le secteur de l'électricité (Pagose). Il sera mis en œuvre à partir du mois de mai et vise notamment l’amélioration de la compagnie nationale.


Le manque d’efficience du réseau de fourniture d’électricité handicape l’économie malgache. Les délestages sont monnaie courante et l’entreprise publique Jirama doit, en plus, subir des défauts de paiement. La situation est telle que seuls 15% de la population ont accès à l’électricité. Et dans le classement Doing Business de la Banque mondiale, la Grande île occupe le dernier rang en la matière. Des mesures ont été prises pour pallier à cette insuffisance énergétique. Récemment, par exemple, la société privée AF Power a installé une centrale thermique afin d’allouer 40 Mégawatts à la Jirama. L’État s’est penché sur la question et une nouvelle politique énergétique est en préparation. Basée sur le long terme, elle aurait pour objectif un taux d’accès de 70% aux énergies modernes d'ici 2030 dont 80% seraient des énergies renouvelables. Le gouvernement compte aussi améliorer les performances de la Jirama. Il en a d’ailleurs fait l’un de ses chantiers prioritaires, selon le Plan national de développement 2015-2019. Dans cette optique, l’État a préparé le programme Pagose qui doit démarrer au mois de mai prochain et durer trois ans.
 

Le secteur de l’énergie a besoin d’un sérieux coup de jus. Pour fournir une électricité stable à Tananarive, la Jirama a besoin de 300 MW. Elle manque d'environ 50 à 60 Mégawatts et doit se fournir auprès d’AF Power. DR
Le secteur de l’énergie a besoin d’un sérieux coup de jus. Pour fournir une électricité stable à Tananarive, la Jirama a besoin de 300 MW. Elle manque d'environ 50 à 60 Mégawatts et doit se fournir auprès d’AF Power. DR
 

TROIS AXES D’ACTIVITÉS


Financé à hauteur d’environ 59 millions d’euros par la Banque mondiale, le programme Pagose a pour objectif d’augmenter l'accès à l'énergie et d’avoir un accès plus stable. Il s'agit de répondre aux besoins à court terme du secteur, notamment l'augmentation de la capacité et la réduction des pertes du système électrique. Encore en phase de finalisation, le programme se déploiera autour de trois axes. Outre le renforcement de la planification et du développement du secteur électrique, il permettra de mener des études de viabilité financière. Celles-ci concerneront l’élaboration d’un plan de développement au moindre coût et d’une stratégie pour augmenter l’accès au service de l’électricité. Des études pour améliorer la tarification de l’électricité en prenant en compte les coûts et la capacité à payer de la population seront également réalisées. À travers ces démarches, on veut clairement identifier les opportunités d'investissement concernant les énergies renouvelables comme le solaire, l'hydroélectrique et l’éolien... Par ailleurs, le pivot central du programme Pagose consistera en l’amélioration de la performance opérationnelle et de la gestion de la Jirama. Dans ce cadre, il est prévu l’élaboration d’un plan d’amélioration de la gestion (PAG) de la société d’État. Ce plan d’action sera notamment focalisé sur la restructuration organisationnelle, l’incorporation de nouveaux outils intégrés de gestion ou encore un programme de protection des revenus. Pour mettre en œuvre le PAG, le troisième axe de Pagose portera sur les investissements en vue de la réhabilitation et de la remise à niveau des infrastructures de transport et de distribution. De même, des financements sont prévus pour la réhabilitation des centrales thermiques au fioul et pour l’installation de nouvelles centrales. Le fioul lourd de Madagascar Oil pourra ainsi être exploité localement.
Pour mettre en œuvre le programme Pagose, près de 1,8 million d’euros ont déjà été avancés par l'Association internationale de développement (IDA), une branche de la Banque mondiale. Cela a permis d’effectuer des études et vérifications préliminaires, notamment pour les aspects environnementaux et sociaux, d’identifier des priorités et d’élaborer la réforme du secteur de l’énergie. Des appels à manifestation d'intérêt ont déjà été lancés auprès du secteur privé pour la conception du PAG et en vue de développer des sites hydroélectriques.

SYMBION POWER RÉAFFIRME SON ENGAGEMENT

La société américaine réaffirme ses partenariats avec la société d’État fournisseur d’électricité Jirama et le groupe Vision Madagascar (ViMa). 2016 verra la poursuite des efforts combinés de Symbion pour accroître l’accès de la Grande île à l’électricité. L’accent est mis sur les travaux de réhabilitation continue de la centrale de Mandroseza. « Grâce au travail acharné, la centrale fonctionnera au maximum de sa capacité cette année, fournissant ainsi une électricité plus fiable et plus rentable », précise Zelda Weitz, directeur d’exploitation de Symbion. L’audit technique a été achevé en septembre 2015 et les travaux de réhabilitation de la centrale sont en cours depuis novembre. Conjointement avec ViMa, 2016 verra également Symbion s'engager dans d’autres projets de production d’électricité dans toute l’île. En effet, elle compte utiliser les ressources naturelles abondantes du pays, notamment le développement continu d’une centrale solaire à Majunga.




 

Gaël Bureau, responsable à Madagascar de Solardis Afric. Cette entreprise de Nantes, en France, est impliquée dans le photovoltaïque dans 14 pays d’Afrique. DR
Gaël Bureau, responsable à Madagascar de Solardis Afric. Cette entreprise de Nantes, en France, est impliquée dans le photovoltaïque dans 14 pays d’Afrique. DR
 
LE FRANÇAIS SOLARDIS AFRIC S’IMPLANTE À MADAGASCAR

Ses représentants dans la Grande île ont présenté en fin d’année son kit solaire destiné au marché du photovoltaïque malgache. « L’avantage du kit solaire Solardis Afric est sa solidité et son indépendance, accompagné d’une garantie dix ans qu’aucun de ses concurrents n’offre sur le marché local », a expliqué Gaël Bureau, responsable de Solardis Afric à Madagascar. Le kit permet une autonomie totale en tout temps et tout lieu, suivant la gamme choisie par le client allant de 750 Watts à 8 000 Watts. Le kit fournit une performance linéaire garantie sur plus de vingt-cinq ans avec des matériels simples en provenance du marché allemand et des composants de technologie hollandaise. Cet équipement est composé de trois panneaux solaires polycristalins Sun module fournis par Sun power, d’un onduleur de marque Virton Energy, de deux batteries AGM de 12V/220 Ah et d’un régulateur. Le coût assez élevé de l’ensemble de son offre place Solardis Afric parmi les plus chers à Madagascar sur le marché grand public. L'entreprise vise donc l’habitat résidentiel, l’hôtellerie, le monde tertiaire, agricole et industriel. Ces kits sont surtout destinés aux installations isolées ou difficiles d’accès par le réseau d’électricité national de la Jirama. 
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