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Une bonne direction des ressources humaines peut générer 20 % de gains

1 mai 2019 | PAR Ignace de Witte | N°339
Philippe Martin, président du Conseil national de la productivité a présenté en avril 2019 son rapport sur la productivité française. ©Droits réservés
La formation est l’un des meilleurs outils pour améliorer la valeur ajoutée et le profit nets d’une entreprise. Mais la France est en retard. C’est l’un des enseignements du rapport préliminaire sur la productivité française, présenté en avril 2019.

Le rapport sur la productivité française reprend les conclusions déjà formulées par S. Benhamou, M.-A. Diaye et P. Crifo dans Responsabilité sociale des entreprises et compétitivité, étude, France Stratégie. Selon eux, « un fort investissement en matière de ressources humaines (anticipation de la gestion des compétences, utilisation forte en outil numérique, accès important à la formation) et en matière d’organisation du travail (management participatif, feed-back réguliers, travail en équipe, etc.) génère des gains de performance (valeur ajoutée nette et profit net) 20 % supérieurs par rapport aux entreprises n’ayant pas mis en place ces pratiques organisationnelles et managériales ».
C’est une question de productivité et de compétitivité, deux notions qui se chevauchent mais sont bien distinctes. La compétitivité d’une économie est sa capacité à équilibrer ses flux de ressources avec le reste du monde et est mesurée par la balance courante. La compétitivité, d’une nation ou d’une entreprise, est donc toujours par rapport à une autre. La productivité en revanche ne se mesure pas par rapport à l’extérieur mais par rapport à soi-même. Elle est intrinsèque, mais elle est sans conteste un élément essentiel de la compétitivité. Or, selon le Conseil national de la productivité, la productivité ralentit dans les pays développés et notamment en France.
La productivité se mesure de deux façons : on peut mesurer la valeur ajoutée par travailleur (ou par heure travaillée). On peut aussi estimer la Productivité globale des facteurs (PGF) qui intègre un des piliers du capitalisme : l’argent ! La PGF indique l’efficacité combinée du travail et du capital.
Selon le rapport présenté en avril dernier par Philippe Martin, président du Conseil national de la productivité, les deux indices sont en baisse en France. En ce qui concerne la productivité par travailleur, le rapport précise : « Les gains de productivité des branches marchandes de l’économie française ont ralenti depuis le début des  années  1980,  passant  de  2,6 %  de gain par an en moyenne dans les années 1980 à 1,2 % dans les années 2000 avant la crise et 0,9 % depuis 2010, après une période de récession à - 0,2 % entre 2008 et 2010. »
Le rapport se veut toutefois optimiste : « Il n’est pas exclu que la productivité rebondisse sous l’effet de nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle […] ou avec la montée en puissance des gains liés aux TIC actuelles, qui peuvent mettre du temps à être mobilisées pleinement. » Mais le rapport pointe quand même un problème de formation et note un « essoufflement de la diffusion technologique, dû notamment à une difficulté croissante à la maîtriser ».
En ce qui concerne la PGF, le rapport fournit deux pistes de réflexion intéressantes : « La baisse structurelle  des  taux  d’intérêt  a  pu  contribuer à la baisse de la productivité en rendant rentables des entreprises ou des investissements moins productifs qu’auparavant. En outre, l’augmentation des niveaux de concentration et de concurrence sur les marchés a pu influer sur la productivité en réduisant les incitations aux investissements et à l’innovation. »
Mais c’est bien la formation que le rapport cite comme cause principale de la baisse de la productivité : « La France  présente  une  inadéquation  marquée entre les compétences des salariés et celles requises par les postes qu’ils  occupent  […]  les  entreprises  françaises accusent un retard dans l’adoption et la diffusion des TIC, ce qui pourrait notamment s’expliquer par ces mêmes insuffisances en matière de management et de compétences. »
Concrètement, très souvent, le poste est occupé par quelqu’un de sous-qualifié, qualifié dans un autre domaine ou surqualifié. Ce phénomène n’est pas typique de la France, il concerne tous les pays de l’OCDE.
La DRH est assurément l’endroit privilégié pour agir à ce niveau, placer the right man (or woman) at the right place et remettre l’entreprise sur les rails du gain de productivité.

Crise de la quarantaine ?
Selon un sondage, paru fin 2016 et réalisé par Opinionway pour les Éditions Tissot, 77 % des salariés français estiment que le passage à la quarantaine change leur rapport au travail. Concrètement, soit ils se démotivent, soit ils essaient de se réinventer. À 40 ans, on est encore assez jeune pour apprendre un nouveau métier. C’est beaucoup plus difficile à la cinquantaine.
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